Conseil municipal de Marseille : Richard Miron « se jette à l’eau » dans les piscines… et éclabousse la politique sportive municipale

Publié le 30 juin 2013 à  2h00 - Dernière mise à  jour le 27 octobre 2022 à  15h42

L’adjoint au Sport Richard Miron a saisi l’opportunité de plusieurs rapports sur les piscines municipales pour défendre sa politique et son bilan en la matière. Mais la démonstration n’a pas convaincu, loin s’en faut, sur les bancs de l’opposition.

L'adjoint au Sport Richard Miron (UMP) a défendu son
L’adjoint au Sport Richard Miron (UMP) a défendu son
Point de discorde récurrent entre majorité et opposition, les piscines municipales étaient l’objet de huit rapports, du 182 au 189, lors de la séance du conseil municipal de Marseille du lundi 17 juin. S’il s’agissait d’avaliser, pour 7 d’entre eux, des modernisations et des rénovations de sites, le dernier devait en revanche acter la démolition de la piscine Nord, sise 502, chemin de la Madrague Ville dans le 15e arrondissement. Fermée depuis deux ans, elle a fait l’objet d’un diagnostic technique complet dans la perspective de sa réouverture. Or, le rapport 189 spécifie que « les conclusions des études réalisées mettent notamment en exergue des désordres structurels importants, des problèmes d’étanchéité et de traitement d’air de la piscine ». « Ont également été constatées la présence d’amiante, une absence de conformité électrique et d’accessibilité aux personnes à mobilité réduite. Compte tenu du coût élevé que représente la remise en état aux normes de cet équipement sportif par ailleurs non intégré dans le Plan Piscines, il est proposé de programmer sa démolition », motive encore le document.
Anticipant de nouvelles attaques de l’opposition, Richard Miron (UMP), adjoint au Sport, saisit l’occasion de cette série de délibérations pour « se mouiller », au sens propre comme au figuré, afin de défendre la politique sportive municipale. Il loue notamment les « 3,5 M€ de subventions » attribués chaque année « aux clubs qui font le sport dans cette ville », les dotations financières allouées aux « 28 associations labellisées « Sport à Marseille » », les 7 M€ consacrés aux gymnases « pour rénover ce patrimoine sportif municipal », ou encore les 18 stades qui « ont été entièrement rénovés, remis aux normes fédérales et nous en avons 8 de programmés pour les mois qui viennent ».
Et de dénoncer alors l’ingratitude de l’opposition à l’encontre du sénateur-maire de Marseille Jean-Claude Gaudin (UMP). A commencer par celle de Garo Hovsépian (PS), maire du 7e secteur, qui a édité « Le livre noir des équipements sportifs des 13e et 14e arrondissements » où il dénonce l’état de 14 équipements sportifs. Richard Miron rétorque que 10 de ces équipements « sont décentralisés », que cela ne correspond, « sur les 143 que compte ce secteur », qu’à « 10% du total des équipements sportifs de ces 2 arrondissements », et assure que les équipements en question « vont pour la plupart être réhabilités ». Alors s’agissant de Garo Hovsépian, l’adjoint aux Sports estime qu’« il aurait pu vous remercier pour les 90% d’équipements sportifs des 13e et 14e arrondissements qui vont bien. Il aurait pu vous remercier aussi pour les presque 10 M€ de travaux qui ont été réalisés depuis 2008 sur les équipements centralisés et décentralisés du 7e secteur », lance-t-il en s’adressant au maire de Marseille.

