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Cinéma. "Venise n’est pas en Italie" d’Ivan Calbérac : un film qui rend heureux

lundi 10 juin 2019

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"Venise n’est pas en Italie" d’Ivan Calbérac avec Benoît Poelvoorde, Eugène Marcuse, Helie Thonnat, Valérie Bonneton (Photo Studiocanal)

Suivant l’adage : « On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même » Ivan Calbérac vient de porter à l’écran son propre livre « Venise n’est pas en Italie » qu’il avait déjà adapté pour le théâtre et mis lui-même en scène avec l’impressionnant Thomas Solivérès incarnant sur les planches tous les personnages. Ce même Thomas Solivérès qui prolongeant son travail de comédien a enregistré pour la Collection « Écoutez lire des éditions Gallimard » l’intégralité du roman en une lecture sobre, poignante, drôle, et alerte. Et disons-le d’emblée ce long métrage porté par des comédiens exceptionnels de vérité est une merveille ! Certes Ivan Calbérac n’est ni Almodovar, ni Tarantino, ni Bergman, ni Tavernier, ni Renais ou Demy. Ce n’est pas d’ailleurs lui faire offense que de préciser qu’il ne s’impose pas ici en tant que cinéaste d’exception. Mais qu’importe ! Directeur d’acteurs hors pair, raconteur d’histoires capable de nous faire passer d’une minute à l’autre du rire aux larmes, scénariste subtil, Ivan Calbérac touche le cœur de tous et de chacun. Cadrages soignés, décors s’inscrivant dans le récit en tant que vrais moteurs de la narration, et certainement pas comme éléments décoratifs, photographie magnifique de Vincent Mathias, apport d’une musique additionnelle soulignant la psychologie des personnages, que l’on doit à Laurent Aknin, on passe plus qu’un bon moment. La première qualité d’Ivan Calbérac est son don d’empathie, lui qui ici évoque la lutte des classes de façon légère et grave, joyeuse et puissante. La deuxième est d’accompagner par le texte et l’image la chanson de Claude Lemesle chantée par Serge Reggiani (un tube que l’on n’entend jamais dans le film), par clins d’œil, (il est question par exemple d’un aller simple pour Melun), préférant utiliser notamment lors du générique final, « Elle voulait que je l’appelle Venise » interprétée par Julien Clerc sur des paroles d’Etienne-Roda Gil. La troisième force du réalisateur est d’avoir su offrir à Benoît Poelvoorde dans le rôle du père de Valérie Bonneton dans celui de la mère, et de l’étonnant Hélie Thonnat jouant le fils, narrateur du roman des rôles à la mesure de leur talent, de leur énergie, et de leur sens de l’ellipse. Et puis, il y a l’histoire elle-même que Ivan Calbérac a lifté pour la sortie de « Venise n’est pas en Italie » en Livre de Poche l’occasion pour lui d’effectuer quelques corrections en fonction de ce vécu scénique, qui fut parallèlement le moment de l’explosion des ventes du livre (ayant dépassé les 120 000 exemplaires). « C’est donc instruit de toutes ces expériences que je me suis lancé, accompagné de mes producteurs, dans l’adaptation cinématographique car j’avais encore une frustration par rapport à cette histoire en partie autobiographique, un besoin de donner chair à ces personnages. J’avais en outre toujours rêvé de tourner un road-movie », précise le metteur en scène. Et bien lui en a pris. Mais revenons au synopsis du film : La » famille Chamodot est fantasque et inclassable. Bernard, le père, un peu doux-dingue, fait vivre tout le monde dans une caravane, et la mère, Annie teint les cheveux de son fils Émile en blond, parce que, paraît-il, il est plus beau comme ça !!! Quand Pauline, la fille du lycée dont Émile est amoureux, l’invite à Venise pour les vacances, l’adolescent est fou de joie. Seul problème, et de taille, les parents décident de l’accompagner avec leur caravane, pour un voyage aussi rocambolesque qu’initiatique. Une belle histoire qui tient dans la main, et qui offre des surprises à chaque chapitre. On retrouve ici la force de la peinture psychologique dont Ivan Calbérac avait fait montre dans sa pièce précédente « L’Étudiante et Monsieur Henri » qui avait offert à Claude Brasseur et Noémie Schmidt des rôles en or. Un film dont on sort heureux et qui fait aimer la vie. Un hymne à la tolérance aussi. Avec dans le rôle du chef d’orchestre père de Pauline, personnage totalement insupportable de suffisance, le génial Nicolas Briançon, homme de théâtre s’il en est, capable de faire surgir la vérité de son héros en un seul regard. Tout comme les autres comédiens d’ailleurs ! Et rappelons qu’Ivan Calbérac est également le metteur en scène et co-auteur des spectacles de l’humoriste Michaël Hirsch dont le dernier « Je pionce donc je suis » qui sera rôdé à La Fontaine d’Argent d’Aix-en-Provence du 12 au 14 juin à 19h15 le mercredi et sera joué tous le mois de juillet dans le off d’Avignon au Théâtre du Roi-René à 18h50.
Jean-Rémi BARLAND
"Venise n’est pas en Italie" de Ivan Calbérac, Livre de poche, et lecture intégrale du texte par Thomas Solivérès. 1 CD MP3 aux Editions Gallimard.

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