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8 mars : La Femme est l’avenir de la Femme aux Archives départementales de Marseille

mercredi 9 mars 2016

Le poète n’a peut-être pas toujours raison, la Femme ne serait-elle pas l’avenir de la Femme ? Preuve en est, les débats et rencontres qui ont eu lieu ce mardi 8 mars aux Archives et Bibliothèque départementales (ABD) de Marseille, à l’initiative du conseil départemental des Bouches-du-Rhône. Plus que des constats, il a été question d’apporter à la fois des éclairages et des solutions par le biais de nouveaux dispositifs proposés par la Présidente du Département, Martine Vassal et Sylvie Carrega, conseillère départementale, déléguée à l’Observatoire des discriminations et ces femmes de Provence qui s’engagent thème de la table ronde qui a réuni France Selvidès, Présidente de Provence Pionnière, Me Josette Gonzales , présidente de SOS Femmes 13, Dominique Moyal, procureure de la République, près le TGI d’Aix-en-Provence. Et, pour parfaire le tout cette rencontre a été conclue par la remise de la médaille d’honneur du Conseil départemental à 5 femmes méritantes. L’émotion était au rendez-vous.

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Femmes Femmes Femmes... aux archives départementales de Marseille (Photo P.M.-C.)

Les manifestations qui mettent en exergue les droits des Femmes sont toujours prégnantes. S’il est des pays, bien trop rares, où la Femme a réussi à imposer ses droits, il en est d’autres où la violence à leur encontre est une ignominie. Et là où elles devraient être libres, il est des blessures qu’elles cachent, la peur au ventre, ces femmes battues, humiliées. Sans oublier les combats qu’elles mènent pour que soient reconnues leurs compétences ou tout simplement pouvoir entreprendre...
Après des saynètes proposées par les comédiennes de l’association « La Conflagration » sur les clichés concernant le sexisme et la diffusion d’un micro-trottoir qui montre que les hommes pensent encore que la "Journée de la femme" est une Saint-Valentin améliorée… Martine Vassal a ouvert cette matinée en soulignant que grâce au législateur, la parité, le non cumul des mandats « on trouve des perles (femmes ndlr) en politique quelle que soit leur sensibilité politique ». Parlant de la parité, elle signale qu’il s’agit là d’un dispositif unique au monde « même s’il reste encore du travail à faire. » Et, en direction des hommes, elle prévient : « S’il n’y avait pas de parité, les femmes prendraient toutes les places. » La présidente rappelle que « le Conseil départemental est une institution de solidarité. Et ce qui est important, c’est de faire avancer les choses ».

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Ces femmes de Provence qui s’engagent (Photo P.M.-C.)

Sur la question de l’emploi et de l’insertion, France Selvidès, Présidente de Provence Pionnières - réseau qui booste l’entrepreneuriat féminin, la création d’emplois locaux durables et l’innovation au sens large- témoigne d’une expérimentation qui a rassemblé au sein d’un de leurs ateliers, des autodidactes, des doctorantes, des femmes de 50 ans, « un parterre de femmes qui a montré qu’entreprendre n’est pas réservé à une catégorie socio-professionnelle ». Un atelier qui a permis de démontrer qu’il y a « beaucoup d’idées reçues. En tant que femme : "Est-ce que je peux m’autoriser à y aller ?" ». Avançant que « sur les 12 personnes qui ont participé à cet atelier, deux d’entre elles étaient au RSA et ce sont elles qui ont relancé en permanence pour un aboutissement. Le 31 mars on va reproduire cette opération et déclencher la mise en action ».

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Martine Vassal présidente du Conseil départemental (Photo P.M.-C.)