« Le Palais Omnisports est un équipement emblématique dans toute l’Europe »
Autre sujet de son courroux, la députée Sylvie Andrieux (PS), pour avoir émis des critiques dans le journal du maire de secteur, alors qu’elle « devrait savoir que la piscine Malpassé sera remplacée par un gymnase multi-activités et celle de Château-Gombert par la construction de 3 terrains de tennis et d’un club house en vue de l’agrandissement du club de Château-Gombert ». « D’ailleurs, connaissant son attachement pour le monde associatif sportif et plutôt que d’apporter la critique, elle aurait pu consacrer les fameux 700 000 € (NDLR : somme correspondant à des subventions de la Région Paca que Sylvie Andrieux est accusée d’avoir détourné à des fins clientélistes. Condamnée le 22 mai par le tribunal correctionnel de Marseille à une amende de 100 000 € et cinq ans d’inéligibilité, elle a fait appel) à des investissements sportifs auxquels auraient pu s’ajouter les 100 000 € de coût annuel de la revue de la mairie des 13e et 14e arrondissements et ainsi, M. le Maire, avec 1,2 M€ on aurait déjà terminé la rénovation du gymnase scolaire Sinoncelli qui se trouve dans le fameux livre noir », assène Richard Miron.
L’adjoint au Sport vise aussi la présidente du groupe EELV du conseil municipal, Michèle Poncet-Ramade, pour ses critiques répétées à l’encontre du Palais de la Glace et de la Glisse. « Grâce à notre investissement de 50 M€, le Palais Omnisports Marseille Grand Est est un équipement emblématique des sports de glisse, non seulement du Sud de la France, mais dans toute l’Europe. Pour preuve je citerai Anthony Vella, sélectionneur de l’équipe de France de roller, qui dit : « De toutes les structures que j’ai vues, c’est le meilleur site qui existe en Europe » », souligne Richard Miron. Sans oublier bien entendu son « meilleur ennemi » Pascal Chamassian (PS) qui « aurait également pu vous remercier, M. le Maire, pour avoir sauvé de la faillite l’ASPTT Marseille, et ainsi empêcher le licenciement de 40 personnes, en décidant de faire racheter par la Ville de Marseille le complexe sportif René Magnac et de le réhabiliter totalement ». « 17 courts de tennis dont 4 couverts, une piscine, un club house et pour la section football le stade Caujolle refait à neuf, soit un investissement total de 6,5 M€, énumère l’adjoint au Sport. En tout cas, M. le Maire, les 7 000 adhérents et les salariés de l’ASPTT, eux, vous remercient. »

« Comme cela est prévu par les textes de l’Education nationale, c’est l’enseignant qui est en charge de la totalité de l’enseignement »
Et d’en venir enfin au schéma directeur des piscines « pour lequel nous avons déjà réalisé 4,5 M€ de travaux et pour lequel aujourd’hui encore nous votons plusieurs millions d’euros d’investissements sur neuf sites ». Richard Miron ne conteste pas que « la moitié des enfants des écoles primaires ayant suivi l’enseignement de la natation dans le cadre scolaire ne savent pas nager » comme le dénonce l’opposition. « Cette donne est malheureusement une réalité. Mais la responsabilité de la Ville de Marseille ne peut être engagée par rapport à cette réalité. Je m’explique : comme cela est prévu par les textes de l’Education nationale, c’est l’enseignant qui est en charge de la totalité de l’enseignement. Nous savons très bien que dans leur immense majorité les professeurs des écoles n’ont pas plus de compétence pour enseigner la natation que le tennis ou le football, des apprentissages qui demandent des diplômes spécifiques. Vincent Peillon, qui souhaite embaucher 40 000 personnes dans l’Education nationale, pourrait commencer par embaucher des maitres-nageurs titulaires des diplômes donc de l’expertise nécessaire à ce type d’enseignement. Les résultats seront, j’en suis certain, spectaculaires », estime l’adjoint au Sport.
Sur les 6 930 créneaux rendus disponibles chaque année par la Ville dans les 13 bassins de la cité phocéenne à disposition de l’Inspection Académique, il observe en outre que « 1 230 ne sont pas utilisés et restent vacants ». « Nous mettons également les personnels qualifiés diplômés pour assurer la surveillance des séances de natation scolaire conformément aux textes en vigueur sur les obligations légales en matière de sécurité. Nous finançons aussi les transports des enfants entre les écoles et les piscines pour un coût de 350 000 € par an. La Ville de Marseille n’a rien à se reprocher », tente-t-il de convaincre.
Richard Miron réfute également l’affirmation selon laquelle « il n’y a pas assez de créneaux disponibles pour les structures sociales ». « Durant les vacances scolaires de février, 41% des créneaux réservés par des centres sociaux n’ont pas été utilisés, et 58% pendant les vacances de Pâques. Les piscines de La Martine dans le 15e et celle de Bonneveine dans le 8e ont été particulièrement sous-utilisées au détriment d’autres utilisateurs, notamment le grand public », avance-t-il.

