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Colloque Secem le 15 novembre à Aix-en-Provence : Entretien avec Bernadette Leroy et Dominique Ciravegna de l’Association de criminologie du bassin méditerranéen

mardi 31 octobre 2017

Le Secem, Sécurité économique et compétitivité des entreprises en Méditerranée, colloque organisé par l’Association de Criminologie du bassin méditerranéen (ACBM), se tiendra le 15 novembre au Palais des congrès à Aix-en-Provence. La thématique de cette deuxième édition "Entreprises et Méditerranée : quelle sécurité ?", permettra de traiter à la fois des questions de l’attractivité, la cybersécurité et des échanges commerciaux en Méditerranée. Un aréopage d’experts sera présent afin d’apporter quelque éclairage...

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La criminologue Bernadette Leroy et le directeur de l’audit et de sûreté pour un groupe international, Dominique Ciravegna, tous deux à la tête de l’Association de criminologie du bassin méditerranéen (ACBM) (Photo Patricia Maillé-Caire)

Dominique Ciravegna, vice-président de l’ACBM, diplômé de l’Institut national des Hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ), expert en management de la Sécurité intérieure et directeur de l’audit et de sûreté pour un groupe international revient sur la genèse du Secem, le contenu de cette 2e édition, ses objectifs... Entretien

Destimed : Comment s’organise le Secem ?
Dominique Ciravegna : Il a lieu tous les deux ans. La première édition s’est tenue le 18 juin 2015 et a réuni 350 personnes sur une après-midi et, 13 pays étaient représentés. La 2e édition se tiendra donc le 15 novembre 2017 au Palais des congrès d’Aix-en-Provence et réunira entre 500 et 800 personnes sur la journée essentiellement des chefs d’entreprises, des managers et toutes les personnes intéressées par le sujet.

Quel est son objectif ?
Il s’agit de véhiculer des informations notamment en expliquant en quoi la sécurité économique, pour ne pas parler d’Intelligence économique, est importante et stratégique pour toutes les organisations. A ce titre trois tables rondes sont organisées. La première traitera d’attractivité du territoire, le territoire étant la Méditerranée mais pas que, nous allons parler de la plus belle des régions Provence-Alpes-Côte d’Azur. En quoi notre région est-elle attractive en partant du postulat qu’un territoire est attractif lorsqu’il est sécurisé. Un gros travail a été réalisé par les forces de l’ordre, quand je dis forces de l’ordre, je réunis police, gendarmerie, douane, DGSI, etc.. Notre pays souffre des problématiques de radicalisation dite violente et notamment le terrorisme. On a vu ce qui s’est passé le 14 juillet 2016 à Nice et récemment à la gare Saint-Charles à Marseille, au-delà de l’horreur de ces actes tout cela à un impact économique sur le territoire. Il est cependant à noter que la délinquance et la criminalité sur la voie publique, dans notre région, diminue notamment grâce aux dispositifs vigipirate et sentinelle, en revanche, on assiste à une augmentation de cambriolages dans les entreprises.

Et pourquoi cette thématique "attractivité" pour la première table ronde ?
Cette table ronde va être stratégique. L’idée est de comprendre pourquoi une région comme Paca, qui a des avantages et des atouts, ne possèdent pas plus d’entreprises de taille intermédiaire à l’instar de la Région Rhône-Alpes-Auvergne par exemple. Je rappelle que notre région est tournée vers la Méditerranée et que d’ici 2050, il va y avoir des enjeux stratégiques et économiques avec l’Afrique pour répondre à ses besoins. Et que l’on a des signaux faibles qui nous disent : "Mais intéressez-vous à l’Afrique et à la Méditerranée". S’intéresser car c’est un levier économique important et il faut avoir de véritables échanges. Les signaux faibles, il y a un réchauffement climatique, les peuples du Sud vont monter vers le Nord, si on n’anticipe pas les structures et infrastructures, on risque de se retrouver encore une fois avec des morts dans cette mer et la problématique de très nombreux migrants et réfugiés. Il y a un autre signal faible qu’il faut prendre en considération. Aujourd’hui, la capitale euro-méditerranéenne, ce n’est pas Marseille mais Barcelone. Avec les événements actuels en Catalogne, qui est placée sous tutelle par Madrid, Paca peut prendre un avantage important et se mettre en tête à condition qu’elle sécurise certaines choses. Un territoire attractif est avant-tout un territoire sécurisé. Est-ce à dire, je compte sur l’État, les collectivités, les entreprises qui m’entourent...

Et pour les tables suivantes ?
Ce sera la cybersécurité pour la 2e table. C’est 120 000 attaques par jour dans le monde soit sous force ransonware ou de DDoS « déni de service distribué » (de l’anglais Distributed Denial of Service). Il y a quelques jours, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) piloté par le secrétariat général de la défense de la sécurité nationale vient de mettre en place la plateforme cybermalveillance.gouv.fr. Ce dispositif d’assistance aux victimes d’actes de cybermalveillance permettra notamment aux entreprises victimes de se signaler via cette plateforme. Outre un rôle de sensibilisation, de prévention et de soutien en matière de sécurité du numérique la plateforme sera, dans le même temps, un Observatoire national dans le domaine.
Entre ces deux tables, se tiendra un atelier sur le risque Hacking. Il ne s’agit pas de faire peur mais de sensibiliser. Entre la 2e et 3e table, un autre atelier abordera la veille. Selon Sun-Tsu : "La règle, c’est que le Général qui triomphe est celui qui est le mieux informé". En effet l’Intelligence Économique a trois piliers : la veille, la protection et l’influence. Enfin la dernière table ronde abordera les échanges économiques en Méditerranée.

