Marsactu en cessation de paiements : le Spiil rappelle la nécessité de créer les conditions du développement économique d’une presse locale indépendante

Publié le 3 mars 2015 à  21h32 - Dernière mise à  jour le 1 décembre 2022 à  15h35

Raj Médias, la société éditrice du site d’information locale gratuit Marsactu et de la lettre économique sur abonnement Marséco, membre du Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne (Spiil), s’est déclarée le 27 février dernier en cessation de paiements auprès du tribunal de commerce de Marseille, avec demande d’ouverture de redressement judiciaire.
Le président de Raj Médias, Pierre Boucaud, indique que l’entreprise «n’a pas su trouver à temps un modèle économique» et compte proposer demain au tribunal de commerce «un projet de continuation dans un premier temps exclusivement basé sur Marséco, en espérant que d’autres projets puissent voir le jour, peut-être d’ailleurs à l’initiative des salariés.»
La rédaction de Marsactu souhaite «réinventer les conditions d’existence d’un média libre et indépendant à l’échelon local» et ainsi relancer Marsactu sur la base notamment d’un soutien de ses lecteurs.
Le Spiil espère que ces volontés de survie de Marsactu (reprise souhaitée par les salariés) et de Marséco (plan de continuation présenté par Pierre Boucaud) pourront aboutir.
Le Spiil s’inquiète cependant du tableau catastrophique du pluralisme de l’information dans les territoires. Regrettant ainsi vivement l’existence de discriminations entravant le développement d’une presse locale indépendante et créative. Notamment, la presse locale tout-en-ligne reste exclue de l’essentiel de l’attribution des budgets de communication des collectivités territoriales et de la publication des annonces judiciaires et légales, pour lesquelles seuls les titres imprimés et leurs sites internet sont habilités. Comme le Spiil a déjà pu l’indiquer, cette situation est contraire au principe de non-discrimination technologique. Elle freine de plus le développement économique de la presse locale tout-en-ligne alors que cette dernière, comme le montre malheureusement l’exemple de Marsactu, représente un réel levier pour le renforcement du pluralisme de l’information, pourtant une obligation constitutionnelle.
Pour créer les conditions économiques d’existence d’une presse en ligne indépendante, il importe également que les avancées récentes soient confirmées. L’extension du taux de TVA de 2,1% à la presse en ligne favorise les abonnements et ventes d’articles en univers numérique ; son éventuelle remise en cause dans le cadre de la procédure d’infraction ouverte par la Commission européenne serait lourde de conséquences. Il est enfin essentiel que le Parlement confirme par son vote dans les prochaines semaines deux pistes intéressantes pour consolider les capitalisations des entreprises de presse : le nouveau statut d’entreprise solidaire de presse d’information et la création de défiscalisations pour les investissements en capital de particuliers.
Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne (Spiil) 8 passage Brulon – 75012 Paris – spiil.org

Le Spiil : Créé en octobre 2009, le Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne (Spiil) regroupe plus de 100 éditeurs de presse ayant le numérique comme activité de référence. Ses objectifs sont de : Promouvoir une presse indépendante et de qualité sur Internet – Défendre un cadre juridique et réglementaire qui permette un réel développement économique de la presse en ligne, et assure sa pérennité – Participer activement au renforcement d’un métier en pleine évolution.

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