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CV Street le film : Quand le salut social naît du collectif

mardi 1er juillet 2014

Ce jeudi 3 juillet à 19h au cinéma le Pagnol d’Aubagne, toute l’équipe de CV Street se retrouve le temps d’une avant-première. La projection sera suivie d’un débat qui permettra de revenir sur les étapes de l’aventure et le message porté par ce film, avant tout citoyen.

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Joshua Fitoussi est l’un des réalisateurs de CV Street le film (Photo D.R.)

CV Street, c’est tout d’abord le nom d’un collectif qui a vu le jour en 2012 avec une noble ambition : lutter à sa façon contre le chômage et montrer la voie d’une autre approche mettant en lumière les privés d’emploi par le street art. Mais c’est aussi celui d’un film qui a dépassé, sur le Net, les 12 000 vues… Un docu-fiction qui, bien sûr, a la volonté de mettre le collectif à l’écran, de faire connaître son action. Car dans les faits, de nombreux chômeurs ont pu retrouver le chemin du travail grâce à l’affichage de leur CV en milieu urbain. En cela, cet Ovni cinématographique se démarque singulièrement de nombreux films à visée sociale : ici, on ne se borne pas au constat, on ne se fige pas dans la fatalité, non. On cherche aussi des solutions et on les incarne.
Il faut dire que, Cyril Slucki et Joshua Fitoussi, les auteurs de ce docu-fiction, n’en sont pas à leur première expérience en la matière. « Cela fait 6 ans que nous impulsons ensemble des actions dans la ville et que nous faisons des films. Dès le début, nous avons eu le sentiment qu’illustrer ces initiatives par l’image, qu’il s’agisse de web série, de courts ou de longs métrages, permettrait de véhiculer plus facilement le message régissant ces actions. Pour CV Street, la même logique a prévalu : « Le film s’est imposé, il coulait de source », explique Joshua Fitoussi. Quel site plus approprié, du coup, que le pays de Pagnol et le cinéma éponyme pour le présenter lors d’une avant-première ! Vibrant encore de la victoire des Fralib contre le géant de l’agro-alimentaire Unilever, la terre aubagnaise s’apprête ainsi à recevoir ce jeudi à 19 heures l’équipe qui s’est mis en ordre de marche pour une autre lutte, celle-ci contre le chômage. Un symbole fort, car on ne peut s’empêcher de penser que dans le cas de Fralib comme dans celui-de CV Street, c’est la même dynamique qui impulse le salut social : « Non pas les individualités mais l’action collective, la solidarité », appuie Joshua Fitoussi. S’il doit y avoir un fil d’Ariane dans le docu-fiction présenté au Pagnol, c’est d’ailleurs celui-là.

Une œuvre riche

Plus précisément, CV Street est un film à part. Il navigue entre réalité et fiction, et l’on ne sait jamais vraiment où l’on se situe en le visionnant. De quoi interpeller l’internaute. « C’est l’univers sur lequel je travaille. J’aime jouer sur cette ambigüité, car elle crée un impact plus fort », indique encore Joshua Fitoussi. Effectivement, on se laisse prendre au jeu de ce que l’on croit être, au départ, un simple documentaire sur le collectif. Avant de se laisser embarquer dans d’autres dimensions. CV Street, devenu émission et filmé façon téléréalité, permet alors de pointer du doigt diverses dérives sous le filtre sociétal : préjugés, discriminations, ambitions, instrumentalisation, récupération possible des politiques, ici en plein contexte électoral… Peut-être l’occasion de signifier qu’en toute chose, il faut rester vigilant : une initiative, aussi louable soit-elle, peut vite s’engager sur la mauvaise pente au moindre grain de sable dans les rouages. L’angélisme n’est donc pas de mise. CV Street offre ainsi diverses grilles de lecture. « C’est d’ailleurs ce qui fait la beauté d’une œuvre : au-delà du message de l’auteur, le public décide aussi de ce qu’il a envie d’y voir, et nous sommes parfois étonnés, positivement, des retours que nous avons sur le film  ».
Les retours, ils viennent parfois d’internautes directement impliqués dans leur soutien au projet. Car CV Street, enfin, c’est « un film citoyen financé par plus de 260 personnes. Il y a donc toujours eu cette idée maîtresse : qu’il appartienne aux gens, que ce ne soit pas élitiste. Cela veut dire aussi faire jouer ceux qui vivent cette situation-là sans être forcément acteurs à la base. Un parti pris que l’on respecte dans chacun de nos films, dans l’esprit du cinéma de la nouvelle vague. Résultat : une belle alchimie sur le lieu du tournage. Hors prises, les comédiens discutaient avec les novices et leur prodiguaient des conseils, du coaching… Et finalement, il se produisait ce que nous avions impulsé dans la vraie vie avec le collectif : l’entraide ! » Et de citer l’exemple de Fatima, qui « n’avait pas d’expérience d’actrice », et s’affirme pourtant dans un rôle clé. « Pour la scène finale, elle s’était enfermée pendant deux heures avant le tournage, avec Dany Castaing, l’une des comédiennes. Puis cette dernière est venue nous voir et nous a dit que Fatima se sentait prête. Une fois celle-ci arrivée, nous avons tous fait silence, opéré notre travail dans le calme, pour elle. Nous tournons… Et la magie opère : elle joue, elle pleure, et ce sont cinq minutes d’une intensité extraordinaire. A la fin du tournage, elle est venue me dire merci », se remémore avec émotion Joshua Fitoussi. Le tout s’appréhende en un mot : authenticité.
Carole Payrau

Avant-première : le jeudi 3 juillet à 19h, cinéma le Pagnol, Aubagne (sur le cours Foch). Pour visionner gratuitement CV Street le film

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