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Aix-Marseille-Provence : l’Insee dresse un sombre tableau de la future métropole

lundi 12 octobre 2015

L’Insee vient de publier un document sur la métropole Aix-Marseille Provence (AMP) dont la création institutionnelle est prévue au 1e janvier 2016. Un document qui dresse un tableau particulièrement cru et grave de ce territoire, tant en matière d’emplois, de transports que d’attractivité. Un travail qui situe les enjeux, les efforts nécessaires, laisse à penser qu’il faudra une réflexion et une contribution bien plus importante de l’État pour permettre à ce territoire de reprendre une marche en avant, de développer ses potentialités, d’être la capitale euro-méditerranéenne dont la France, l’Europe et la Méditerranée ont tant besoin.

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Seuls 9 % des actifs de la métropole utilisent les transports en commun (Photo Hagay Sobol)

Selon l’Institut : « Ce vaste territoire va fusionner six établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) et rassemble ainsi en 2012 plus d’1,8 million d’habitants. Sa croissance démographique s’affaiblit aujourd’hui, après 50 ans de forte évolution. » Il est avancé : « La métropole AMP enregistre un déficit d’emplois et sa part de cadres progresse mais reste faible par rapport aux autres grandes aires urbaines comparables. La dispersion des emplois sur la métropole engendre toujours plus de déplacements domicile-travail, le plus souvent en véhicules individuels. Enfin, la métropole fait face à un chômage élevé, des jeunes en difficulté et des poches de pauvreté, avec certaines zones plus en difficulté que d’autres. Ces caractéristiques ont tendance à s’accentuer ces dernières années. Plus de solidarité, plus de mixité sociale sont autant d’enjeux cruciaux pour cette nouvelle métropole ». La population de la métropole AMP a augmenté de 60 % entre 1962 et 2012. L’Insee note « Bien qu’importante, cette évolution est plus faible que celle de Paca (75 %). Elle masque en outre des disparités au sein du territoire : la population de la communauté urbaine MPM, qui représente 57 % de celle d’AMP, a en effet crû de seulement 23 %, soit un rythme inférieur à celui de tous les autres EPCI de la métropole. À l’image du reste de la région, la métropole est de moins en moins attractive : l’accroissement annuel de la population ralentit ainsi à + 0,2 % par an sur la période 2007-2012, alors qu’il s’établissait à + 1,2 % de 1999 à 2007 ».

« Dans ses échanges migratoires avec le reste de la France métropolitaine, la métropole AMP perd plus d’habitants qu’elle n’en gagne »

Et dans ses échanges migratoires avec le reste de la France métropolitaine, la métropole AMP perd plus d’habitants qu’elle n’en gagne. Pour toutes les catégories socioprofessionnelles, les départs sont plus nombreux que les arrivées. À l’inverse de la région Paca dans son ensemble, la métropole et le référentiel perdent des actifs et des retraités et gagnent des jeunes. Aix-Marseille Provence est toutefois moins attractive pour ces derniers que les quatre autres grandes aires que sont Lyon, Toulouse, Lille (partie française) et Bordeaux. « La présence de grands établissements scolaires (grandes écoles, etc.) et d’écoles d’ingénieurs à recrutement national sélectif, notamment à Toulouse ou Lyon, attire mécaniquement des étudiants et explique en partie cette moindre attractivité d’APM ».
Le document évoque un vieillissement de la population et la menace de la poursuite d’une urbanisation diffuse et consommatrice d’espace. Autre enjeu majeur de la métropole Aix-Marseille Provence évoqué : l’emploi.« Le taux d’emploi d’AMP en 2012, rapport entre le nombre d’emplois et la population des 15-64 ans, est en effet de seulement 59 %, soit respectivement 2 et 5 points de moins que celui de Paca. Pour atteindre un taux égal à ce dernier, 59 000 emplois devraient être créés dans la métropole. » En 2012, la part de l’emploi industriel dans AMP atteint un niveau historiquement bas : 10,3 %, soit 2,6 points de moins qu’en 1999. Si les cadres sont de plus en plus présents dans la métropole en 2012, « ces derniers représentent 17,1 % de la population active de 15 ans ou plus, soit une augmentation de 4,7 points depuis 1999. Pour autant, cette hausse reste inférieure à celle de Bordeaux, Lille, Lyon et Toulouse (+ 5,6 points), où 19,9 % des salariés sont cadres. »

