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Cinéma : "Le retour du héros" avec Jean Dujardin un film hilarant signé Laurent Tirard

dimanche 11 février 2018

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Christophe Montenez, Jean Dujardin et le réalisateur Laurent Tirard lors de la présentation à Aix-en-Provence du film "Le retour du héros" (Photo Robert Poulain)

Imaginez le début des « Liaisons dangereuses », auquel vous ajoutez un peu de « Mon nom est personne », un zeste de « Le bon, la brute et le truand », pour la scène où un des protagonistes se choisit un pistolet après moult hésitations, un clin d’œil à « La prisonnière du désert », un saupoudrage drôle, genre comédies de Rappeneau ou de Broca des années 1970, l’ombre de Belmondo, celle des « Duellistes », mais en version burlesque, un hommage aux films à costumes, la rencontre entre une femme et un homme que tout oppose et que les événements vont rapprocher, et vous obtiendrez « Le retour du héros » le nouveau et irrésistible film de Laurent Tirard. Venu en avant-première le présenter au Cinéma Le Cézanne en compagnie de l’acteur principal Jean Dujardin et de l’étonnant nouveau venu Christophe Montenez chambré toute la soirée par ses complices pour être « DE LA COMÉDIE FRANÇAISE », le réalisateur s’est longuement expliqué sur ses intentions, l’esthétique de son long métrage et son envie de voir ressusciter les seconds rôles comme on le faisait auparavant. Uniforme rouge sang, moustache, barbe, épées, chevaux, autant d’éléments utilisés qui nous permettent de parler ici d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître où les enfants enfilaient des panoplies pour imiter leurs héros préférés. Jean Dujardin alias le Capitaine Neuville, incarne justement ce héros fantasmagorique qui revient au château des Beaugrand après avoir dit-il combattu avec panache dans les armées napoléoniennes.

Un lien avec note époque


Nous sommes à la fin du règne de Bonaparte et du cycle révolutionnaire durant lequel la bourgeoisie s’est imposée au prix de manœuvres et d’abus, l’occasion pour Laurent Tirard grâce à des dialogues modernes sans anachronisme mais sonnant de toute éternité de faire le lien entre ce 19e là et notre 21e siècle tourmenté où sont étalés sans vergogne la quête de l’argent, l’ambition sociale par le mensonge, manière pour l’auteur de faire d’incessants clins d’œil avec les dysfonctionnements du monde contemporain. Fable sociale donc, mais jubilatoire tenue par une distribution grande classe, cousue main, et d’une égale qualité.

Dujardin, nouveau Belmondo ?

Dans le rôle de Neuville, esprit fourbe, lâche et sans scrupules dont on ne sait s’il est héros ou escroc, Jean Dujardin que l’on avait souvent vu dans des films dramatiques ressembler à Lino Ventura, se meut ici en une sorte de Belmondo, malgré lui sautant, bondissant, séduisant et virevoltant, comme le faisait Bebel chez de Broca. Acteur prodigieux, il a pour partenaire dans le rôle d’Élisabeth Beaugrand -qui déjoue ses plans et monte contre lui une imposture qui va très vite la dépasser- une Mélanie Laurent, époustouflante de drôlerie. Voir cette comédienne habitué aux drames à l’écran enfiler un costume de comédie est un régal. D’une voix suave, de mimiques enjouées et mutines, rappelant parfois (là encore on vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître) les sourires de trahison de l’actrice Danièle Lebrun face à Claude Brasseur dans la série télé Vidocq. Au-delà de la comédie, elle incarne une figure de femme rebelle, courageuse, ne s’en laissant pas compter, féministe de la première heure, belle et attachante. Et puis, il y a le couple formé de Pauline Beaugrand, sœur d’Élisabeth (géniale Noémie Merlant et de son mari Nicolas Bonvallet (incarné par Christophe Montenez "DE LA COMEDIE FRANCAISE" à l’humour très british). Rien que pour la scène d’un duel improbable dont on ne vous dira rien de plus, ces deux comédiens méritent à eux seuls que l’on se précipite à ce « Retour du guerrier ». L’occasion de signaler ici le grand soin donné aux seconds rôles, Evelyne Buyle en tête, et Féodor Atkine très éloigné bien sûr de son rôle d’assureur nazi dans la pièce de Jacques Attali « Du cristal à la fumée », et qui montrent combien Laurent Tirard dirige tout le monde en esprit de troupe comme s’ils étaient sur les planches.

La musique comme personnage de l’Histoire

Et puis, il y a la musique signée Mathieu Lamboley, qui mélangeant les styles des partitions d’Ennio Morricone et Vladimir Cosma (compositeur cher à Gérard Oury), donne à son travail un aspect classique, festif, qui refusant de surligner les images, ou faire de la paraphrase fait de « sa » musique un personnage à part entière. Forte de toutes ces qualités, et bénéficiant d’une photographie d’artiste signée Guillaume Schiffman, le fils de Suzanne Schiffman, réalisatrice et scénariste pour François Truffaut, cette comédie coécrite par Laurent Tirard et Grégoire Vigneron (que l’on voit apparaître subrepticement derrière un arbre) demeure un miracle de précision, d’inventivité, et de rapidité. Le tout en moins d’une heure trente calibrage idéal pour une comédie, dont les minutes au-delà de cette durée comme le rappelait (je crois) René Clair comptent double. Une réussite exemplaire !
Jean-Rémi BARLAND

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