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Aix-en-Provence - Deux jours après la fin du festival dont il est directeur musical, Renaud Capuçon nous confie : "Il y aura des voix à Pâques en 2017 ! "

mercredi 6 avril 2016

Au lendemain de la 4ème édition du Festival de Pâques d’Aix-en-Provence, nous avons retrouvé le directeur artistique de la manifestation, Renaud Capuçon, sur la route entre la France et l’Espagne où il se produisait, mardi soir à Bilbao, avec trois autres participants à sa carte blanche de dimanche dernier au Grand Théâtre de Provence : Guillaume Chilemme, Adrien La Marca et Edgar Moreau. « Nous poursuivons notre tournée consacrée au projet Busch, un hommage au premier des Justes » nous confiait le violoniste dont le quatuor éponyme jouait mercredi à Grenoble et sera les 15 et 16 avril à Amsterdam et à Vienne.

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Renaud Capuçon prend la pose dans les fauteuils en cuir du Teddy Bar, au Grand Théâtre de Provence (Photo Caroline Doutre)

Pas de vacances, donc, au sortir d’une presque quinzaine festivalière qui ne fut pas de tout repos pour un Renaud Capuçon néanmoins satisfait de l’édition 2016. « Je pense que cette année aura consacré une dimension nouvelle du Festival avec, notamment, un public totalement confiant en notre programmation et qui n’a pas hésité à venir à plusieurs concerts. Cette fidélité est la marque de la réussite. » Il est vrai que cette année, le programme était particulièrement bien équilibré entre musique de chambre, solistes, grands orchestres et que, pour la première fois, nous avons ressenti ce petit quelque chose de plus dans l’ambiance qui est la marque des festivals. Il faut dire, aussi, que même si nous n’avons pas encore les chiffres affinés de cette édition, nous avons constaté une recrudescence du public étranger, avec, à l’oreille, des anglophones, des germanophones, des Italiens, des Espagnols, des Russes…

« Jouer avec Yo-Yo Ma : un moment très fort de ma vie ! »

Mais une soirée a marqué Renaud Capuçon : « Soyez persuadés que je ne veux pas tirer la couverture à moi, mais le trio aux côtés de Yo-Yo Ma et de Nicholas Angelich restera à jamais dans ma mémoire ; c’est un moment très fort de ma vie, un moment magique. Je n’avais jamais joué avec Yo-Yo Ma et plus qu’un rêve, ce sont des années d’attente coincées quelque part dans mon inconscient qui ont trouvé leur aboutissement.
Mais, j’ai aimé la 3e symphonie de Mahler, le récital de Paul Lewis, le cantique de Jean Racine par la Maîtrise de Radio-France… Il y a eu le remplacement au pied levé de Daniil Trifonov par Seong-Jin Cho. Cette année encore nous avons décidé de faire confiance à un jeune pianiste, comme avec Kit Armstrong l’an dernier, et nous n’avons pas été déçus. Nous retrouverons Seong-Jin Cho l’année prochaine au Festival. Puis, je ne peux pas terminer ce rapide bilan sans parler de l’hommage à Ivry Gitlis. C’était émouvant et je crois que de voir ces jeunes musiciens à ses côtés a été un vrai bonheur pour lui ; et c’est tant mieux.
 »
Le Crédit-Mutuel CIC, ce fut annoncé par le Président Michel Lucas dimanche, a décidé de renouveler son mécénat pour cinq nouvelles années.
Une annonce qui, même s’il devait en être informé depuis longtemps, a fait réagir Renaud Capuçon : « C’est une formidable nouvelle car nous pouvons travailler désormais sur le long terme. Nous avons six ans devant nous et une équipe, celle de Dominique Bluzet, qui marche à fond et dont l’efficacité est réelle. Nous avons quasiment bouclé les programmes de 2017 et 2018 et envisageons l’avenir de façon plus confortable. »

« Je ne suis pas de ceux qui crachent sur une distinction de la France »

Le 27 janvier dernier, Renaud Capuçon a fêté ses quarante ans. Et il a été nommé Chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur au sein de la dernière promotion de Pâques. Avec le succès du Festival, cette année 2016 débute donc de façon heureuse… « Je suis vraiment fier d’avoir été distingué par la Légion d’honneur ; fier et heureux. Et je ne suis pas de ceux qui crachent sur une distinction de la France. J’ai appris ma nomination pendant le festival et c’est l’année de mes quarante ans. Ça pouvait difficilement tomber mieux. Quant à mon âge, je pense qu’il m’apporte de la sérénité et deux fois plus d’énergie ; puis je connais mieux les rouages de la vie. Je vois l’évolution, ne serait-ce que sur la gestion du Festival. Cette année ça n’a pas été de tout repos ; je l’ai géré comme un sportif, sur la distance et, il n’y a pas eu de crise… » Pour ses quarante ans, son label Erato, lui a même offert un CD… Ou presque ! « En fait, c’est un projet de CD que nous avions depuis longtemps. Je voulais enregistrer Bruch et Lalo mais je voulais surtout quelque chose de lumineux et d’énergique. C’est un répertoire peu entendu ces dernières années et cela me plaisait d’explorer des contrées musicales différentes... Il devait sortir en septembre 2015 mais nous avons décidé de retarder pour coller à l’anniversaire ! »

« Gstaad ne concurrence pas Aix-en-Provence »

Savoyard, il est né à Chambéry, Renaud Capuçon affectionne la montagne.
Il y a quelques mois, il a accepté de devenir directeur des « Sommets Musicaux » de Gstaad dont l’édition 2016 s’est déroulée du 29 janvier au 6 février. « Il n’y a pas de souci à se faire, Gstaad ne concurrence pas Aix-en-Provence, loin de là. Ce n’est pas le même pays, ce n’est pas le même format. Là-bas, les concerts sont uniquement réservés à la musique de chambre et donnés dans les petites églises de montagne. Il n’y a aucune possibilité de doublon. » Et lorsqu’on lui demande de se projeter sur l’édition 2017 du Festival de Pâques, Renaud Capuçon reste très discret… « Il y aura de belles découvertes à faire l’année prochaine ; mais nous serons sur une planète totalement différente de celle de cette année. Brahms sera toujours là puisque nous avons programmé son concerto pour piano n°2 et il y aura des voix… Plus de voix et des surprises. Et toujours de grands chefs ainsi que de grands orchestres. Patientez encore un peu ! »
Michel EGEA

Un CD pour ses quarante ans


C’est un peu comme si à travers un enregistrement Renaud Capuçon avait voulu transcrire son état d’esprit une fois arrivés les quarante printemps. Il nous l’a dit (lire ci-dessus) il voulait de la lumière, de l’énergie. Et il a réussi avec La Symphonie espagnole d’Édouard Lalo, chaleureuse et sensuelle interprétation, les airs bohémiens de Pablo de Sarasate, donnés de façon enjouée et virtuose et le concerto pour violon n° 1 de Max Bruch ou Renaud Capuçon allie son élégance naturelle à un toucher magique et à une vélocité diabolique. Pour l’accompagner c’est l’orchestre de Paris qui a été de la fête sous la direction de Paavo Järvi. Un CD de la maturité, superbement enregistré que les aficionados ne manqueront pas d’écouter en boucle. Du grand Capuçon.
M.E.

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