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A Marseille La Criée a fait "follement" danser la musique

mercredi 1er février 2017

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(Photo Philippe Maillé)

Cela s’appelle « La Folle journée » et cette manifestation musicale créée en 1995 à Nantes par l’infatigable René Martin, propose autour d’un thème particulier d’assister à une série de concerts au format court, puisque chacun dure environ 45 minutes. Depuis quelques années les Marseillais peuvent goûter en avant-première aux joies de « La Folle journée », et ce, à La Criée, la manifestation devenant alors « La Folle Criée ». Ce week-end ce fut donc la fête et disons-le d’emblée cette édition 2017 fut d’une qualité rarement atteinte. Nommé « Le rythme des peuples », ce festival célébrait la danse à travers de grands composteurs, tels que Chopin, Liszt, ou encore Schumann, mais pas que... Ce fut Abdel Rahman El Bacha qui a conclu de la plus flamboyante des manières ces deux jours.

L’Empereur El Bacha

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Abdel Rahman El Bacha ©ThéâtreLaCriée

Donné le dimanche à 17heures, il permit d’entendre des morceaux de Chopin, (lui qui enregistra une intégrale Chopin pour piano dans l’ordre chronologique d’écriture), pour un récital de grâce pure. Attaques précises, refus de jouer trop de la pédale de l’instrument, légèreté et force, on entendait Chopin débarrassé d’artifices. Empereur du piano, être sobre et profond, Abdel Rahman El Bacha marqua les esprits, et s’il refusa que le public applaudisse entre les morceaux joués, celui-ci manifesta longuement son enthousiasme à l’issue du concert où en rappel il donna une version arrangée par lui pour piano de la chanson de Brel « Fils de… ». A l’excellence s’ajoutait donc l’originalité et la prise de risques.

Un prodige nommé Nathanaël Gouin

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NathanaëlGouin ©ThéâtreLaCriée

Autre fort moment, le concert de Nathanaël Gouin, autour des danses de Liszt dont la célèbre « Tarentelle » que le compositeur adapta des Soirées de Vienne écrites par Rossini. Un prodige que ce grand et jeune pianiste qui nous fit entendre un Liszt bien différent, plus universel et j’avoue que depuis Trifonov je n’avais pas entendu des œuvres de ce compositeur données avec autant de netteté, de virtuosité et de talent.

Adam et le Quatuor magique

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Quatuor Ardeo © Franziska Strauss

Prenez quatre jeunes filles au talent sûr. Mettez-les en formation chambriste, faites leur jouer un répertoire étendu allant de Schumann à Chostakovitch, (elles ont enregistré ces deux musiciens aux côtés de David Kadouch), et vous aurez le Quatuor Ardeo, qui, en deux concerts fit passer un frisson dans l’assemblée. Seul d’abord, le Quatuor Ardeo interpréta le Quatuor en la majeur de Schumann, et, même si l’omniprésence de la violoniste Mi-Sa Yang, intenable sur sa chaise, jouant fort, et couvrant de fait le premier alto déséquilibra le premier mouvement, on atteignit la perfection. Une magnifique prestation encore plus exceptionnelle l’après-midi quand le Quatuor Ardeo rejoignit sur scène le pianiste Adam Laloum, pour un quintette de Schumann de toute beauté. Le travail du pianiste toulousain y fut pour beaucoup, lui qui quelques minutes avant, donna en intégralité les « Davidsbündlertanze opus 6 » de ce même Schumann, (gravés pour Mirare et déjà interprétés la veille avec un rajout Chopin). Magnifique pianiste qui prend de l’ampleur tous les ans, Adam Laloum mélange lyrisme et absence d’emphase et il fut là au sommet de son art.

Saxos, guitares, voix et concerts gratuits

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Philippe Cassard © Jean-Baptiste Millot
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Emmanuel Rossfelder ©Théâtre La Criée
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Quatuor Ellipsos ©Théâtre La Criée
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Duval Williencourt ©Théâtre LaCriée
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Duo Jatekok © Geoffrey Arnoldy

Présent pour un programme de danses françaises, le grand Philippe Cassard interpréta de façon par trop classique des œuvres Satie, Ravel, Debussy, Poulenc. Peu à l’aise en début de récital avec son archet, la violoniste Irène Duval ne fut pas franchement performante dans le premier mouvement de son Piazzola donné en compagnie de l’excellent pianiste Tanguy de Williencourt, qui enflamma le festival de La Roque l’été dernier. Si nous fûmes assez déçus par la prestation du Duo Jatekok dont le piano ne raconta pas grand-chose, les belles surprises du programme vinrent d’abord de la programmation du guitariste Emmanuel Rossfelder, virtuose qui donna un récital solo et un autre concert gratuit dans le hall de La Criée. Intéressant aussi l’ensemble britannique « Voces 8 », fit se lever le public a-capella et remit le couvert dans le hall autour de midi trente pour le concert gratuit du dimanche. On eut droit également à un moment de pur bonheur musical avec le Quatuor Ellipsos, quatuor de saxophones qui réorchestra tous les morceaux programmés en fonction de leurs instruments. La fête à chaque note. Ce fut d’ailleurs un peu la constante de ce week-end au niveau musical exceptionnel. La Danse enchanta donc La Criée. Et La Criée sublima la danse !
Jean-Rémi BARLAND

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