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Covid-19. Les grands acteurs de la société civile ont la parole : 3 questions à Daniel Pachy

vendredi 1er mai 2020

Nous avons décidé de poser les mêmes questions à plusieurs acteurs de la société civile de Provence-Alpes-Côte d’Azur pour savoir comment ils vivent le confinement, et surtout ce qu’ils entendent proposer concrètement comme mesures à prendre au plus vite pour combattre les autres crises qui vont apparaître - après l’actuelle sur le plan sanitaire - à savoir économique, sociale… Après le premier intervenant, Daniel Boccardi, qui est précisément celui qui a suggéré cette démarche afin que les lecteurs puissent comparer les différentes visions, nous vous proposons le deuxième rendez-vous.

Trois questions à Daniel Pachy

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Daniel Pachy est le PDG de Prolog (Photo D.R.)

Daniel Pachy est le Président Directeur Général de Prolog, un commissionnaire de transport international agréé en douane dont le siège est à Marseille. L’entreprise compte une cinquantaine de collaborateurs implantés sur 5 sites en France. Les produits frais alimentaires (par fret maritime) et pharmaceutiques (par fret aérien) étant parmi les spécialités de l’entreprise, Prolog a dû s’adapter rapidement dès le début de la crise sanitaire pour continuer de servir ces secteurs.

« Dans le monde d’après, l’État devra prendre des mesures fortes pour relancer l’économie et rassurer la population sur sa capacité à affronter une future crise sanitaire de ce type. »

Destimed : Comment vivez-vous le confinement depuis les dernières semaines sur un plan personnel et familial ?
Daniel Pachy : Ce confinement nous a pris par surprise un samedi soir, il nous affecte profondément dans notre mode de vie et notre liberté, ce que nous avons de plus précieux en tant que Français. Mon entreprise faisant partie de la deuxième ligne, je continue d’aller au bureau depuis le début comme 50% de mes salariés. C’est donc un semi-confinement que j’essaie de tourner positivement, c’est une opportunité pour moi de lever le pied, car j’ai un rythme très dense en temps normal. Je rentre plus tôt, je profite un peu plus de mes enfants. Ma compagne est soignante de nuit à l’hôpital et elle s’en occupe tous les jours. Je ne suis pas à plaindre, pour elle le confinement est bien plus pénible que pour moi, elle fait preuve d’une grande résilience. Le plus difficile à supporter c’est de ne pas pouvoir aller voir ses proches, mais il faut tenir.

Quelles sont les 3 principales mesures que vous attendez du gouvernement dès la sortie de la crise sanitaire ?
D’abord il faudrait soutenir massivement les entreprises de toutes les tailles et les indépendants pour relancer la machine au-delà du chômage partiel afin de contenir les pertes d’emplois. J’aimerais que le gouvernement baisse rapidement les charges qui pèsent sur la rémunération du travail afin d’augmenter le pouvoir d’achat des salariés, ce qui soutiendra la consommation et permettra aux entreprises de maintenir l’emploi dans un environnement économique dégradé. Des initiatives ciblées envers les secteurs les plus touchés (chèques vacances à utiliser en France par exemple... ) pourrait aussi être efficaces. Ensuite il faudrait redéfinir ce qui fait de nous un grand pays. Prenons l’arme nucléaire, elle coûte 6 Milliards d’euros par an à maintenir et pourtant nous espérons ne jamais l’utiliser. Ce n’est certainement pas de l’argent gaspillé, c’est l’assurance que notre nation ne sera jamais attaquée. Nous devons raisonner de la même façon pour le risque de pandémie. Nous avons les moyens d’assumer une dépense annuelle pour maintenir un stock et des équipements sanitaires de précautions, tout en espérant qu’ils ne serviront jamais. Le grand public a découvert que nous sommes à la merci d’un pays, la Chine, pour nous fournir en équipements de protections et en médicaments, cette dépendance est une menace. Certaines industries doivent être relocalisées et sanctuarisées en France, pour assurer notre souveraineté. Enfin, il faudrait aussi augmenter significativement le budget de la Santé et de la Recherche. Il faut que nos hôpitaux deviennent beaucoup plus attractifs, en équipements et en salaires, pour attirer et garder des soignants, des chercheurs, qui auront ainsi les moyens de redonner une offre de soins digne aux patients. Compter sur leur vocation et leur dévouement ne suffit pas et c’est leur faire injure. Il faudra financer cela sans toucher à notre modèle de gratuité des soins importants, auquel nous sommes tous attachés, en faisant des économies judicieuses dans d’autres domaines, et ils sont nombreux.

Comment voyez-vous le monde de demain : des grands changements seront-ils obligatoires, ou alors n’y croyez-vous pas ?
Mon métier me place aux premières loges du commerce international, ces échanges mondiaux sont à la fois passionnants et nécessaires. C’est une vérité qui dérange, mais on oublie que la mondialisation a sorti 1,2 milliard d’êtres humains de l’extrême pauvreté ces trente dernières années. Il faut être attentif aux tentations de protectionnisme et de replis sur soi, l’histoire nous a montré que cela mène systématiquement à des tragédies. Je pense que le monde d’après sera celui d’avant, à ceci près que la prédominance du numérique va encore s’accentuer. À mon niveau je vais changer mon comportement. Je doute par exemple que je voyagerais autant qu’avant pour les affaires, je privilégierais des contacts plus rapprochés mais sous forme de visioconférence, que j’ai découvert pendant cette crise. Je crois dans la somme de ces modestes changements individuels, qui pourraient éventuellement amener à une adaptation dans certains secteurs, mais je ne crois pas du tout dans le : « rien ne sera plus comme avant. »
Propos recueillis par Bruno ANGELICA

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