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Covid-19 : Mondes économique et politique unis devant le tribunal de commerce dans "la révolte marseillaise"

samedi 26 septembre 2020

C’est aux cris de « Laissez-nous travailler » que plusieurs centaines de cafetiers, restaurateurs, hôteliers, professionnels de l’événementiel -auxquels s’étaient joints des politiques, au premier rang desquels le président de la région Sud, Renaud Muselier et la présidente du Département des Bouches-du-Rhône et de la métropole Aix-Marseille-Provence, Martine Vassal ainsi que de nombreux maires du département-ont manifesté devant le Tribunal de Commerce de Marseille.

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Représentants des mondes politique, économique, syndicats de la filière étaient réunis devant le tribunal de commerce (Photo Mireille Bianciotto)
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Bernard Marty, le président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie des Bouches-du-Rhône (Photo Mireille Bianciotto)
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Plusieurs centaines de personnes étaient rassemblées devant le Tribunal de commerce de Marseille (Photo Mireille Bianciotto)
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(Photo Mireille Bianciotto)

Renaud Muselier devait avancer : « Comme je m’y étais engagé, je me tiens ce matin, devant le tribunal de commerce de Marseille, aux côtés des restaurateurs, des cafetiers et de tous ceux qui, dans la région, ne comprennent pas les mesures. Dès que l’arrêté sera publié, nous déposerons un recours ». Bernard Marty, le président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie des Bouches-du-Rhône met en avant le front uni marseillais contre les restrictions : « C’est cela la révolte marseillaise ». Il insiste sur la gravité de la situation : « Ce n’est pas pour rien que nous avons choisi de nous réunir devant le Tribunal de commerce, c’est pour signifier à quel point nous pouvons être proche du dépôt de bilan ». Un collectif de 15 restaurateurs ciotadens annoncent avoir fait le choix de la désobéissance : « Nous resterons ouverts et nous appelons les clients à nous soutenir en continuant à venir chez nous ». Dans le même sens, Samia Ghali, adjointe à la maire de Marseille, assure qu’elle va demander « à ce que la police municipale ne fasse pas de contrôles » chez les restaurateurs qui seront ouverts ce week-end.
Jean-Luc Chauvin, le président de la CCIAMP affiche son incompréhension : « Nous avons joué le jeu, respecté les règles, on nous a dit que tous les quinze jours il y aurait une concertation, nous avons accepté et le ministre de la Santé change les règles.... Comment pourrait-il en aller autrement, cela pose un problème de confiance, on ne change pas les règles comme cela. Nous demandons donc un délai pour voir où en est l’épidémie, voir si la baisse se confirme ou bien s’il faut préparer de nouvelles mesures ». Concernant les possibles aides de l’État la réponse de Jean-Luc Chauvin fuse : « Nous ne voulons pas d’un reconfinement, nous ne voulons pas d’aides, nous voulons travailler. Et que l’argent aille à la santé pour avoir, comme en Allemagne, plus de lits et plus de respirateurs. Dans le même temps bien sûr nous voulons la santé. Nous appelons d’ailleurs, une nouvelle fois, l’ensemble de la population à se protéger et protéger les autres, à respecter les gestes barrières ». Pour lui : « le ministre de la Santé a sans doute était mal informé de la réalité de la situation sur le terrain. Il n’y a pas de honte à se tromper mais il doit maintenant avoir le courage de le reconnaître. C’est une question de crédibilité pour l’État qui doit respecter les règles du jeu qu’il fixe, sinon à quoi sert le discours de la méthode qu’a prononcé voilà peu le Premier ministre ? ». Monique Cassar, présidente de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat 13 ne peut que constater : « Artisans, commerçants, nous sommes tous dans une situation de précarité et nous n’avons aucune visibilité sur l’avenir. Nous ne cessons de voir des événements s’annuler, là, nous sommes devant une menace de fermeture. Mais il faut comprendre que c’est l’ensemble du monde économique, à partir des agriculteurs, qui est touché. Ce n’est pas possible, pas admissible ».

« J’ose espérer que l’on ne nous fait pas payer le résultat d’un certain match de foot »

Franck Bergamini, le secrétaire de l’UD FO 13 est présent à la tête d’une délégation à la manifestation : « Nous sommes là pour soutenir l’économie car derrière les restaurants, les cafés, les hôtels il y a des salariés. Cela fait donc partie de nos points de convergence avec le monde patronal que de soutenir l’économie lorsqu’elle est menacée. D’autant que nous sommes là face à une décision incompréhensible, prise en dehors de toute concertation. J’ose espérer que l’on ne nous fait pas payer le résultat d’un certain match de foot ».


André Bendano, président de U2P région : « Il faut être sur le terrain pour ressentir la souffrance des petites entreprises ». « Trop de chose sont faites rapidement. Il faut s’asseoir tous ensemble autour d’une table et réfléchir sur l’avenir... ».

Pour Cédric Angelone, co-fondateur de SAE (Syndicat des Activités Événementielles) : « Les mesures sont totalement injustifiées. On nous empêche de travailler alors que les réponses sanitaires existent. On doit nous contrôler, pas nous empêcher de travailler ».

Corinne Innesti, la présidente de la CPME13 considère : « C’est toute l’économie qui est impactée par les mesures annoncées par le ministre de la Santé : l’agro-alimentaire, les livraisons... Et sans restaurants ou cafés, les centres-villes seront moins attractifs et c’est l’ensemble des commerces qui seront impactés ». Corinne Innesti pose également la question des aides « largement insuffisantes » et des assurances...

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Laurent Lhardit (Photo Mireille Bianciotto)

Laurent Lhardit, adjoint à la maire de marseille en charge de l’Économie et de l’emploi dénonce : « Des mesures autoritaires et non-concertées d’une part, un flou artistique anxiogène sur les nécessaires mesures de soutien pour l’ensemble de l’économie de la métropole marseillaise d’autre part. Le gouvernement ne gère pas cette crise, il l’amplifie ». Il ajoute : « Je suis présent à ce rassemblement pour apporter mon soutien à l’ensemble de l’économie qui s’apprête à souffrir si les mesures annoncées sont confirmées. Nous avons d’ailleurs demandé un délai de dix jours au gouvernement pour voir si la baisse du nombre de cas de Covid-19 se confirme. Nous souhaitons retrouver un semblant de discussion avec l’État, ce qui était le cas avant les annonces d’Olivier Véran. Nous souhaitons également que les règles ne changent pas du jour au lendemain car alors à quoi bon discuter ? »

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Le Chef René Bergès (Photo Mireille Bianciotto)

Le chef René Bergès ne décolère pas : « Dans mon village, Beaurecueil, il n’y a pas un cas de contamination et il n’y en a pas plus dans les villages environnants et on veut nous faire fermer alors que nous respectons toutes les règles. Des règles qui ne sont pas toujours respectées dehors sans que l’on ne voit un seul policier ». Pour René Bergès : « Si rien n’est fait nous serons bientôt dans la misère ».

Michel CAIRE (rédaction) et Mireille BIANCIOTTO (sons)

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