« On est très loin de la surpopulation annoncée »
Enfin, quant à l’utilisation des bassins par les clubs et le grand public, Richard Miron s’est jeté à l’eau afin de contrer les accusations récurrentes de Pascal Chamassian en la matière. Ainsi l’adjoint au Sport est-il allé nager « plusieurs fois par semaine dans différentes piscines municipales, aux heures d’ouverture au public et quelques fois aux clubs, sans jamais prévenir de ma venue ». Et l’« Alain Bernard » de la politique municipale d’affirmer : « On peut considérer qu’à partir de 60 personnes dans le bassin, les nageurs commencent à rencontrer des difficultés pour leur évolution. En fait, j’ai pu constater que seules les piscines Saint-Charles, Vallier, Bonneveine et Magnac ont ponctuellement à certaines heures de certains jours de la semaine, une fréquentation supérieure à 60 personnes en instantané. Cela n’enlève en rien la nécessité de poursuivre la mise en œuvre de notre Plan Piscines mais cela relativise les déclarations fracassantes sur la politique des piscines de notre ville. Même s’il y a quelques fois des fréquentations importantes, on est très loin de la surpopulation annoncée. Bizarrement sur les 67 fois où je suis allé nager aux heures d’ouverture au public ou aux clubs depuis début septembre, nous étions rarement plus d’une trentaine dans le bassin », assure-t-il.
Et Richard Miron de conclure : « Je voudrais qu’au-delà de la polémique partisane, exacerbée à l’approche d’échéances électorales, nous puissions nous rassembler comme cela a été fait, avec succès, pour Marseille-Provence Capitale européenne de la Culture, au sein de notre candidature, afin que notre ville soit Capitale européenne du Sport en 2017. »
Un argumentaire qui était loin de convaincre l’opposition. Tout d’abord, Patrick Mennucci (PS) prend le parti d’ironiser : « Ce sont les renseignements généraux des piscines ! », tonne-t-il. Dans la même veine, Nicole Hugon (EELV) embraye : « M. Miron, vous nous avez fait rêver, c’était génial, nous étions dans un monde de « bisounours » sportifs absolument extraordinaire. Vous nous avez expliqué qu’on avait trop de piscines. Donc je pense qu’on va proposer aux Marseillais d’en supprimer quelques-unes et tout ira bien », suggère-t-elle. Après avoir dénoncé le déficit de « 1,250 M€ par an » du Palais Omnisports de la Glace et de la Glisse, que l’« on acte » et où « on décide qu’on va continuer pour 44 classes qui en ont bénéficié », elle conteste également la candidature de la ville au « label extraordinaire de Capitale européenne du Sport ». « Quand on gratte un peu, on s’aperçoit que ce n’est vraiment pas grand-chose, plutôt une coquille vide. Donc cette espèce de plaidoyer en faveur d’une politique sportive alors que tout le monde sait que nos équipements sportifs de proximité sont, dans bien des endroits, dans un état lamentable, c’est quand même très surréaliste », conclut-elle.

