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Chrétiens d’Orient : Mgr Georges Pontier présidera une messe en la basilique du Sacré-Cœur le 12 juin à Marseille

jeudi 11 juin 2015

Ce vendredi 12 juin, jour de la fête du Sacré-Cœur, Mgr Georges Pontier présidera une messe en solidarité avec les chrétiens d’Orient en la basilique du Sacré-Cœur, avenue du Prado, à 18h30. Il sera entouré par les responsables des Églises orientales présentes à Marseille et leurs communautés.

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Mgr Pontier entouré de Mgr Ramzi Garmou (a droite), du Père Sakvan Younan (à gauche) et de Pascale Warda (Photo D.P.G.)

Mgr Pontier a expliqué le sens de cette initiative en présence de Mgr Ramzi Garmou, archevêque assyro-chaldéen de Téhéran (Iran) et visiteur apostolique des chaldéens d’Europe, du Père Sakvan Younan, curé de la paroisse Notre-Dame de Chaldée à Marseille et de Pascale Warda, ancienne ministre irakienne de l’Immigration et des réfugiés et présidente de l’Organisation non gouvernementale irakienne Hammurabi Human rights.
Une réunion lors de laquelle Mgr Ramzi Garmou s’en est pris avec force à la politique américaine. « C’est en 2003 que la drame a commencé. Les États-Unis, sans l’accord de l’ONU ont attaqué, détruit matériellement, psychologiquement, religieusement l’Irak et c’est un crime contre l’humanité ». Il dénonce aujourd’hui une faible mobilisation pour résister à Daesh : « Les Américains ont poussé Saddam Hussein à envahir le Koweit avant de l’attaquer, de le chasser en quelques jours et là ils ne pourraient rien faire si ce ne sont des frappes aériennes insuffisantes ? ».
Mgr Pontier se place lui sur le plan de l’humanisme, de l’appel à la solidarité avec des personnes qui souffrent pour présenter ce vendredi 12 juin. « Cette fête commence à 8 heures avec la messe du Vœu des Échevins et le soir nous prierons avec et pour les Chrétiens d’Orient. Il est important pour nous, qui sommes loin des événements tragiques qui se déroulent, d’entendre la parole des évêques, des patriarches. Il est important de se faire l’écho de leurs propos ». Il appelle aussi au soutien financier en faveur des familles qui se sont réfugiés ici et sollicite des aides pour les soutenir dans leurs démarches afin d’avoir des papiers. « Il faut entendre les besoins, tenter d’y répondre ». Mgr Ramzi Garmou avance : « Bien sûr la situation en Iran est très différente de celle de l’Irak ou de la Syrie. Nous jouissons d’une certaine stabilité politique et nous ne sommes pas menacés ». Puis de remonter dans l’histoire d’indiquer que les Chrétiens sont présents en Iran depuis le 1er siècle. « Selon notre tradition ce serait Saint-Thomas l’Évangéliste qui a commencé l’évangélisation de la Mésopotamie (l’Irak actuel), et de la Perse (l’Iran actuel). Cette Église a été très fertile, surtout entre le 3e et le 12e siècle. On estime qu’il y a eu jusqu’à 80 millions de Chrétiens au Moyen-Orient ».

« Les 2/3 des Chrétiens d’Iran ont quitté le pays »

Mais, cette Église est aussi appelée celle des Martyrs : « C’est peut-être la plus martyrisée au monde, surtout 40 ans durant, au 4e siècle, avant l’arrivée de l’Islam. Elle a perdu aussi nombre des siens au 13e siècle avec l’invasion des Mongols » . Et de voir aussi ses membres périr lors du génocide arménien. « Aujourd’hui on compte 80 millions d’Iraniens pour 70 000 chrétiens, la majorité étant membre de l’Église arménienne orthodoxe ». Depuis la révolution islamique de 1979, explique-t-il : « les 2/3 des Chrétiens d’Iran ont quitté le pays. C’est une agence juive, Hias, installée aux États-Unis qui, légalement, fait sortir les Chrétiens, direction Vienne avant un départ pour la Californie ».
Pascale Warda présente son association humanitaire qui « travaille en direction des Chrétiens et des Yézidis qui sont extrêmement menacés ». Précisant : « Quatre religions sont reconnues en Irak : l’Islam, le Christianisme, le Yezidisme et les adeptes de Saint-Jean Baptiste ». Les Chrétiens, comme les Yezidis « sont déracinés, depuis juin dernier. Ils subissent les atrocités de Daesh, cet esprit noir qui a envahi la moitié de l’Irak. Les Chrétiens doivent se convertir ou payer l’impôt islamique et se faire humilier », déplore-t-elle.

« Les musulmans que je connais ont honte de ces pratiques commises au nom de l’Islam »

Elle regrette que les hommes d’Église se soient tus aussi longtemps. Mais, lance-t-elle : « Aujourd’hui c’est fini le silence. Nous clamons haut et fort nos souffrances. »
Elle dénonce : « Notre peuple vit sous des tentes ou dans des immeubles qui ne sont pas finis. Nous avons besoin de solidarité, besoin de vêtements, de nourritures. Les musulmans souffrent aussi et que dire des Yezidis, les femmes, les filles, sont enlevées, réduites à l’esclavage. J’ai rencontrée une quinzaine de filles qui ont eu le courage de s’évader d’un camp de Daesh. Elles ont pour les plus jeunes une dizaine d’années et rien ne leur a été épargné. Une adolescente de 14 ans m’a expliqué avoir été violée par 19 hommes ». « Les musulmans que je connais, tient-elle à souligner, ont honte de ces pratiques commises au nom de l’Islam. Et l’Irak est devenu un aéroport pour les Daesh qui viennent du monde entier ». Et d’insister : « L’armée irakienne comme les forces Kurdes ont abandonné les Chrétiens et les Yezidis ».
Elle en appelle à son tour à la communauté internationale : « Il faut faire pression sur la France, l’Europe, pour qu’elles aident, soutiennent, protègent les minorités. Et, lorsque Mossoul, la vallée de Ninive seront libérés, il faudra sécurisé le secteur car imaginez la haine qui existe lorsque l’on sait que les voisins dénoncent, saccagent les maisons ».
Le Père Younan en vient à la situation à Marseille : « Nous sommes de plus en plus sollicités. On nous demande d’aider à obtenir des visas, à trouver des familles d’accueil. Or, à Marseille, elles habitent souvent en HLM. Elles acceptent d’être famille d’accueil mais, très vite, il faut trouver un logement aux nouveaux arrivants. Une quinzaine de familles sont arrivées, il faut savoir que rien n’est prévu pour elles, aucun service de l’État n’est là pour les accueillir. En région parisienne on compte 12 000 Chrétiens d’Orient dans la seule ville de Sarcelles, la communauté peut s’organiser. Mais, en Paca on ne compte que 120 familles, les choses sont beaucoup plus complexes ».
Michel CAIRE

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