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Charles Aznavour remet le prix littéraire éponyme à Valérie Toranian pour "L’étrangère" au Conseil départemental des Bouches-du-Rhône

mardi 24 mai 2016

« J’ai des frissons ». Cette phrase, ils étaient nombreux à la prononcer dans le Salon d’Honneur du Conseil Départemental des Bouches-du-Rhône après que Charles Aznavour -qui a fêté ses 92 ans la veille-, aux côtés de Martine Vassal, la Présidente de l’institution, ait traversé la salle avant de s’installer pour la remise du Prix littéraire portant son nom et qui récompense des auteurs d’ouvrage en lien avec l’Arménie.

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(Photo Robert Poulain)
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Charles Aznavour a remis le prix littéraire éponyme à Valérie Toranian pour son roman "L’étrangère" en présence de Martine Vassal et Guy Teissier (Photo Robert Poulain)
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Charles Aznavour reçoit des mains de Martine Vassal la médaille du Conseil départemental (Photo Robert Poulain)
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Un public venu en nombre a participé à la remise du Prix littéraire Charles Aznavour - Sur scène la chorale de l’école Hamaskaïne interprète deux titres de Charles Aznavour (Photo Robert Poulain)

Le jury, présidé par François-Xavier Diaz, directeur général de la société Paul Ricard a décerné le prix Charles Aznavour, à Valérie Toranian, (ex-directrice de ELLE, rédactrice en chef de La Revue des deux mondes) pour son roman « L’étrangère » chez Flammarion. La lauréate n’a pas caché son émotion et profité de l’occasion pour évoquer d’autres personnes qui, elles aussi, doivent fuir, traverser la Méditerranée au péril de leur vie : « J’aimerais que, comme ma grand-mère, elles soient accueillies à bras ouverts ». Le prix a été remis par Charles Aznavour, en présence de Martine Vassal, Présidente du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône qui a évoqué « un rendez-vous de l’amitié et du cœur ». Le député, Guy Teissier, Président du Conseil de territoire de Marseille-Provence et, Richard Findykian, adjoint au maire des 9e et 10e arrondissements de Marseille, vice-président de la CCIFA (Chambre de Commerce et d’Industrie France Arménie).
Pour Martine Vassal : « Ne sont présents ce matin que des amis rassemblés tout simplement parce que nous aimons tous l’Arménie : sa culture, son histoire, sa géographie, son peuple ». de rendre hommage à toutes les personnes présentes, Charles Aznavour en premier lieu et « à l’ensemble de la communauté arménienne à laquelle je veux exprimer mon indéfectible amitié et mon entier soutien dans tous les combats qu’elle a menés, qu’elle mène et qu’elle mènera ». Elle indique vouloir renforcer les liens entre le Département et l’Arménie et annonce à ce propos : « Je me rendrai d’ailleurs en Arménie du 18 au 21 juin prochain à l’occasion d’un déplacement officiel ». A ses yeux, cette manifestation est une « occasion de rappeler que nous devons continuer à nous battre pour la reconnaissance du génocide arménien ».

« Le devoir de mémoire n’a de sens que si le premier génocide du XXe siècle est reconnu par tous et partout »

La présidente de rappeler : « Le devoir de mémoire n’a de sens que si le premier génocide du XXe siècle est reconnu par tous et partout  ». « Le moment est venu, poursuit-elle, pour l’État turc, de reconnaître qu’il y a un siècle, l’irréparable a été commis au nom d’une idéologie criminelle et d’une folie destructrice. Car le peuple arménien ne peut pas espérer faire son deuil sans ces mots qui apaisent et qui soignent ». De considérer que, dans le peuple, chez les intellectuels, des voix se font entendre en Turquie pour qu’il en aille ainsi. Puis de dénoncer les attaques « [dont le peuple arménien est victime au Haut-Karabagh>article5147]  ». « La France s’honorerait à demander l’indépendance du Haut-Karabagh au nom de la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes », a-t-elle lancé.
Et de conclure en s’adressant à Charles Aznavour : « Au nom des élus du Conseil départemental, je voulais vous témoigner mon infinie reconnaissance, mon profond respect et ma sincère considération pour ce que vous êtes, pour ce que vous avez fait et pour ce que vous ferez encore. C’est pourquoi j’ai l’honneur de vous remettre ce matin la Médaille d’honneur du Conseil Départemental des Bouches-du-Rhône ».

« Il n’est pas question de montrer du doigt le peuple turc, c’est le pouvoir, Ankara, qu’il faut cibler »

Un Charles Aznavour qui rappelle avoir commencé à chanter à Marseille à l’âge de 11 ans : « Ma première clientèle était le peuple juif, nous habitions les mêmes quartiers, avions connu les mêmes transhumances. Puis il y a eu les Marseillais, ils m’ont accueilli merveilleusement pendant que la presse m’éreintait ». Il tient à dire, à propos de la reconnaissance du génocide : « Je n’ai rien à dire contre le peuple turc, nous avons vécu les mêmes choses avant le génocide. Il n’est pas question de le montrer du doigt, c’est le pouvoir, Ankara, qu’il faut cibler. Je pense en effet que 50% de la population turque est pour que cette histoire se finisse bien, avec la reconnaissance de ce qui s’est produit ». Il évoque à son tour le problème des migrants qui fuient l’Irak, la Syrie... « J’ai fait appel à François Hollande sur cette question. Nous avons plus d’une centaine de villages à l’abandon, nous manquons de médecins, il y a chez les réfugiés des médecins, des intellectuels, des manuels... qui pourraient apporter beaucoup à ce pays. J’ai d’ailleurs écrit une chanson à ce sujet, mais il est plus difficile de se faire entendre par les politiciens que par les murs ».

« Mon enfance a été une danse entre deux cultures, deux cuisines »

La lauréate du Prix Charles Aznavour, Valérie Toranian, avoue : « C’est un immense honneur de recevoir ce prix de votre part. Ma grand-mère, au paradis, doit battre des mains de joie ». Une grand-mère qui est arrivée à Marseille « sans rien, si ce n’est l’amour de la France qui m’a été transmis ». Elle déplore : « Plus de cent ans après le génocide les Arméniens sont toujours menacés ». Elle évoque les deux cultures dans lesquelles elle a grandi, qui l’ont construite : « Ma grand-mère était une orientale, avec un accent à couper au couteau, pendant que mon père avait épousé une Française, blonde. Mon enfance a été une danse entre deux cultures, deux cuisines. J’ai d’autant pu mieux me construire à travers ces deux cultures que l’amour de la France était absolu ». Dans « L’étrangère », la narratrice retrace alternativement le destin d’Aravni, sa grand-mère qui a échappé de justesse au génocide arménien et qui ne s’est ouverte à sa petite-fille que peu de temps avant sa mort, à l’âge de 96 ans, et ses propres souvenirs d’enfance à ses côtés.
C’est avec la même émotion que la manifestation a pris fin portée par deux des succès, de Charles Aznavour , l’un évoquant le génocide arménien, « Ils sont tombés » l’autre faisant suite au tremblement de terre de 1988 « Pour toi Arménie » interprétés notamment par la chorale de l’école Hamaskaïne, une école bilingue franco-arménienne située à Marseille. « Ils sont tombés sans trop savoir pourquoi : Hommes femmes et enfants qui ne voulaient que vivre... »
Michel CAIRE

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