« C’est provocateur envers les enseignants. Le vrai problème, c’est qu’il manque la moitié des m² nageables »
Puis c’est au tour de Valérie Diamanti de monter au créneau pour le groupe Communiste, Républicain et Citoyen (CRC) en s’appuyant sur une étude publiée par l’Insee le 4 juin dernier qui « dévoile que Marseille connaît un taux d’équipements sportifs assez faible ». « On dénombre à Marseille 15 équipements sportifs pour 10 000 habitants. En comparaison la ville de Lyon en compte 18 et Toulouse 26 », souligne-t-elle. Et d’estimer à la lueur de ce constat qu’« on doit arrêter de privilégier certains équipements sportifs sous prétexte qu’ils sont le reflet de notre ville au détriment des équipements sportifs de proximité ».
Valérie Diamanti rappelle par ailleurs que « le problème des piscines ne date pas d’aujourd’hui : on en manque depuis l’époque Defferre et rien ne s’est amélioré depuis ». Mais de juger que « c’est un choix avant tout politique ». Elle s’indigne aussi des propos tenus par l’adjoint au Sport Richard Miron récemment dans La Provence qui l’a interrogé « sur les raisons pour lesquelles les petits Marseillais ne savent pas nager ». « Tout en convenant que Marseille manquait de piscines, il a mis en cause l’Education nationale. Je cite : « Le vrai problème, c’est la compétence des enseignants ». Permettez-moi de trouver cet argument un peu simpliste : c’est provocateur envers les enseignants, moi qui le suis aussi », dénonce l’élue avant de préciser : « Mais moi j’ai travaillé pendant longtemps dans des colonies de vacances et j’ai même le diplôme » pour pouvoir apprendre à nager.
Avant d’enfoncer le clou : « Le vrai problème, disent les syndicats enseignants, c’est qu’il manque près de la moitié des m² nageables. 6 000 m² sur 11 000 m² nécessaires et seulement 10 bassins sont disponibles, datant tous de 40 ans et souvent mal entretenus, pour 455 écoles », assène-t-elle. Avant de conclure : « Ainsi, nous souhaitons fortement comme les syndicats majoritaires du premier degré le SNUipp-FSU et le Snep-FSU, majoritaire chez les enseignants en EPS (Education physique et sportive), que tous les acteurs du sport aquatique se rencontrent pour construire ensemble, ministère Jeunesse et Sport, Education nationale, collectivités territoriales, mairie, fédérations, représentants des personnels, un plan de rattrapage pour organiser les activités nautiques pour tous dans la cité phocéenne », appelle-t-elle de ses vœux.

« Comme s’il avait besoin au bout de 5 ans, en forme d’aveu, de démontrer finalement que sa politique sportive n’est pas un échec »
Pascal Chamassian (PS) avoue quant à lui son grand étonnement suite à l’intervention de l’adjoint au Sport. « Je suis stupéfait par cette démonstration qu’il vient de faire où ils nous a lâché des tonnes de chiffres et de remerciements pour se justifier, comme s’il avait besoin au bout de 5 ans, en forme d’aveu, de démontrer finalement que sa politique sportive n’est pas un échec. Or, il se trouve que se faisant, il vient exactement de faire le contraire et de vouloir justifier l’injustifiable », tranche-t-il. Il juge d’ailleurs que « s’il le fait aujourd’hui, c’est parce que justement pendant 5 ans, on n’a cessé de dire les choses, dire la vérité, et que cette vérité a fini par arriver un peu partout dans les clubs, les associations, qui les ont remontées, tous les acteurs du sport l’ont remontée ». « Et aujourd’hui monsieur l’adjoint en forme de bilan presque, à quelques mois des municipales, essaie de se justifier et de transformer la vérité. Mais malheureusement, je pense que les Marseillais ne le suivront pas, comme ils ne le suivent pas depuis 5 ans », martèle-t-il.
Pascal Chamassian intervient ensuite plus largement sur les différentes délibérations concernant les piscines. « La façon dont vous présentez les choses est tout à fait révélatrice là aussi. Sept rapports proposent des études ou des affectations d’autorisations de programme, ce qui ne coûte rien, et le dernier, lui, est beaucoup plus ancré dans la réalité : la fermeture et la démolition de la piscine Nord que vous proposez dans ce rapport tombe comme un couperet. Elle est bel et bien le reflet de la politique municipale en matière de piscines menée durant ce mandat », juge-t-il. Et d’aborder tout d’abord le fond du dossier en revenant aux engagements pris par l’adjoint au Sport en début de mandature. « Vous nous avez promis monts et merveilles dans ce même hémicycle en 2008, avec à la clé un superbe schéma directeur des piscines. Ce plan prévoyait la fermeture de bassins trop vétustes et trop coûteux à l’entretien et prévoyait, surtout, la création de 4 pôles sport-loisirs de référence au Nord, au Sud et à l’Est de Marseille, ainsi que la création d’un grand pôle aquatique », rappelle-t-il. Avant de dénoncer : « Cinq ans après le constat est accablant. Certes, vous avez rempli la moitié de l’objectif en supprimant 8 piscines sur les 22 existantes. Mais vous n’en avez créé aucune, zéro pointé, malgré les 2 M€ d’études votées en cours de mandat. Heureusement que M. Miron n’est pas l’adjoint à la Mer, il aurait été capable de nous vider la mer Méditerranée ! », ironise-t-il.

