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Aix-en-Provence : Sur son petit nuage festivalier, Emmanuelle Haïm converse avec Haendel qu’elle aime tant

vendredi 1er juillet 2016

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Emmanuelle Haim, une directrice musicale exceptionnelle, grande spécialiste de Haendel © Marianne Rosenstiehl

Sur la planète baroque, Emmanuelle Haïm et son Concert d’Astrée comptent au rang des artistes incontournables. Et sur eux que Bernard Foccroulle, le directeur du Festival, a porté son choix pour donner vie au « Trionfo del tempo e del disinganno  » sur la scène du théâtre de l’Archevêché. Un choix évident lorsqu’on sait que la directrice musicale est l’une des références mondiales pour l’interprétation des œuvres de Haendel et qu’elle affectionne, tout particulièrement ce triomphe du temps et de la désillusion… D’entrée de jeu Emmanuelle Haïm pose les points sur les « i ». « Il ne faut pas oublier que c’est un oratorio que nous représentons ici dans une version scénique de Krzysztof Warlikowski. Un oratorio pour lequel Haendel compose une musique très théâtrale. C’est un moment de sa vie où il voyage en Italie et découvre le style italien en peinture, sculpture, architecture, ce qui explique, peut-être, le décalage entre la musique, brillante, et le livret qui est une confrontation de quatre allégories : la beauté, le plaisir, le temps qui passe et la désillusion qui débattent sur le côté éphémère de la vie. La pièce est totalement religieuse, Rome est très catholique et le respect de la morale très présente. La beauté est là pour élever les âmes des chrétiens car les plaisirs immédiats et faciles n’apportent pas l’éternité et la beauté physique s’estompe au fil des ans qui passent. Le paradoxe c’est qu’en ces temps moralisateurs, il y a des femmes qui chantent à Rome…  » On l’aura compris, la frontière musicale est mince entre opéra et oratorio. « Si mince que le compositeur réutilisera tous les airs, par la suite. C’est un Haendel que j’aime énormément et dont les œuvres de jeunesse me touchent particulièrement. Il est doué et écrit très vite. C’est un géant ! » Même face à Bach ? « C’est très différent de Bach. Ces deux compositeurs peuvent être comparés en termes d’appétit musical, de force de vie et de créativité. Mais si les deux sont des génies universels, Bach c’est Dieu… »
Revenons à Haendel. Lorsque l’on demande à Emmanuelle Haïm d’illustrer le génie de ce dernier, elle nous parle du célèbre air « Lascia la spina » qui deviendra « Lescia ch’io pianga » pour l’opéra « Rinaldo » « Un air simple, touchant et beau. Haendel a tout compris de l’écriture instrumentale et de l’orchestration. Il a le sens de la forme, une très grande sensibilité dramatique et le rythme tout en réussissant la parfaite adaptation entre le style et la personnalité des personnages. » Justement, parlons-en des personnages. Sabine Devieilhe est la beauté, Sara Mingardo, la désillusion, Franco Fagioli le plaisir et Michael Spyres le temps : un quatuor idéal, assurément l’un des meilleurs que l’on puisse réunir aujourd’hui. « C’est une chance et un privilège de pouvoir travailler avec ces artistes. Chacun d’eux investit totalement les personnages et s’implique fort pour faire passer les émotions, les états d’âme, le ressenti. Les quatre apportent beaucoup plus que ce qui est écrit laissant s’exprimer leurs voix qui leur disent parfois des choses…  »
Après le festival, Emmanuelle Haïm a une longue liste de concerts inscrite dans son carnet de bal. Puis, il y aura un rendez-vous avec la Philharmonique de Vienne et Sandrine Piau, « Le Retour d’Ulysse  » en janvier prochain aux Champs Élysées avec Rolando Villazon et Magdalena Kozena et toujours du travail avec sa grande amie Natalie Dessay… Puis les rêves et les projets : « J’aimerai faire plus de Bach dans des lieux avec une bonne acoustique. J’aimerai aussi aborder le répertoire français, Marin Marais, Alcyone, Sémélée… Mais rien n’est simple et pour l’heure j’en suis à me battre pour préserver Le Concert d’Astrée. Car une collectivité vient de réduire sa subvention de façon significative et au dernier moment. Nous sommes perpétuellement en danger financier. Alors, autant vous dire qu’être aujourd’hui au programme du Festival d’Aix-en-Provence est un bonheur énorme et que nous profitons de ces riches et belle heures sans compter…  »
Michel EGEA

Pratique - « Il Trionfo del tempo e del disinganno » au Théâtre de l’Archevêché à 22 heures les 1, 4, 6, 9, 12 et 14 juillet. Renseignements et réservations à la boutique du Festival, Palais de l’Ancien Archevêché, Place des martyrs de la résistance 13100 Aix-en-Provence. Tél. : 0 820 922 923 (12 cts /min.) et sur la billetterie en ligne festival-aix.com

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