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Développement durable : la région Sud entend donner de l’énergie à l’hydrogène

jeudi 16 mai 2019

Dans le cadre de la volonté affichée de faire de Provence-Alpes-Côte d’Azur « une région exemplaire en matière d’environnement, avec une COP d’avance », son président, Renaud Muselier a mis en place un "Plan Climat" articulé autour de cinq axes avec des objectifs ambitieux : réduire de 25% les émissions de gaz à effet de serre issus des transports, une neutralité carbone à l’horizon 2050, des investissements massifs dans les énergies renouvelables, une politique de croissance verte permettant de créer des emplois durables et non délocalisables, le développement des filières. Ainsi après une action en faveur de la structuration de la filière de l’éolien flottant et la constitution d’un front commun avec les régions Occitanie, Bretagne et Pays de la Loire pour un développement de ce mode d’énergie, Renaud Muselier vient de réunir à l’Hôtel de Région les acteurs de la filière hydrogène en présence de Maud Fontenoy, vice-présidente en charge du développement durable, de l’énergie et de la mer et Philippe Tabarot, vice-président en charge des transports. L’occasion d’échanger sur l’avenir de ce secteur économique inscrit dans le cadre de l’Opération d’Intérêt Régional « Énergies de demain », sur les grands projets soutenus et accompagnés par la Région Sud, et sur les différentes actions en faveur du développement de l’hydrogène sur le territoire.

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Les acteurs de la filière de l’hydrogène étaient réunis à l’hotel de région à Marseille (Photo Robert Poulain)
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Renaud Muselier, Maud Fontenoy et Philippe Tabarot ont rencontré les acteurs de la filière de l’hydrogène (Photo Robert Poulain)

« L’hydrogène un acteur du futur mix énergétique »

« Nous sommes tous ici convaincus que l’hydrogène est un acteur du futur mix énergétique. Et notre Région dispose d’un tissu économique et industriel fort qui lui permettrait d’avoir une longueur d’avance par rapport aux autres régions », assure Renaud Muselier qui précise : « Nous comptons plus de 100 acteurs directement impliqués sur le thème de l’hydrogène implantés en Région. Le Grand Port Maritime de Marseille (GPMM) est lui aussi une force incroyable pour accélérer cette filière de manière industrielle, notamment grâce à la zone de Fos-sur-Mer qui dispose de plus de 7 000 tonnes d’hydrogène fatal [1]. » Considère dans ce cadre qu’il faut « capitaliser sur ce tissu industriel déjà existant ». Revient sur les actions de la Région en faveur du développement de l’hydrogène : 3,7M€ d’aides régionales en faveur de Jupiter 1000 qui a pour objet la production d’hydrogène à partir du surplus d’électricité sur la plateforme de démonstrateurs technologiques Innovex, logée au sein de l’association Piicto, sur le site du Grand Port Maritime de Marseille à Fos-sur-Mer ; 200 000 € par an pour l’animation de la filière ; 400 000 € de soutien à l’ingénierie des projets Hygreen (construction, pour l’agglomération Durance Luberon Verdon, d’un parc solaire de 1 500 hectares permettant de soutenir le réseau électrique public et de produire de l’hydrogène vert qui pourrait couvrir le besoin de carburant de 1400 bus) et Hynovar (déploiement d’une navette maritime, de flottes de camionnettes et des bus de Toulon Provence Métropole associés à deux stations hydrogène, l’une sur le port du Brégaillon et l’autre à proximité du Circuit du Castellet) ; 200 000€ en faveur de Hygreen (déploiement de vélos hydrogène)... Philippe Boucly, le président de l’Association française pour l’hydrogène et les piles à combustibles (Afhypac), parle d’une filière dynamique. Pour lui : « L’heure est venue de passer à une échelle supérieure afin de réduire les coûts. Il faut monter des projets d’ampleur, donner confiance aux investisseurs, mettre en place des consortiums ». Gaëlle Rebec, la présidente de l’Ademe Provence-Alpes-Côte d’Azur rappelle que l’État a missionné l’Agence sur le plan hydrogène : « Nous sommes là pour accompagner la montée en puissance des énergies renouvelables en nous demandant toujours à quel coût, quel prix, afin de savoir si nous sommes sur une production vertueuse ». Et de plaider : « Nous ne devons pas avoir une vision en silo car cette énergie est à la croisée de toutes les autres ».

« De l’hydrogène au prix du gaz et du pétrole d’ici 2020 »

Paul Lucchese, Cap Energie, note : « Nous disposons dans cette Région de trois spécificités ; un fort taux d’ensoleillement, une base industrielle à Fos et des infrastructures de transport mais, toutes les applications ne sont sont pas encore développées. L’Espagne et l’Italie travaillent sur des "Important Projects of Common European Interest" (IPCEI) en matière d’hydrogène. Il serait dommage que cela se fasse sans nous ». Philippe Tabarot signale que la région conduit de nombreuses actions en matière de transport décarboné et, annonce-t-il : « Nous avons dans les semaines à venir une réunion à Bruxelles sur l’hydrogène. Par ailleurs, nous réalisons des études avec l’État sur le fonctionnement à l’hydrogène la ligne Marseille-Aix-en-Provence et celle des Pignes, les résultats seront rendus en juin. » Pour Thierry Lepercq, président de Solairestream et auteur de "Hydrogène, le nouveau pétrole" (Éd. Cherche Midi), une révolution est en marche et, pour lui, cela devrait aller très vite : « d’ici 2020, nous pourrons produire de l’hydrogène au prix du gaz et du pétrole. Le Roi du Maroc a déjà décidé de faire de son pays une superpuissance de l’hydrogène, le Chili a les mêmes ambitions ». Il met en exergue que tous les leaders mondiaux de cette filière sont européens : Norvégien, Italien, Allemand et Français. Invite la Région a les accueillir sur son territoire afin d’y construire la filière dans son ensemble, de la production à l’acheminement. Thierry Lepercq avance également que le Président de la République veut faire de l’hydrogène un élément majeur dans la lutte contre le réchauffement climatique. En conclusion, Renaud Muselier insistera : « Une dynamique existe, nous avons dans la région un vrai potentiel, nous ne pouvons pas passer à côté de cela, en tant que politiques nous nous devons de fédérer cette filière, de favoriser son développement ».

Michel CAIRE


[1Énergie fatale. Dans le domaine de la maîtrise de l’énergie l’expression « énergie fatale » désigne la quantité d’énergie inéluctablement présente ou piégée dans certains processus ou produits, qui parfois - au moins pour partie - peut être récupérée et/ou valorisée.

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