Martine Vassal de souligner que sur les 75 000 Rsistes du département, il y a une majorité de femmes qui sont dans une spirale « qui tire vers le bas ». « Elles ont du mal à s’en sortir parce que femmes isolées avec des enfants, des difficultés pour les faire garder, etc. Pourtant bon nombre d’entre elles ont envie d’entreprendre. Comment aider ces femmes ? » Parle de conventions avec un maximum de relais avec des entreprises, des organismes, « pour un retour à l’emploi, à l’indépendance ». N’omettant pas mentionner le soutien apporté pas le Département à nombre d’associations pour les droits des femmes, notamment SOS Femmes 13 qui a 40 ans cette année.
Josette Gonzales, sa présidente avancera des chiffres « très parlants » et terrifiants de 2 500 victimes de violences conjugales par an dans le département. Josette Gonzales fait état de « 3 700 enfants, que nous suivons, qui ont subi des violences physiques, psychologiques et sexuelles ». En 2015, l’association a reçu 284 appels pour des agressions sexuelles, « la plupart des victimes, un peu l’entourage ou de la famille ». Et d’émettre quelque inquiétude quant à l’hébergement. « Nous ne pouvons loger que 75 personnes, 38 places à Marseille et 37 à Istres et, nous allons avoir 8 places à Port-de-Bouc. Nous avons un grave problème de relogements ce qui empêche les rotations dans nos structures ».

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Sylvie Carrega, conseillère départementale, déléguée à l’Observatoire des discriminations (Photo P.M.-C.)

Avant de poursuivre sur le sujet, Christine Carrega, journée de la Femme oblige, de rendre hommage à Martine Vassal « qui a fait basculer une institution tenue par des hommes ». Émue, la présidente ne perd pas pour autant son sens de l’humour : « Si on avait pensé un moment que je pouvais gagner, je ne serais pas là... ». La Conseillère départementale avoue avoir été impressionnée par le travail réalisé par SOS Femmes 13 « et surtout lorsque la directrice m’a dit qu’il n’y avait que 5 appartements sur Marseille pour loger ces femmes battues. Lorsque je suis rentrée, j’ai fait un rapport suggérant, puisque je suis aussi déléguée au Logement, une mise à disposition de 10 logements avec une intervention sur le dispositif 13 Habitat (bailleur social du département). En retour, la réponse a porté sur 20 appartements accordés par la présidente ». Martine Vassal souhaitant que d’autres bailleurs sociaux interviennent sachant que les besoins sont à hauteur de 2400 logements. Reste le problème du financement de ces appartements. « Il faut que l’État s’engage dans ce dispositif. Nous allons voir le préfet à l’égalité des chances pour un financement pour meubler ces appartements et assurer le suivi. » Puis, ont été présentées deux conventions l’une portant sur le traitement des violences au sein du couple et l’autre sur le dispositif de télé-protection « Grave danger ».

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Dominique Moyal, Procureur de la République près le TGI d’Aix-en Provence (Photo P.M.-C.)

Dominique Moyal, Procureur de la République près le TGI d’Aix-en Provence évoque une convention unique en France qui a recueilli, avec le département 16 signatures. Il s’agit de l’accompagnement des victimes mais aussi la prévention de la récidive par le traitement pénal, social et thérapeutique de l’auteur des violences « tout un programme ». « Le cœur de ce protocole, explique le procureur, c’est une action judiciaire qui consiste d’abord à sensibiliser tous les publics professionnels qui peuvent être confrontés à des femmes ou a des hommes victimes de violence au sein du couple et qui doivent porter plainte. Cela fait 30 ans que je porte cette bonne parole. Gendarmerie, commissariat, je leur demande de prendre les plaintes sans discuter pour savoir qui a tort ou raison et je demande à ce que les auteurs présumés de violence soient placés en garde à vue. ce n’est pas non plus forcément une évidence ». Et d’asséner : « Je le dis fermement, c’est au conjoint violent de quitter le domicile conjugal afin que la femme puisse partir dans les meilleures conditions et choisir où elle veut aller. Ensuite une amorce de travail psychologique de l’auteur des violences est effectuéenavec des associations partenaires. Et au-delà de cet outil, il y a la mise œuvre de la téléprotection "grave danger". Trois téléphones sont en place depuis 2 mois à Aix-en-Provence. »

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Peggy Santerre chef d’entreprise (Photo P.M.-C.)

