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Camp des Milles - Journée nationale contre les crimes racistes et antisémites de l’État français et d’hommage aux Justes de France

dimanche 16 juillet 2017

« Plus jamais ça ! », répéta encore une fois, comme elle le fait inlassablement depuis des années, Denise-Toros Marter, déportée à 16 ans, en terminant la lecture d’une lettre qu’elle envoya à son frère René le 6 avril 1945 et dans laquelle elle relate son quotidien au cœur de l’enfer d’Auschwitz. Un moment de gravité, empli d’émotion qui sonne comme un cri d’alarme. Face à l’oubli, à l’ignorance, à la passivité.

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Denise Toros-Marter, déportée à 16 ans à Auschwitz (Photo : Fondation du Camp des Milles-Mémoire et Éducation )

En ce dimanche 16 juillet, la Journée Nationale contre les crimes racistes et antisémites de l’état français et d’hommage aux Justes de France a pris une ampleur particulière au Site-mémorial du Camp des Milles. Avec une question plus que jamais essentielle : 75 ans après les déportations et résistances au Vel d’Hiv et au Camp des Milles, alors que les témoins de cette période disparaissent : Que faire de cette histoire terrible ? Pourquoi revenir sur les souffrances du passé ? Qu’est-ce que cela peut changer ? Alain Chouraqui, Président de la Fondation du Camp des Milles-Mémoire et Éducation, apporta dans son allocution des éléments de réponse en relatant sa rencontre avec « quelques survivants d’Auschwitz, réunis pour la dernière fois, nous disait le directeur du mémorial d’Auschwitz, tant ils sont fatigués et peu nombreux. Et devant eux, je vous l’assure, et en ce lieu, on ressent le poids des paroles, des idées que l’on peut avancer, parce que l’on a dans les mains, dans les mots, dans les idées, l’avenir de cette souffrance pour qu’elle ne se reproduise pas. Denise l’a dit tout à l’heure "plus jamais ça"… Mais il faut surtout comprendre comment faire pour que plus jamais ça. Notre réponse ici au Site-mémorial du Camp des Milles, c’est de compléter une mémoire révérence au passé par une mémoire référence pour le présent, en explorant les mécanismes humains, individuels, collectifs et institutionnels, qui ont mené au pire dans l’ensemble des grandes tragédies, à commencer bien sûr par la Shoah. Des mécanismes humains fondamentaux et permanents donc, des mécanismes aussi d’aujourd’hui. Et c’est en cela qu’aujourd’hui peut et doit être éclairé par hier. (…) Le moteur de toutes ces horreurs, à l’époque comme aujourd’hui, c’est l’extrémisme identitaire. Celui qui transforme une société en champ de bataille entre "eux et nous", puis "eux ou nous" puis "eux contre nous". Mais il y a aussi le courage, les actes de courage, les actes de dévouement que l’on a vus à Nice, comme on les a vus dans la Shoah et dans les plus grandes tragédies. Au Site-mémorial le parcours de visite se termine d’ailleurs par un "mur des Actes Justes" qui montre que chacun peut réagir, chacun peut résister, chacun à sa manière. (…) Alors aujourd’hui c’est vrai, je suis heureusement fier de mon pays, fier que la France regarde en face ce passé, non pas pour se culpabiliser, mais pour faire en sorte que l’humanité soit éclairée par les fautes et par les horreurs commises, afin que ces tragédies ne se reproduisent pas. » Alain Chouraqui termina son allocution par une phrase de Simone Veil à laquelle il avait rendu un hommage appuyé en début de cérémonie : « Puissent nos rires résonner en vous comme notre peine immense ». Jean Rampon, Directeur de Cabinet du Préfet de la Région Paca, a lu quant à lui, un message de Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’État auprès de la ministre des armées rappelant la responsabilité de l’État Français dans la Rafle du Vel’ d’Hiv « avec cette opération le régime de Vichy perdait toute humanité  » - tout en rendant hommage aux « altruistes, courageux et téméraires, qui par leurs actions ont démontré que la résistances est toujours possible dans les moments les plus extrêmes. Ils appartiennent à cette "armée des ombres" qui rendit l’Honneur au pays des droits de l’Homme. » Parmi eux, le Pasteur Henri Manen, son épouse Alice, Auguste et Marie-Jeanne Boyer, le Pasteur Marc Donadille et son épouse Françoise reconnus, comme douze autres personnes, Justes parmi les Nations pour leurs actions en faveur des internés des Milles et dont les noms furent rappelés par Florianne Deves-Lambert, petite-fille de Justes. Pour eux, souligna-t-elle, « Qu’importaient la religion, les origines, les couleurs de peau, ils avaient en face d’eux un être humain et seul cela avait de l’importance ». Et de rappeler non sans émotion « Et nous descendants de Justes, nous avons le devoir de transmettre ces valeurs si souvent mises à mal dans notre société d’aujourd’hui. » Une preuve que face à la barbarie des hommes et des femmes ordinaires peuvent s’élever. Leurs actes sauvèrent ainsi des vies innombrables et constituèrent souvent des obstacles importants face à la politique raciste, antisémite et criminelle du Régime de Vichy, qui déporta notamment deux mille juifs du Camp des Milles, parmi lesquels une centaine d’enfants, dont les noms furent égrenés, ce matin, par Hélène Monguilan, épouse du Lieutenant-Colonel Louis Monguilan, un des Grands Anciens du Site-mémorial, décédé en juin dernier. « Moïse Altmann, 13 ans... Werner Goldschmidt, 17 ans, Helga Hirsch, 4 ans… Jan Kraus, 1 an…. ». Des noms pour se souvenir, mais aussi des parcours de vies brisés qui doivent nous inciter à agir, dès les commencements, face aux intolérances. Car il est peut être sitôt trop tard…

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