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Abyssea, le pari des micro-algues en mode nutricosmétiques

vendredi 18 octobre 2019

Elle est docteur en biologie moléculaire marine, ingénieur aquacole et passionnée de plongée : bref, la mer est un credo pour Stéphanie Pierre, fondatrice de l’entreprise Aquabiomass et de la marque de nutricosmétiques Abyssea. Son pari : prendre le meilleur des micro-algues pour proposer des compléments alimentaires 100% naturels.

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Stéphanie Pierre, docteur en biologie moléculaire marine est la fondatrice de l’entreprise Aquabiomass et de la marque de nutricosmétiques Abyssea (Photos Sophie Protat et D.R)

Les fonds marins recèlent plus d’un trésor, dont les micro-algues... et Stéphanie Pierre, docteur en biologie moléculaire marine et ingénieur aquacole, a décidé de les offrir sur un plateau aux consommateurs finaux. Ce n’était pas forcément le cas jusqu’ici, la plupart des recherches du monde universitaire en la matière demeurant plutôt sur les étagères et dans les laboratoires. Chose que l’on ne pourra donc plus dire aujourd’hui... Puisque voilà un an, l’entrepreneure, fondatrice de la marque Abyssea, a lancé sa première gamme de nutricosmétiques. Il s’agit pour l’heure de compléments alimentaires 100% naturels, bio et vegan, ceci à base d’algues et d’actifs marins premium. Et ils cumulent de nombreuses vertus, aux dires de Stéphanie Pierre : ils concentrent en effet des actifs antioxydants, anti-inflammatoires, ils favorisent par ailleurs la régénération cellulaire. Soit une gamme comptant aujourd’hui 6 références... mais revenons à la genèse du projet. C’est en 2012, après sa thèse, que cette passionnée de plongée se lance dans le grand bain de l’entrepreneuriat en créant sa structure, Aquabiomass. « J’ai commencé à monter une unité de production dans le Var. Mais ça me prenait du temps, j’en consacrais beaucoup pour la culture de mes algues, notamment de la spiruline, et il m’était difficile de concilier cela avec le travail commercial. Donc aujourd’hui, je travaille en direct avec des producteurs en prenant bien soin de les choisir ».

Des algues détox après cancer ou anti-déprime

Elle les sélectionne en priorité en France, et quand ce n’est pas possible, elle porte son regard vers l’étranger. Exemple avec la Klamath, qui ne se cultive pas en France, mais dans le lac éponyme situé dans l’Oregon, où elle est endémique. « Nous avons sélectionné le récoltant le plus rigoureux... Ainsi nous achetons la poudre d’Algues, qui est transformée en France ». Et Stéphanie Pierre met un point d’honneur à proposer « des produits résolument éthiques, responsables ». Ce du contenu au contenant. La gélule ne contient pas de gélatine de porc, dans le souci de proposer du 100% vegan, puisque l’on n’ingère pas seulement les algues transformées, mais ce qui va avec...De même, les boîtes et emballages sont en carton et non pas en plastique, « je travaille avec un fournisseur à Montélimar en ce sens. Et chaque consommateur peut s’assurer de ce positionnement éthique car notre traçabilité est forte, sans faille ». C’est le cas pour les 6 références d’algues qui composent la gamme. Il y a donc la spiruline, proposée en gélules, paillettes et poudre. Moins connu, elle a également mis sur le marché des compléments alimentaires à base d’Omega3 (DHA), bénéfique pour le cerveau, ou encore de chlorelle, aux vertus détox. « Elle est notamment très utile pour détoxifier le corps après chimiothérapie pendant la période de convalescence post-cancer ». Enfin, il y a donc la klamath, sorte de « super spiruline. Elle aide notamment à passer les déprimes et permet de se passer d’anti-dépresseurs. Les naturopathes la proposent en traitement aux enfants hyperactifs ».

Quelles perspectives de développement ?

Pour l’heure, les six produits de la gamme Abyssea sont distribués en magasins bio, notamment au sein des enseignes Bio&Co et Mademoiselle Bio. Soit près d’une cinquantaine de points de vente, plutôt en Provence-Alpes-Côte d’Azur, mais aussi dans la capitale. « L’objectif étant de compter chaque année 150 points de vente supplémentaires ». La gamme est également présente dans cinq spas et centres de Thalasso, parmi lesquels le Couvent des minimes, les Thermes marins à Monaco, ou de façon imminente, les Thermes Promicéa à Marseille. Sans oublier le futur site marchand, qui permettra sous peu d’acheter en ligne... Ni la volonté de s’exporter, puisque « le savoir-faire français est prisé à l’étranger, même si l’on se heurte tout de même à la concurrence, notamment dans la culture de la spiruline, au Pérou, à Hawaï...  » Ou encore en Chine, produisant une spiruline à bas coût, mais contenant le plus souvent pesticides et métaux lourds... « Voilà pourquoi il faut aller sur le terrain sensibiliser le consommateur. Et il réagit bien lorsque je le rencontre lors de mes animations en magasins bio  ».

Incubée au sein d’Obratori

L’entrepreneure travaille aussi actuellement dans le sens d’une nouvelle gamme l’année prochaine. Celle-ci avec une visée plus beauté que santé et s’administrant non pas par voix orale, mais par application cutanée : hydratation, anti-rides, éclat de la peau, toujours par les vertus de principes actifs venus de la mer. « Ici, ce n’est pas de la cosmétique traditionnelle, qui agit sur les couches superficielles de l’épiderme. Cette gamme fait ressentir son action plus en profondeur. Produits cosmétiques et nutricosmétiques sont complémentaires, ils ne peuvent se substituer les uns aux autres ». Pour l’heure, Stéphanie Pierre travaille les formulations avec la faculté de pharmacie de la Timone, où sa R&D est externalisée. C’est notamment à la faveur d’une levée de fonds qu’elle peut œuvrer dans le sens de cette diversification. Soit 450 K€, mis notamment sur la table par Bpifrance, à la suite de son entrée au sein d’Obratori, l’incubateur marseillais de l’Occitane. « Ces sommes vont non seulement nous permettre de développer la future gamme, mais aussi d’embaucher deux commerciaux afin de poursuivre dans la voie de la croissance ». Car Aquabiomass, qui totalise pour l’heure quelque 50 K€ de chiffre d’affaires, aimerait bien doubler son activité lors du prochain exercice.
Carole PAYRAU

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