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Bouches-du-Rhône : 4 villes et 8 musées pour répondre à l’Appel du large

samedi 27 mai 2017

« L’appel du large », celui qui a tenté bien des marins a pris la forme d’une autre aventure portée par le Mucem et Bouches-du-Rhône Tourisme. Une aventure qui, cet été met la façade maritime de la Provence en avant, pour des visites au goût iodé et réveiller les envies de partance au long cours. Véritable traversée culturelle, l’Appel du Large est un parcours qui entraîne le visiteur d’escales en escales, d’Arles à Aubagne, en passant par Martigues et Marseille, à la découverte d’expositions sur le voyage maritime. Un embarquement vers l’histoire, l’art, l’économie, la politique, mais aussi et surtout vers la rêverie d’un monde qui a toujours été fantasmé par l’homme.

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Danielle Milon, entourée des 8 représentants des musées qui vont sublimer l’Appel du large (Photo Robert Poulain)

« Je crois beaucoup à l’invitation au voyage sur les thématiques culturelles »

Quatre villes, 8 expositions et une vingtaine d’artisans, commerçants et restaurateurs, se tournent vers la mer pour raconter une autre Provence. Fédérés par Bouches-du-Rhône Tourisme, 14 partenaires, musées, Offices de Tourisme et institutionnels ont imaginé cette thématique commune pour proposer aux visiteurs, résidents ou touristes, une approche inédite du territoire, véritable pont entre culture et tourisme. Danielle Milon, maire de Cassis et présidente de Bouches-du-Rhône Tourisme précise : « Je crois beaucoup à l’invitation au voyage sur les thématiques culturelles ». Et, avec cet appel, ajoute-t-elle : « Nous nous inscrivons pleinement dans le contrat de destination ».
Au-delà, cette opération présente trois intérêts. Elle permet de poursuivre la dynamique culturelle et touristique initiée avec MP2013 à un moment où l’enjeu est de tirer le fil et d’installer durablement ce positionnement. L’Appel fédère également les professionnels du tourisme et de la culture des Bouches-du-Rhône autour d’un enjeu
commun. Enfin, si l’offre d’expositions sur le territoire des Bouches-du-Rhône apparaît riche et diverse, elle reste difficilement lisible pour les publics touristiques. Isolées, les expositions peuvent s’avérer de trop faible envergure pour pouvoir attirer des publics lointains. Il s’agit là de favoriser les flux touristiques entre les villes participantes et capter les autres foyers touristiques du département. « Les études menées par Bouches-du-Rhône tourisme en 2013 ont démontré qu’une programmation forte et événementielle à l’échelle du territoire a favorisé la mobilité des habitants et des touristes dans le département », souligne Danielle Milon.

Lucienne Del’ Furia, conservateur du musée Ziem de Martigues revient sur l’intitulé : « C’est quoi l’appel du large ? C’est le besoin des artistes d’un ailleurs leur permettant de mener des recherches plastiques. Et d’évoquer Ziem, ce bourguignon qui découvre la Méditerranée à 18 ans : "une révélation" et sur les traces duquel viendront de nombreux artistes. » Puis de présenter l’exposition du musée Ziem qui se tiendra du 17 mai au 17 septembre. Elle explore le thème d’un Ailleurs propice aux recherches picturales qui agitent le monde artistique de la seconde moitié du XIXe siècle. Renoir, Picabia, Derain, Dufy... viennent poser leur chevalet à Martigues, sur les rives du chenal de Caronte. Avec près de 90 œuvres, l’exposition retrace les recherches menées par ces artistes venus chercher un ailleurs et leur rencontre avec les peintres contemporains locaux tels que Chabaud, Seyssaud ou Camoin, successeurs de l’École de Marseille, qui contribueront également à révolutionner la représentation du paysage. Conçue comme une promenade en mer, l’exposition invite à découvrir les quartiers typiques de la Venise provençale représentés par tant de peintres. Parcours thématiques, visites commentées de l’exposition, déjeuner au musée, ateliers jeunesse.

« C’est entre Méditerranée et océan Indien que se sont déroulées les grandes aventures maritimes fondatrices du monde d’aujourd’hui »

Cécile Dumoulin, pour le Mucem, décrit l’exposition "Aventuriers des mers, Méditerranée-Océan indien- VIIe-XVIIe siècle" visible du 7 juin au 9 octobre au Mucem et conçue avec l’Institut du Monde Arabe (IMA). Ces aventuriers nous conduisent de l’Empire perse aux conquêtes d’Alexandre le Grand, de l’expansion de l’islam aux explorations chinoises et des aventures portugaises aux navigations hollandaises. « Ils nous rappellent que c’est entre Méditerranée et océan Indien que se sont déroulées les grandes aventures maritimes fondatrices du monde d’aujourd’hui ». L’exposition débute par la mise en place, au VIIe siècle, d’un empire des deux mers, celui des Omeyyades, lequel ouvrira les voies d’un monde dont le destin se joue principalement à la bascule du XVe et du XVIe siècle. Cette exposition, riche de plus de deux cents œuvres provenant de cinquante musées et institutions, de Lisbonne à Singapour, conduit le visiteur au croisement de l’or d’Afrique et de l’argent d’Occident, des verreries de Venise, des cotonnades indiennes, des porcelaines et des épices venues des mers de Chine.