A l’issue du débat Martine Vassal a remis la médaille d’honneur du Conseil départemental à cinq femmes méritantes : Économie - Peggy Santerre. Cette chef d’entreprise dont la société ADT international est implantée à Chateauneuf-les-Martigues, a remporté en novembre 2015 le Trophée nationale des femmes de l’économie "International". Elle dédie cette médaille du département à sa grand-mère, qui a eu 6 enfants en 5 ans et sa mère, 4 enfants « des femmes qui n’ont pas eu la chance d’étudier »

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Nathalie Simon (Photo P.M.-C.)

- Sports et Médias -Nathalie Simon qui rappelle combien « les femmes sont sous représentées dans le sport »

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Andréa Ferréol (Photo P.M.-C.)


- Culture - Andréa Ferréol une artiste qui n’est plus à présenter et qui a créé les « Flâneries d’Art Contemporain dans les Jardins aixois » « pour que les gens commencent par pousser la porte d’un jardin inconnu et tombent sur des œuvres étonnantes, belles, singulières, intrigantes. » Elle dédie cette médaille à son père, homme politique reconnu à Aix-en-Provence, « qui a perdu en 1973 les élections à cause de sa fille », raconte-t-elle. Un rôle dans un film mythique "La Grande Bouffe" qui a en son temps défrayer la chronique. Et l’actrice de lire un texte sur cette Afghane que le père vient de tuer parce que... Et de plaider auprès de la productrice pour la reprise du monologue du vagin : « un grand moment de féminisme »

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Yvette Giana (Photo P.M.-C.)


- Associations-solidarités- Yvette Giana, fondatrice de l’association 1,2,3 Soleil qui soutient les enfants malades du cancer. Nouveau moment fort passé avec une femme toute en humanité, en humilité

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Manuela Stoffel-Ginoux (Photo P.M.-C.)


-  Agriculture /Ruralité - Manuela Stoffel-Ginoux, rizicultrice à Eyragues et ancienne présidente des jeunes agriculteurs, de souligner les difficultés rencontrer par la profession. Précisant que « la Présidente a fait le déplacement jusqu’en Camargue. Mais en règle générale, nous sommes confrontés à des personnes qui ne nous écoutent pas ». Manuela Stoffel-Ginoux est fière de représenter un département qui compte 50 % de femmes exploitantes alors que la moyenne nationale est de 25%. « Cela fait 11 ans que je suis installée dans un monde d’hommes qui se demandait : Qu’est-ce qu’elle va faire ? Une fois que vous avez fait vos preuves, vous êtes respectées ».

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Denise Toros Marter (Photo P.M.-C.)

La matinée s’est achevée par un hommage dédié à Denise Toros Marter, qui fait partie de ces derniers témoins et victimes d’un pan ignoble de notre Histoire. L’émotion est palpable au sein de l’auditorium des Archives. Elle évoque son arrestation à Marseille avec ses parents, sa grand-mère, le transfert au siège de la Gestapo, 425, rue Paradis, puis à la prison des Baumettes puis le train, via la gare de marchandises d’Arenc, avec un arrêt à Drancy avant de poursuivre le chemin, le 20 mai 1944 vers Auschwitz-Birkenau. A la descente de ce que Denise Toros Marter appelle « le train infernal », sa mère et sa grand-mère seront gazés. Elle raconte son histoire au travers d’un livre « J’avais seize ans à Pitchipoi ». Lira un poème qu’elle a écrit en cette sombre période. Même 70 ans après, sa voix se met à trembler et des larmes s’échappent...
Patricia MAILLE-CAIRE

Diaporama des comédiennes de l’association La Conflagration - P.M.-C.

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