« Lorsqu’ils vivent et travaillent dans une commune différente, seuls 9 % des actifs de la métropole utilisent les transports en commun »

Autre point noir soulevé par l’Insee, « l’emploi, inégalement réparti sur le territoire, génère de nombreux flux domicile-travail ». Le document précise : « Cinq communes de la métropole AMP concentrent 68 % de ses 738 200 emplois : Marseille, Aix-en-Provence, Aubagne, Marignane et Vitrolles. Par ailleurs, les communes de Saint-Paul-lès-Durance, Rousset, Gémenos et Fos-sur-Mer enregistrent deux fois plus d’emplois que d’actifs résidant occupés. Ces concentrations d’emplois génèrent de toujours plus nombreux déplacements domicile-travail : 351 700 en 2012, soit 21 % de plus qu’en 1999 ».
Au sein de la métropole, « l’axe Marseille -Aix-en-Provence est le plus fréquenté avec 13 000 navettes quotidiennes en 2012, suivi de Marseille - Aubagne (11 300) et de Marseille - Vitrolles (6 900). Comme dans les aires urbaines du référentiel, la périurbanisation favorise le recours au "tout auto-mobile" : trois actifs sur quatre utilisent leur voiture ou leur deux roues pour se rendre sur leur lieu de travail, distant de 16 km en moyenne de leur domicile. Et même parmi les 411 000 métropolitains qui travaillent dans leur commune de résidence (soit six actifs sur dix), le recours au véhicule personnel est majoritaire et plus fréquent que dans le référentiel (62 % contre 53 %). Enfin, lorsqu’ils vivent et travaillent dans une commune différente, seuls 9 % des actifs de la métropole utilisent les transports en commun soit 5 points de moins que pour Bordeaux Lille, Lyon et Toulouse ». Alors pour l’Institut il s’agit d’un défi pour AMP qui est de « relier efficacement » les lieux de vie, de services et d’emploi. Il s’agit en particulier de développer l’usage des transports en commun, ainsi que les services associés (parking relais, fréquence adaptée, tarification incitative, etc.). « Réussir ce défi est important pour ceux qui vivent déjà sur le territoire mais également pour ceux qui décideraient de s’y installer. La qualité de vie (infrastructures, équipements, déplacements, logements) est en effet un levier de compétitivité entre les métropoles pour attirer et retenir les actifs, en particulier les plus mobiles tels les cadres et jeunes diplômés », est-il souligné

« Pauvreté, accès au logement et plus largement équilibre social : la situation de la métropole AMP est préoccupante »

Pauvreté, accès au logement et plus largement équilibre social, « la situation de la métropole AMP est préoccupante », dévoile l’Insee. Le niveau de chômage y est « particulièrement élevé » : le taux de chômage varie de 9,7 % pour la zone d’emploi d’Aix-en-Provence à 12,8 % pour celle de Marseille-Aubagne au 1e trimestre 2015. « En 2012, plus d’un actif sur cinq est chômeur au sens du recensement de la population dans les quartiers Nord et du Centre de Marseille, ainsi qu’à Port-de-Bouc et Berre-l’Étang. À l’inverse, dans la CA du pays d’Aix, cette part est 3,3 points plus faible que celle de l’ensemble de la métropole (11,9 % contre 15,2 %) ». Des difficultés sur le marché du travail qui peuvent, selon l’Insee s’expliquer également par le nombre élevé de personnes non diplômées : 13,6 % des actifs de 15 ans ou plus d’AMP. La présence de diplômés du supérieur se fait également plus rare que dans les autres métropoles. « En outre, les jeunes, qui devraient être un atout dans le rayonnement de la métropole, sont en difficulté, plus souvent inactifs ou au chômage et moins diplômés : 16,1 % des 15-29 ans qui ne sont pas étudiants, élèves ou stagiaires, n’ont aucun diplôme (11,6 % sur le référentiel) ; 22,6 % sont au chômage (contre 20,0 %) et surtout 11,8 % sont inactifs (contre 7,4 %) ». Le plus grave est que ces caractéristiques ont tendance à s’accentuer ces dernières années.
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