Certains prennent la mer, d’autres la peignent

Adeline Granereau présente "les escales méditerranéennes" que le Musée Regards de Provence à Marseille propose du 17 juin au 7 janvier. « Certains prennent la mer, d’autres la peignent. Quatre-vingts œuvres invitent à un parcours pictural qui nous fait caboter de port en port, grâce aux regards d’artistes des XIXe et XXe siècles, qui célèbrent un art de vivre méditerranéen où l’élément humain tient une place prépondérante. » Autant d’artistes qui vinrent poser leur chevalet dans ces escales de la Côte Vermeille à la Côte d’Azur, de l’Algérie à l’Adriatique, inspirés par le pittoresque de certaines villes, l’animation des ports, la géographie exceptionnelle du littoral, entre calanques et collines. « Autant d’approches esthétiques, précise Adeline Granereau, qui mêlent romantisme, réalisme, néo-impressionnisme, fauvisme, pointillisme et expressionnisme et forment la trame narrative de ce voyage le long des côtes, de Collioure à Naples ».

Avec Laurent Vedrine on part, du 1e au juillet au 30 septembre, au Musée d’Histoire de Marseille, dans un parcours muséographique dont le fil d’Ariane est l’histoire maritime de Marseille avec un coup de cœur pour la collection exceptionnelle de 6 épaves grecques et romaines. Des objets sélectionnés pour l’occasion feront écho aux personnages emblématiques du musée : Prôtis, Pythéas, Jules César, Edmond
Dantes...Tandis que le musée des Docks Romains évoque l’activité portuaire de Marseille entre le VIe siècle avant notre ère et le IVe siècle de notre ère. Un espace dédié propose une sélection d’objets en lien avec le voyage maritime : éléments d’accastillage, ustensiles de la vie quotidienne à bord.

Sabrina Marlier-Sabouraud, Archéologue-plongeuse au Musée départemental d’Arles Antique, rappelle : « Arles est à 30 km de la mer mais, c’est cependant un grand port fluvio-maritime depuis l’époque romaine ». Et du 1e juillet au 30 septembre l’aile du musée, inaugurée pendant MP 2013, dédiée aux activités portuaires, fluviales et maritimes de l’Arles antique mettra en lumière les fouilles archéologiques subaquatiques menées dans le delta du Rhône. Mobilier d’accastillage récemment restauré, représentations de ports de villes antiques issues du fonds de Jean Claude Golvin, ... prennent vie grâce à un outil numérique et une vitrine spécialement conçus pour l’occasion. La pièce maîtresse, Arles-Rhône 3 « un chaland antique datant de la Rome antique » et près de 500 objets découverts dans le fleuve, en mer et dans le sous-sol arlésien évoquent la navigation, le commerce et le port. Cet ensemble sera expliqué à travers des visites guidées thématiques ».

Avec Marianne Sourrieu il est question de "Jack London dans les mers du Sud" que le Centre de la Vieille Charité expose du 8 septembre 2017 au 7 janvier 2018. Un Jack London qui décide « de faire le tour du Monde et part sur les traces de ses héros, Melville, Stevenson. Il voyagera deux ans durant avant de tomber malade et devoir rentrer en Californie ». Une exposition qui met en scène de nombreux objets et documents, certains souvent présentés au public pour la première fois, donnant à revivre l’un des paris les plus audacieux de l’écrivain : son voyage dans les mers du sud, Hawaï, les îles Marquises, Tahiti, Fidji, Samoa, Vanuatu, les îles Salomon...

« L’Océan Indien constitue depuis des siècles une route maritime majeure »

Gérard Seznec est le conservateur du Musée de la Légion Étrangère, à Aubagne, il invite « à une exposition entre terre et mer, du 21 septembre 2017 au 15 janvier 2018 », évoque le Garlaban : « un repère pour les marins grecs ». Il parle d’une envie d’ailleurs « symbolisé par les 159 nationalités que l’on retrouve au sein de la Légion ». Il rappelle également que « l’Océan Indien constitue depuis des siècles une route maritime majeure, au cœur des flux commerciaux entre l’Europe, le Moyen-Orient et l’Asie. Hier route de la soie et aujourd’hui du pétrole, c’est un espace stratégique que les puissances européennes, depuis l’époque des explorations, tentent de contrôler ». « Et c’est là l’objet de l’exposition, dévoile-t-il de Madagascar à Djibouti en passant par les Comores, la Légion a sillonné l’océan Indien. Et oui, la Légion ne s’est pas illustrée qu’en forêt ou dans le désert saharien. Elle a aussi le pied marin !  » Au cœur du nouveau musée de la légion étrangère, inauguré en 2013, la scénographie propose des espaces variés : mise en scène de la vie de garnison, présentation d’objets exotiques dans un cabinet de curiosités et des aquarelles façon "carnet de voyage" rythment le parcours et embarquent les visiteurs aux côtés des légionnaires.
Alors, pour l’universitaire Gilbert Buti : « L’appel du large, entendu par Marius qui reconnaît "La Malaisie" à sa seule sirène, l’a également été par des hommes des terroirs proches ou plus lointains, des hommes d’ici ou venus d’ailleurs. Ainsi l’outre-
mer est également associé au destin de la Légion étrangère basée à Aubagne
 ».
« Le patrimoine maritime, indique-t-il, qui se décline sous diverses composantes, architecturales ou culinaires, témoigne de cette ouverture sur le monde. La mer a été et reste un lien très fort dans le destin de la Provence en général et des Bouches-du-Rhône en particulier. Voilà qui renvoie à la décision de Marius : « Alors moi tiens, vé je prends le large ! Et je le prends de suite !" Mais, pour revenir très vite au port d’attache... ».
Michel CAIRE

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