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Cinéma - "Knock" de Lorraine Lévy avec Omar Sy : ni ça gratouille, ni ça chatouille

mercredi 18 octobre 2017

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Omar Sy dans "Knock" de Lorraine Lévy © Mars Film

Des voyous poursuivent un grand type noir costaud et le tabassent en lui réclamant l’argent qu’il leur doit après une dette de jeu. La scène se passe évidemment à (clichés oblige)… Marseille ! Une fois remise la victime se rend sur les quais et se retrouve engagé sur un bateau pour y exercer la fonction de médecin. Certes il ne sait rien en la matière, mais comme on a besoin de lui, il fera l’affaire… Ce que je vous raconte ici n’est autre que le début de « Knock », le film réalisé par Lorraine Lévy d’après la pièce de Jules Romains qui sort ce mercredi 18 octobre. Le lien avec l’œuvre est aussi peu visible que la bonté humaine dans les décisions politiques d’Attila, mais bon admettons ! Voyons la suite ! Cinq ans plus tard Knock, (le gars malmené du début) a suivi des cours à la faculté de médecine de… Marseille et a obtenu le diplôme lui permettant de racheter le cabinet du Docteur Parpalaid, le médecin d’une petite ville de montagne partant à la retraite. Son but est clair : remplir à nouveau la salle d’attente désespérément vide, et faire comprendre à un bien portant qu’il est un malade potentiel qui s’ignore. Cela marche et le cabinet médical ne désemplira pas, les patients auscultés faisant la fortune de Knock et du pharmacien. Ce dernier végétant financièrement retrouve alors une seconde jeunesse sociale. Pour assurer sa promo Knock fait appel au facteur du pays (irrésistible Christian Hecq, acteur génial que l’on a envie de sauver en effet du désastre qui se profile), à qui il fait le coup du « Est-ce que ça vous gratouille ou est-ce que ça vous chatouille ? », seul moment de la pièce récupéré en l’état -Louis Jouvet, ton Knock que tu créas si bien sur scène n’y reconnaîtrait pas ses malades-. Car le film ne Lorraine Lévy ni ne gratouille, ni ne chatouille, il serait plutôt du genre à irriter, à donner de gros boutons, à démanger là où ça agace. C’est-à-dire partout. Sans parler de la dysenterie que nous évoquerons plus loin.

Heureusement Omar Sy, Andréa Ferréol, Christian Hecq et Pierre Aucaigne

Surjoué. Les acteurs en font des tonnes. Le film doit quelques instants de rare joie à Omar Sy, impeccable dans son rôle improbable, à Christian Hecq, dont nous avons déjà parlé, à Andréa Ferréol délirante en patronne d’hôtel et, Pierre Aucaigne dont le personnage s’appelle Michalon (c’était aussi le nom de Jean Lefebvre dans le film « Ne nous fâchons pas », acteur à qui il ressemble ici étrangement). Dans la peau du prêtre Alex Lutz en fait des tonnes, et on passera par profits et pertes les scènes finales de prêchi-prêcha à la limite du ridicule.

Une jeune fille atteinte de tuberculose

Dans un de ses sketches Guy Bedos expliquait par le biais d’un de ses personnages que pour faire une chanson à hit-parade, « il fallait prendre une fille, une plage, que l’amour meurt avec l’été, et, comme on dirait chez le coiffeur, un petit coup de laque, un peu de nostalgie ». On lui répondra que pour faire éclore un bon navet au cinéma, il convient de prendre une héroïne très sympathique, un gentil amoureux plein de bonne volonté, et en guise d’élément perturbateur comme dans « Love Story » les séparer par la maladie de la jeune fille qui laissera le fiancé désemparé. C’est ici chose faite. Knock tentera de sauver une tuberculeuse dont il s’est épris, et la scène tournée au ralenti où il la rejoint dans un hôpital suisse vaut son pesant de cacahuètes. Vous trouvez qu’on s’éloigne de la pièce de l’ami Jules ? Attendez la suite !

Pascal Elbé atteint de diarrhée

Et puis, comme nul ne guérit de son enfance, ni de son passé de mauvais garçon, voilà que ressurgit un des voyous du début, venu réclamer son argent à Knock qu’il fera chanter. Heureusement le médecin s’y connaissant en matière de faire fuir les importuns, glissera dans le breuvage du maître-chanteur au regard sombre et à l’intelligence limitée, quelques gouttes d’un breuvage faisant avoir la colique. Et l’arroseur arrosé, c’est le cas de le dire de se répandre dans tout l’hôtel. La solide Andréa Ferréol expliquant avec moult détails que le truand campé par un Pascal Elbé barbu à qui on a fait la tête de ses idées, en a mis partout… et qu’il convient de nettoyer, ce qu’elle fait dans des plans interminables. Nous voilà débarrassés du maître-chanteur et nous d’une vulgarité scénographique très éloignée de l’esprit de Jules Romain. Bon, on l’aura compris, on n’est guère chez Knock, et de plus on s’ennuie ferme. « Docteur, je suis sorti avec le bourdon. C’est grave ? »
Jean-Rémi BARLAND

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