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Camp des Milles : célébration de la Journée Nationale de la Résistance

mercredi 28 mai 2014

« Le verbe résister doit toujours se conjuguer au présent ». Alain Chouraqui, le Président de la Fondation du Camp des Milles de reprendre cette phrase forte de Lucie Aubrac, d’une actualité brûlante, à l’occasion des manifestations commémoratives de la Journée Nationale de la Résistance se déroulant devant le wagon-souvenir, à l’entrée de la Fondation. Il devait ensuite céder la parole à Ali Saïb, le Recteur de l’académie d’Aix-Marseille qui insistera sur l’importance de l’éducation.

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"Le verbe résister doit toujours se conjuguer au présent". Alain Chouraqui, le Président de la Fondation du Camp des Milles de reprendre cette phrase forte de Lucie Aubrac (Photo Phulippe Maillé)
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Le Wagon souvenir (Photo Philippe Maillé)

Le 19 juillet 2013, l’Assemblée nationale a adopté, à l’unanimité, une loi instaurant le 27 mai comme « Journée nationale de la Résistance ». Cette journée est là pour rappeler l’engagement, le courage et la lucidité des hommes et des femmes qui se sont levés contre l’occupant nazi et le régime collaborationniste de Vichy. La date du 27 mai a été choisie en référence à la première réunion du Conseil national de la Résistance (CNR), présidée par Jean Moulin, qui s’est déroulée le 27 mai 1943.
Alain Chouraqui de prévenir : « Dans toute l’Europe, réapparaît sous des masques divers tout ce que la résistance combattait : les discours et les partis extrémistes, nationalistes et xénophobes, la démagogie simpliste, le rejet de l’autre et l’antisémitisme violent. Le mauvais sort fait aux minorités est le révélateur de maux profonds et annonce des menaces pour tous, y compris pour ceux qui croient encore que l’arbitraire ne touche que les autres. Le racisme est un cheval de Troie efficace contre la République et les libertés de tous. Comment ignorer alors l’attentat qui vient d’être perpétré au Musée juif de Bruxelles après celui de Toulouse, sur fond d’augmentation en France de 55% des violences antisémites au dernier trimestre, de 11% des actes islamophobes en 2013, d’un record pour les actes homophobes et d’une montée du rejet des gens du voyage ? ».

« Il faut et il suffit que la majorité s’exprime contre ceux qui salissent le visage de la France »

Puis de lancer : « Il faut que l’écrasante majorité de notre peuple qui n’est ni fanatique ni extrémiste s’affirme démocratiquement sans attendre qu’il soit trop tard pour éviter des affrontements. En cette Journée nationale de la Résistance, osons dire qu’il faut et il suffit que la majorité s’exprime contre ceux qui salissent le visage de la France. Il faut et il suffit que la majorité se lève ».

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Ali Saib, Recteur de l’académie d’Aix-Marseille et Chancelier des universités rend hommage "à ces hommes et ces femmes qui ont eu le courage de dire non, qui ont affronté la peur, la nuit, la mort" (Photo Philippe Maillé)

Pour Ali Saib, Recteur de l’académie d’Aix-Marseille et Chancelier des universités, représentant l’État : « Ce moment est particulier », car il met en lumière « la responsabilité qui est la nôtre de faire vivre cette mémoire, de pouvoir la transmettre ». Mission d’autant plus primordiale que « les temps sont durs, complexes, et peuvent devenir obscurs ». Il souligne ensuite « le caractère visionnaire du Conseil national de la résistance » et « l’attention toute particulière qui a été la sienne envers l’éducation ». Et de rendre hommage à ses hommes et ces femmes « qui ont eu le courage de dire non, qui ont affronté la peur, la nuit, la mort ». Il rappelle : « Au-delà du courage, ils étaient portés par des valeurs. Ils étaient prêts à payer le prix fort car ils savaient que rien n’est acquis pour toujours. Des hommes et des femmes engagés par patriotisme ont ainsi vite été confrontés au racisme et à l’antisémitisme ».

« L’École a aujourd’hui un grand besoin de rappeler les combats de la Résistance »

D’affirmer que « l’École a aujourd’hui un grand besoin de rappeler les combats de la Résistance, car outre le courage, ceux-ci ravivent l’attachement à la tolérance, à l’altérité et au respect de l’Autre. C’est sans doute ce qui donne à son message son caractère immortel et universel.
Nous, communautés d’adultes, nous avons la responsabilité de ne pas oublier ; la mémoire est si fragile. Nous avons la responsabilité de transmettre cette mémoire, cette histoire et ces valeurs vivantes aux générations qui vont nous succéder.
Vous, chers élèves, ne cédez pas aux discours simplificateurs, voire simplistes et à ceux qui les tiennent. Dans un monde complexe, les réponses aux problèmes que nous rencontrons ne peuvent pas être simples, elles sont forcément complexes. L’esprit critique qui doit vous animer doit aussi se nourrir de l’histoire et des erreurs commises dans le passé pour éviter de les reproduire.
 »
Signe de l’importance de cet événement, toute une journée y fût consacrée, avec une forte orientation pédagogique. Des élèves de collèges et lycées étaient ainsi invités à s’associer au Site-Mémorial pour commémorer ce jour symbolique. Le matin, ils ont pu assister au témoignage de Sylvie Guérin, Résistante ; suivi en début d’après-midi d’un autre témoignage fort : celui d’Herbert Traube, interné à 17 ans au Camp des Milles puis engagé dans la Résistance et, qui rappellera aux élèves présents que « la vigilance est importante. Rien n’est insurmontable à partir du moment où on est optimiste et qu’on croit en l’avenir ».

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A l’issue de cette commémoration, le Collège de Gignac « Le petit Prince » a signé une convention de partenariat avec la Fondation du Camp des Milles-Mémoire et Éducation, en présence du Recteur de l’Académie d’Aix-Marseille, d’André Guinde, représentant du Conseil Général et de Jean-Christophe Durival, Principal du Collège (Photo Philippe Maillé)

Cette matinée a été suivie d’une présentation d’une exposition de travaux d’élèves suite à leur venue au Camp des Milles.
A l’issue de cette commémoration, le Collège de Gignac « Le petit Prince » a signé une convention de partenariat avec la Fondation du Camp des Milles-Mémoire et Éducation, en présence du Recteur de l’Académie d’Aix-Marseille, d’André Guinde, représentant du Conseil Général et de Jean-Christophe Durival, Principal du Collège. Plusieurs conventions ont été signées avec des lycées mais Ali Saib et Alain Chouraqui ont souligné l’importance de cette première convention avec un collège, dont ils espèrent qu’elle sera suivie de beaucoup d’autres parmi les 500 établissements qui ont déjà envoyé leurs élèves sur le Site.
Ces partenariats comme l’accueil de plus de 40 000 élèves depuis l’ouverture du Mémorial fin 2012, concrétisent bien le souhait des fondateurs du Mémorial et notamment des anciens résistants et déportés de transmettre aux jeunes des clés de compréhension et de vigilance contre les intolérances extrémistes et les violences barbares.
A l’heure où beaucoup de témoins de cette histoire tragique disparaissent et où montent à nouveau le racisme et l’antisémitisme, ces jeunes peuvent ainsi devenir les relais des témoins, les acteurs de lendemains meilleurs.
Michel CAIRE

Reportage Photos

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