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6e Festival de Pâques d’Aix-en-Provence - Laurence Equilbey : "En matière d’opéra, on ne peut pas redire et refaire la même chose pendant des années, voire des siècles."

mercredi 4 avril 2018

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Laurence Equilbey (Photo Julien Benhamou)

Entre Laurence Equilbey et Aix-en-Provence, la complicité s’est établie depuis quelques années déjà. En fait, dès l’ouverture du Grand Théâtre de Provence en 2007, elle est rapidement associée à la programmation de ce dernier alors qu’elle est directrice musicale du chœur Accentus. Depuis, chaque saison la ramène vers les rives du cours Mirabeau pour le plus grand plaisir de ses fans fort nombreux. Et lorsqu’elle crée, en 2012, Insula Orchestra, ensemble jouant sur instruments d’époque un répertoire classique et romantique sous sa direction, c’est encore au Grand Théâtre de Provence qu’elle réserve l’un de ses tout premiers concerts. L’histoire aurait pu en rester là. C’était sans compter sur une belle histoire racontée par Michel Lucas, ancien président du CIC, fondateur du Festival de Pâques avec Renaud Capuçon et Dominique Bluzet en 2013 : « C’était le jour de la conférence de presse de présentation du Festival. Nous avions envisagé, avec Renaud et Dominique, de donner une Passion de Bach, sans aller plus loin. Je me souviens avoir évoqué cela devant les journalistes mais n’avais aucun nom, aucune affiche à donner. Alors je m’étais tourné vers Laurence Equilbey en lui proposant l’affiche. Elle me répondit : "banco !" Et c’est elle qui a ouvert le tout premier festival avec La Passion selon Saint-Jean. » Mercredi soir, à la tête d’Insula Orchestra et d’Accentus, Laurence Equilbey a retrouvé Aix-en-Provence et le GTP pour la Messe en Ut de Mozart. Parmi les solistes, Sandrine Piau avec laquelle elle travaillait pour la première fois cette partition. « Je suis vraiment heureuse car Sandrine est une mozartienne dans l’âme, avec une grande musicalité, de la juvénilité et beaucoup de poésie. » Cinq ans après la création d’Insula Orchestra il était intéressant de réaliser un point d’étape en compagnie de la directrice musicale. « Je ne peux être que satisfaite du chemin parcouru. Nous nous étions fixés une feuille de route avec des chemin que nous avions décidé d’explorer à fond comme le répertoire de Beethoven ; ce que nous avons fait. Puis, il y a eu la voie mozartienne, des chemins de traverse, Louise Farrenc, Mendelssohn, et des traverses lyriques comme La Création de Haydn, Egmont. Beaucoup de travail et des projets qu’il a été possible de développer dans le cadre de la Seine Musicale. » Quant au chœur Accentus, dont elle est toujours directrice musicale, « Il est un partenaire privilégié d’Insula Orchestra pour les oratorios et les opéras. Il est toujours en résidence à Rouen et en compagnonnage avec la Philharmonie de Paris. Il est aussi invité par de grandes maisons, comme dernièrement le philharmonique de Berlin sous la direction de Sir Simon Rattle. » Ardente défenderesse du chant choral, de sa pratique et de son développement, Laurence Equilbey prône inlassablement, et depuis de longues années, la création de trois ou quatre centres nationaux d’art vocal. « Depuis quelques années, je sensibilise les ministres de la Culture qui se succèdent sur ce sujet.
J’ai rendez-vous la semaine prochaine avec Mme Nissen pour lui en parler. Je ne veux pas passer pour une passionaria alors j’en parle, dépose un dossier et laisse les responsables prendre leur décision.
 » La saison prochaine du Grand Théâtre de Provence verra Laurence Equilbey retrouver Aix à deux reprises : pour une production « Souvenirs d’Ecosse » autour de Mendelssohn et pour l’opéra de Carl Maria Von Weber « Der Freischütz ». « Une production opératique avec une mise en scène à base de magie… Quelque chose de totalement inédit avec une vraie mise en danger artistique. Mais il est urgent de bousculer les choses établies. On ne peut pas redire et refaire la même chose pendant des années, voire des siècles. Pourquoi pas La vie de Bohème sur Mars si le parti pris esthétique est irréprochable ?  » Un Freischütz magique sur le plateau du GTP… On a hâte d’y être.
Michel EGEA

La Grande Messe en ut fait recette…


La grande messe en ut mineur avec le chœur Accentus, Insula Orchestra et la direction de Laurence Equilbey : il n’en fallait pas plus pour faire le plein du Grand Théâtre de Provence en cette soirée festivalière, la dixième. Pour débuter la soirée orchestre et chœur allaient donner toute son épaisseur dramatique à cette Musique funèbre maçonnique composée par Mozart, hélas trop courte partition chargée d’émotion. Courte, aussi, la Messe en ut puisque inachevée à l’instar du Requiem. Une composition très structurée, avec une très belle écriture chorale et des arias splendides, surtout pour la soprano 1. C’est à dire pour Sandrine Piau, lumineuse dans ses interprétation, notamment dans le Credo. Sensibilité, précision et lumière dans cette voix dont on sait combien elle aime à servir Mozart. A ses côtés Sylvia Schwartz, Cyrille Dubois et Philippe Estèphe tiennent leur partie de façon fort honnête. Sous la direction précise de Laurence Equilbey, orchestre et chœur font valoir leurs atouts. Un son et des couleurs uniques pour Insula, un velours et de la passion pour Accentus. Mais il convient de dire que nous n’avons pas eu droit au petit plus émotionnel qui préside aux interprétations de ces ensembles à l’habitude. Leurs qualités n’ont pu gommer le côté un peu sec ressenti à l’audition. Dommage. Cela dit le public a réservé un bel accueil à cette prestation et c’est là le plus important.
M.E.

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