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Cinéma : "Sauver ou périr" de Frédéric Tellier un film poignant qui est un hymne à la vie

mardi 13 novembre 2018

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Photo Mars Films
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Pierre Niney et le réalisateur Frédéric Tellier ont présenté "Sauver ou périr" en avant-première à Aix-en-Provence (Photo Robert Poulain)

Il est des films citoyens qui dépassent le cadre du récit qu’il présente. On en ressort bouleversés, émus, concernés, et plus instruit quant au sujet traité. Cela ne suffit pas néanmoins à faire de ce moment pédagogique un réel instant de cinéma. La liste est impressionnante (l’enfer comme on le sait est pavé des bonnes intentions) de ces longs (très longs) métrages lourds, didactiques, poussifs développant des idées au bazooka du sentimentalisme qui n’ont pour seul vertu que d’illustrer des débats télévisés, dans la pure veine de feu l’émission d’Armand Jammot « Les dossiers de l’écran ». Pas de cela avec « Sauver ou périr  » que le réalisateur Frédéric Tellier, accompagné du comédien Pierre Niney est venu présenter en avant-première au Cézanne d’Aix-en-Provence. C’est même le contraire, tant il s’agit ici d’un hymne à la vie porté par une écriture tout en nuances et une réalisation à la hauteur du scénario, c’est-à-dire parfaitement huilée, et très artistique. « Je voulais », explique le réalisateur « raconter l’histoire d’un homme fort, exigeant, beau, qui avait tout, qui perd tout et qui va se reconstruire. » Celle de Franck Pasquier (Pierre Niney), pompier de Paris, père de deux enfants gravement brûlé lors d’une intervention sur l’incendie d’un entrepôt, visage et corps en en lambeaux, opéré plus de vingt fois, recouvrant malgré d’importantes séquelles forme et démarche humaine aidé en cela par le personnel médical et par son épouse Cécile (Anaïs Demoustier), ses parents, ses amis. Un film sur le partage donc qui est aussi une histoire d’amour autant qu’une réflexion sur la quête de l’identité, la construction individuelle, et le sens de la souffrance. Tout pour lancer du terriblement académique, et par une sorte de magie, qui lui est propre, Frédéric Tellier de signer un film aérien, léger et plein de fantaisie aussi avec un apport considérable de la musique, et des accessoires utilisés. Cette plongée au cœur du monde des Sapeurs-Pompiers le réalisateur en fait une œuvre déchirante d’humanité, et réussit à parler de résilience par des scènes poignantes dont une avec Sami Bouajila, (où n’apparaît pas Pierre Niney), qui incarnant le docteur Almeida apporte réconfort à Cécile la femme de Franck.

Pierre Niney, passeur d’émotions

Au centre de la toile on trouve Pierre Niney, méconnaissable en pompier brûlé, là encore, comme dans tous ses films passeurs d’émotion. « J’ai quitté ce personnage avec regret, confie-t-il, car il m’a bouleversé plus qu’un autre joué dans le passé. » Et d’insister sur la longue préparation physique exigée pour la crédibilité du rôle, l’épreuve des heures requises pour le maquillage et le démaquillage, truffant son témoignage d’anecdotes dont une particulièrement cocasse. « J’ai participé en tenue durant des semaines aux interventions des pompiers de Paris et un jour, raconte-t-il, je me suis retrouvé auprès d’un jeune blessé qui disait à ses camarades :" mais c’est un acteur lui !!!" , insistant tellement que les pompiers pour mieux le secourir m’ont demandé de m’éloigner. » En signe de reconnaissance pour son écoute, son engagement auprès d’eux, la puissance de son jeu, les pompiers de Paris ont d’ailleurs promu Pierre Niney au grade de première classe. Une distinction mentionnée non pas par l’acteur lui-même mais par un spectateur impressionné par son travail physique. Unanimement partagée l’impression des Aixois présents au Cézanne fut dithyrambique et remplie de reconnaissance.

Un cinéma de transmission

Frédéric Tellier qui n’a pas manqué de saluer la performance de tous ses comédiens, et en particulier celle d’Anaïs Demoustier d’une justesse inouïe, s’est montré à Aix d’une modestie confondante. Il signe en tout cas un grand film digne qui s’inscrit dans la droite ligne de son travail consistant à se détourner d’un projet visant à simplement divertir mais promouvoir un cinéma de transmission dans ce qu’il a de plus exigeant, de plus solaire et de plus universel.
Jean-Rémi BARLAND
« Sauver ou périr » de Frédéric Tellier. Sortie nationale le 28 novembre

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