« Marseille a véritablement besoin d’un « Plan Marschall » pour les piscines »
Face au « manque de moyens, budgets en baisse ou je ne sais quoi encore, on connaît vos sempiternelles réponses », Pascal Chamassian rétorque que « le problème des piscines à Marseille est devenu un problème pour tous les Marseillais ». « Pas de créneaux pour les clubs, quoique vous en disiez, contraints de limiter leur nombre de licenciés, le grand public obligé de s’exiler hors Marseille pour trouver des complexes dignes de ce nom à Gémenos, Cassis ou La Ciotat. Enfin des scolaires laissés sur le carreau et pour lesquels vous expliquez en plus de façon honteuse, et vous venez de le répéter, que c’est bien la faute des instituteurs si nos enfants ne savent pas nager. Sans commentaire », assène l’élu socialiste. Et de pointer également la forme où « la méthode est toujours la même : peu d’écoute, pas de concertation, arbitrages autoritaires ». « Concernant la piscine Nord, votre communication aux principaux intéressés a été catastrophique comme si vous preniez un malin plaisir à mettre le feu aux poudres », prend-il en exemple.
Pascal Chamassian estime pourtant que « Marseille a véritablement besoin d’un « Plan Marschall » pour les piscines ». « Nous ne pouvons pas laisser 860 000 Marseillais se débattre dans 12 piscines de 25 mètres. Il manque 6 000 m² de bassins, toutes les études le disent. Aucune piscine olympique de 50 mètres. Nous devons offrir au grand public, aux clubs et aux scolaires des conditions dignes de ce nom, des ouvertures le soir, le week-end et pendant les vacances. Nous devons réconcilier les Marseillais avec l’eau et la mer », plaide-t-il. Avant de conclure : « Je me suis laissé dire que vous alliez ouvrir les quelques piscines encore debout cet été. Si cette information est vérifiée, je dirais bien sûr « tant mieux ». Et il aura fallu vous pousser pendant cinq ans pour que vous cédiez à notre demande. Et comme on dit « mieux vaut tard que jamais » même si c’est à 9 mois d’élections municipales », ne manque-t-il pas de relever.

Le « crève-cœur » de Samia Ghali
La maire du 8e secteur de Marseille Samia Ghali (PS) fait alors jouer la corde sensible en rappelant que petite fille, c’est dans la piscine Nord qu’elle avait appris à nager. « C’est la 1ère fois depuis que je suis élue dans cet hémicycle que j’assiste à un rapport qui me crève le cœur. La piscine Nord, au-delà de la question de la piscine, est un élément important du territoire, avec le lycée Nord et un collège aux alentours. Cela fait deux ans que la piscine est fermée. Certes il y aura un complexe sportif, mais ce n’est pas le besoin, c’est une activité différente. La piscine en revanche est une nécessité face au nombre d’enfants car tout le monde n’a pas la possibilité d’aller sur les plages de Marseille », plaide la sénatrice.
Richard Miron défend à nouveau sa politique en jugeant qu’entre « tout va mal, tout va bien, il y a un juste milieu ». « Le schéma directeur des piscines prévoit d’instaurer 10 sites dans tout Marseille avec deux bassins pour justement, le soir, ne pas mélanger les clubs et le grand public. Or, à la piscine Nord, il n’y a pas de place pour réaliser deux bassins », explique-t-il. Avant de marteler à son tour : « Soit on s’inscrit dans le schéma directeur des piscines, soit on s’inscrit dans le clientélisme ».
L’adjoint au Sport pointe également la désaffection du site. « On a enregistré sur cette piscine 33 800 entrées sur une année, 12 700 personnes s’y sont rendues la dernière année où elle a été ouverte, soit 1 800 par mois : c’était l’une des moins fréquentées de Marseille. Et il y a 3 bassins à proximité : la Castellane, Saint-Joseph et La Martine, à 3 ou 6 km soit moins de 10 minutes », observe-t-il encore. Avant de conclure : « Il faut admettre que l’on est dans une grande ville et pas dans un village où on trouve tout ».
Les différentes délibérations, y compris celle concernant la démolition de la piscine Nord, ont ensuite été adoptées dans la foulée.

Serge PAYRAU

Articles similaires

Aller au contenu principal