Pourquoi la Méditerranée ?
Parce que c’est un berceau civilisationnel. Quand la Méditerranée tousse c’est le monde entier qui est malade. Pour lutter contre l’obscurantisme, il y a deux piliers d’une part l’économie, s’il y a des gens qui essaient de traverser cette mer c’est parce qu’ils ont l’espoir d’une vie meilleure pour eux et leur famille. Mais, si on leur apporte l’économie, la possibilité d’un échange non pas gagnant-perdant mais bien gagnant-gagnant et qu’un dialogue s’instaure entre ceux des rives Nord et Sud, l’économie apportera beaucoup de choses, notamment le savoir qui fera toujours reculer le pire. Grâce à l’économie on construit des routes, des hôpitaux, des écoles... Ce n’est pas une vison occidentale de la chose mais une vision locale qu’il faut adapter en fonction. Je parle de gagnant-gagnant à tous les niveaux. Je parle aussi de Méditerranée, au sens large. C’est à dire grâce à la Méditerranée je vais en Afrique subsaharienne. Certains pays ont leur frontière à 200 km de la Méditerranée, je parle de la Russie...

Quel est votre ambition pour le Secem ?
A terme, ce serait d’élargir de l’autre côté de la Méditerranée, des demandes émanent de la Tunisie. Et peut-être un jour un Secem en Libye qui peut être un enjeu économique important pour les entreprises nationales et régionales. In fine, il est important de connaître tous le enjeux géopolitiques de ces régions.

Propos recueillis par Patricia MAILLE-CAIRE


Bernadette Leroy est criminologue, experte en protection des entreprises, en intelligence économique et management de la sécurité des données numériques et des systèmes d’informations et Présidente de l’ACBM, elle met en exergue les objectifs de l’association, la situation des petites entreprise face à la cybercriminalité... Entretien.

Destimed : Qu’est-ce que l’ACBM ?
Bernadette Leroy : L’Association de Criminologie du bassin méditerranéen porte le colloque Secem. L’idée, au travers de l’ABCM, c’est de développer notamment les disciplines et démarches intellectuelles telles que la criminologie et l’intelligence économique pour casser les clichés. Ceux qui parlent de la criminologie comme étant les crimes de sang et l’intelligence économique comme de l’espionnage. Cette discipline de la criminologie et cette démarche intellectuelle qu’est l’intelligence économique on les a inscrites dans la sécurité économique qui est un réel levier de compétitivité pour toutes les entreprises et organisations du secteur public ou privé.

De quelle manière intervient alors le Secem ?
La volonté du colloque Secem est de sensibiliser les entreprises, quelles que soient leur taille, leur zone géographique, car les menaces peuvent peser sur elles. De les informer sur les bienfaits de l’utilisation de la sécurité économique qui est accessible à tous. En ce qui concerne la première table ronde qui est sur l’attractivité du territoire, je tiens à souligner qu’il n’y a pas que des problématiques de terrorisme mais aussi d’incivilités qui peuvent poser problèmes à des entreprises et que cela est plus fréquent dans certaines villes que d’autres.

Mais la plus grande menace ne vient-elle pas du monde virtuel ?
La menace n’a pas de frontière entre le physique et le virtuel. La délinquance s’est déplacée sur le monde virtuel et les entreprises ne sont pas préparées à cela. Elles ont déjà eu du mal à se mettre aux nouvelles technologies, on a beaucoup de retard sur leur sécurisation d’où l’intérêt de parler de la 2e table ronde qui aborde la cybersécurité. Quand nous avons des attaques cyber, elles ne proviennent pas obligatoirement du territoire mais d’autres pays. Pour cela il est intéressant de s’attarder sur nos pays voisins d’où l’intérêt de la 3e table ronde sur les échanges commerciaux en Méditerranée. Si certaines entreprises souhaitent s’implanter à l’étranger il est important de connaître ces menaces. Il y a donc un double enjeu sur cette 3e table ronde.

Il est également question de langage et d’approche des procédures ?
Le langage est trop abscons en ce qui concerne la sécurité économique. Notre objectif est de toucher autant la start-up que la grande entreprise. Il est à noter que le gouvernement va s’intéresser aux grands groupes, au travers de leur sécurité, notamment les OIV (Opérateur d’intérêt vital) ou Seveso et leur imposer une panoplie pour se protéger mais rien n’est fait pour nos petites entreprises. Alors que c’est notre tissu économique. On écrit de belles procédures inapplicables pour les petites entreprises. Et quand on est une toute petite entreprise on peut se sentir facilement abandonnée.

Pour finir, pourquoi avoir choisi Aix-en-Provence pour ce deuxième colloque ?
On l’a organisé à Marseille, il y a deux ans. On avait pensé à Nice mais Aix-en-Provence est une ville qui est dynamique, on le voit notamment avec thecamp. Et enfin la ville d’Aix nous a bien soutenus et nous a permis d’obtenir le Palais des Congrès .
Propos recueillis par P.M.-C.

plus d’info et programme : secem.fr

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