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Chloé Briot, une Aspasie de caractère pour "Phi Phi" à l’Odéon de Marseille

mardi 24 mars 2015

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Chloé Briot dans les décors créés par Eric Chevalier pour cette nouvelle production de "Phi Phi" (Photo M.E.)

Chloé Briot c’est Aspasie. Vous savez, la « gamine charmante » de l’opérette « Phi Phi » de Christiné. Une gamine charmante, une âme innocente (enfin, pas tant que ça…). Samedi et dimanche prochain, Chloé Briot est donc de la fête de l’opérette au théâtre de l’Odéon à Marseille. Car une nouvelle production de « Phi Phi » ne peut être qu’une fête.
La dernière fois que nous avions rencontré la jeune femme, c’était à l’Opéra de Marseille où elle incarnait Cupidon dans « Orphée aux enfers ». Et la toute première fois, c’était au festival d’Aix-en-Provence, en 2012, pour cette production miraculeuse de « L’enfant et les sortilèges » de Ravel ; elle était l’enfant. « On peut dire, confie-t-elle, que cette production a lancé ma carrière. J’ai chanté cinquante-huit fois l’enfant, depuis. Et la dernière fois sous la direction de Esa Pekka Salonen. C’était à Los Angeles et à Chicago… Oui, vraiment, tout ce que j’ai fait depuis 2012, c’est à l’Enfant que j’en dois une grande partie. »
L’Enfant, Yniold dans « Pelléas et Mélisande », Papagena de « La Flûte enchantée », jano dans « Jenufa », Oberto dans « Alcina », « Les Boréades » avec Marc Minkowski l’été dernier, toujours au festival d’Aix-en-Provence : petit à petit Chloé Briot élargie son répertoire. « J’ai la chance de pouvoir choisir ce que je vais chanter, nous dit-elle. C’est un luxe énorme. Mais je suis encore sollicitée pour des rôles d’enfant, de petit garçon, de jeune fille. J’essaye désormais de m’attaquer à des personnages au caractère plus marqué. Je ne veux pas être toute ma vie une soubrette écervelée… » Et, poursuit la jeune femme, « j’entretiens d’excellentes relations avec mon agent et de pouvoir envisager l’avenir de façon sereine. En deux ans, ma voix a évolué. Le problème aujourd’hui, c’est qu’on signe pour dans trois ou quatre ans. Il faut donc se projeter, savoir comment sa voix va mûrir, tout en ne se mettant pas en danger. Alors, entre autres, j’essaye de tester certains rôles, notamment dans le répertoire mozartien. Puis, j’ai la satisfaction que petit à petit on me propose des rôles de femme. »
Samedi et dimanche prochain, c’est une sacrée femme à laquelle elle prêtera ses traits. Aspasie, l’hétaïre grecque qui fut la compagne de Péricles ; petite vertu, grande intelligence. Lorsqu’on demande à Chloé Briot le pourquoi de sa présence dans cette opérette, elle n’hésite pas une seconde : « Parce que Bernard Pisani. On se connaît depuis des années, Bernard et moi. Et il m’a appelée pour prendre ce rôle que je ne connaissais pas. Je n’ai pas hésité une seconde. J’ai une confiance totale en lui. C’est un proche de mon professeur de chant et il me fait travailler depuis l’âge de 15 ans. Je lui dois mon premier engagement à l’Opéra de Metz dans La Périchole. En règle générale, il est le seul avec qui j’accepte de faire de l’opérette. Remarquez, je vais lui faire des infidélités puisqu’à la fin de l’année je suis dans Le Roi carotte d’Offenbach sous la direction de Laurent Pelly, à Lyon. Pour en revenir à Bernard, c’est un directeur d’acteurs incroyable. On rencontre rarement des gens qui vont à ce point dans le détail. Il règle tout de A à Z, peut s’acharner sur un mot, vous faire travailler énormément avec cette qualité de ne jamais vous mettre en position délicate ou de peur. C’est pour ça que j’aime travailler avec lui…  »
Nul doute que samedi et dimanche, à l’Odéon, l’Aspasie de Chloé Briot sera bien au-delà du simple charme « innocent » et poétique pour nous offrir un « caractère » plein de personnalité. Car en la matière, la soprano n’en manque pas. Vivement « Phi Phi ».

Michel EGEA

Pratique. Représentations samedi 28 et dimanche 29 mars à 14 h 30 à l’Odéon, 162 La Canebière. Réservations sur place ou par téléphone au
04 96 12 52 70 du mardi au samedi de 10h00 à 12h30 et de 13h30 à 17h30.

« Phi Phi », une drôle d’histoire

Le contexte :1918, en pleine guerre, les Parisiens se réfugient dans des caves pour échapper à la menace de la « grosse Bertha ». Certaines salles de spectacles sont aménagées en sous-sol pour maintenir des activités de divertissement. Parmi elles, le petit théâtre de l’Abri qui doit justement renouveler sa programmation. Willemetz propose « un petit truc » destiné à parodier les pages roses du dictionnaire. La pièce est trouvée amusante mais tout de même un peu mince. Qu’à cela ne tienne ! On contacte Christiné, compositeur de chansonnettes très à la mode qui écrit "Phi-Phi" en quinze jours. Par bonheur, au moment où l’œuvre allait voir le jour au fin fond d’une cave, les Bouffes Parisiens connaissent un « four » qu’il faut retirer de l’affiche. Son directeur pense alors à "Phi-Phi" qui est créé le 12 novembre 1918, c’est à dire au lendemain de l’armistice. On espérait que l’euphorie générale allait contribuer au succès. Ce fut en fait l’un des plus grands triomphes de l’histoire de l’Opérette. Quoiqu’il en soit, près d’un siècle plus tard, on fredonne toujours « C’est une gamine charmante » ou « les petits païens » sans oublier « la Prière à Pallas », « Bien chapeautée » ou encore le duo des souvenirs.
L’histoire : À Athènes, en l’an 600 avant Jésus-Christ, le grand sculpteur Phidias reçoit commande d’une grande statue représentant la Vertu et l’Amour. Il cherche alors dans les rues d’Athènes une jeune femme vertueuse et belle pour lui servir de modèle. Il rencontre la charmante Aspasie, qu’il trouve très attirante. Si attirante qu’elle éveille la jalousie de Madame Phidias qui la renvoie. Madame Phidias, qui est, de son côté, courtisée par un beau jeune homme, le Prince Ardimédon, décide de poser elle-même pour la Vertu. Phidias, charmé par le bel Ardimédon qu’il vient de rencontrer, le choisit comme modèle de l’Amour, bien qu’il trouve que sa femme et Ardimédon manquent de naturel. Le lendemain, quand Phidias qui a passé la nuit avec Aspasie, « gamine charmante », découvre sa femme dans les bras d’Ardimédon, le sculpteur trouve admirable le groupe que forment l’Amour et la Vertu. La jeune Aspasie a eu, quant à elle, le temps de séduire le maître de la Grèce, Périclès, qui veut l’épouser. Périclès demande à Phidias d’intégrer Aspasie au bloc sculptural, pour lequel posent Madame Phidias et Ardimédon. Phidias acquiesce. La statue sera désormais L’Amour et la Vertu, aidés par l’Économie, fondent le bonheur conjugal.
Les interprètes : Madame Phidias : Laurence Janot ; Aspasie : Chloé Briot ; Phidias, dit Phi Phi : Philippe Fargues ; le prince Ardimédon : Gregory Benchenafi ; Le Pirée : Claude Deschamps ; Périclès : Bernard Pisani. Orchestre du Théâtre de l’Odéon sous la direction de Bruno Membrey.

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