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A lire : La vie de l’entraîneur de boxe Louis Lavaly décrite comme un roman par Philippe Arcamone

mercredi 16 août 2017

Philippe Arcamone vient de publier aux éditions Scotch Noir : « Louis, un cœur au bout des poings » qui a obtenu le prix d’honneur du 33e concours littéraire du monde francophone. Un ouvrage sur l’entraîneur de boxe marseillais Louis Lavaly, qui, dans sa salle, Susini, implantée dans les quartiers Nord de Marseille a sorti et sort nombre de champions et de championnes.

Pour Philippe Arcamone, la vie de l’entraîneur, ex-docker, aux origines martinico-italiennes, « se lit comme un roman » et c’est cette forme qu’il a donc choisi pour raconter une vie, des vies, un sport. Et, Marseille et ses quartiers qu’il évoque, sans ignorer les drames qu’occasionne le commerce de la drogue, en les restituant dans leur contexte de misère. Surtout, il met en lumière les qualités humaines, les potentialités, les réussites qui existent. Faisant le choix du « mentir vrai », il entre ainsi dans l’intime, au cœur des personnages en évitant les travers du voyeurisme. L’auteur invite ainsi à suivre l’histoire de cet entraîneur emblématique « mais aussi d’autres qui sont sortis de mon imagination. C’est le cas du jeune boxeur que j’ai appelé Gun. Louis va le prendre sous son aile pour le pire comme le meilleur, comme si indéfiniment, il cherche encore à ne jamais oublier ses propres blessures », précise-t-il. Les premières pages telles un round d’observation, plante le décor, permettent de découvrir, pour ceux qui ne la connaissent pas, la boxe, ses valeurs, sa noblesse : « La plupart des boxeurs viennent à Susini pour réussir dans l’effort. Ils décident de consentir librement des sacrifices. Ils apprennent très tôt à ne plus tricher ». Et de citer Cassius Clay alias Mohamed Ali : « Dans le ring, il y a un arbitre pour arrêter le combat si un boxeur risque d’être trop blessé. La boxe n’a rien à voir avec la guerre et ses mitrailleuses, ses bazookas, ses grenades et ses bombardiers ». Puis, vient la présentation de Louis, l’évocation de son père qui, un jour s’en est allé pour ne pas revenir, laissant femme et enfants. Une enfance dure, une mère, Odette, qui meurt en 1972 « de manque de tout et par-dessus tout du manque d’amour. La misère ne pardonne rien aux plus démunis même quand ils se battent comme des héros pour l’affronter ». Une adolescence lors de laquelle la ligne rouge se rapproche dangereusement, alors qu’il a déjà rencontré Claire, l’amour de sa vie. Une assistante sociale lui fait devancer l’appel au service militaire ce qui le sauve. Il se marie, travaille, boxe, entraîne. Enfance, adolescence, des amitiés se construisent, perdurent. Nous sommes dans un temps où l’ascenseur social n’était pas un vain mot, les emplois sont là, certains deviennent chefs d’entreprise. Philippe Arcamone, pour aller plus loin, fait clairement le choix du roman, pari gagnant, pari passionnant, le style s’impose, les pages se dévorent. Elles offrent un monde bien loin des seules kalachnikov, met en lumière le travail de policiers conjuguant rigueur et humanité, montre que « les copains d’abord » n’est pas réductible à une chanson. Tandis que Gun, dans sa quête du titre mondial, au mythique Madison Square Garden, est passé par les Baumettes : « Ce n’est pas du folklore même si la prison figure au panthéon des endroits mythiques de Marseille, il est préférable d’en éviter les charmes » ; avant de rencontrer Charles, curé des Aygalades… Alors, au terme de ce voyage passionnant, comment ne pas entendre le propos de Marcel Pagnol sur la boxe qui, à ses yeux, « est faite des conceptions pouvant se résumer dans les trois qualités qui honorent le plus la condition humaine : l’intelligence, le courage et la santé physique ».
Michel CAIRE
"Louis un cœur au bout des poings" de Philippe Arcamone - aux éditions Scotch Noir - 15 euros

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