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Dîner du Crif Marseille-Provence : vers un renforcement de l’arsenal juridique afin de prévenir et de réprimer les actes terroristes annonce Bernard Cazeneuve

vendredi 27 juin 2014

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Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve (Photo Philippe Maillé)
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Michel Teboul, la présidente du Crif Marseille-Provence entourée du ministre et de Caroline Pozmentier, adjointe à la sécurité de Marseille (Photo Philippe Maillé)
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Michel Teboul entourée de Jean-Noël Guérini, président du Conseil général des Bouches-du-Rhône et Dominique Tian, 1er adjoint, représentant le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin (Photo Philippe Maillé)
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Michel Vauzelle, président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur aux cotés du ministre (Photo Philippe Maillé)
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Mgr Pontier, archevêque de Marseille et le préfet de région Michel Cadot (Photo Philippe Maillé)
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Alain chouraqui, président de la Fondation "Mémorial du Camp des Milles", a reçu la médaille du CRIF des mains de Gérard Bismuth (Photo Philippe Maillé)

« Aujourd’hui des lâches s’efforcent de manipuler des faibles au nom d’un message religieux dévoyé pour leur faire commettre des actes criminels. Il nous faut donc étouffer ces discours et lutter le plus en amont possible contre les entreprises de radicalisation, sur internet comme dans les prisons », lance Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur, l’invité d’honneur du dîner annuel du Crif Marseille-Provence. Une cérémonie lors de laquelle Alain Chouraqui, le président de la Fondation du Camp des Milles, s’est vu remettre la médaille du Crif. On notait également la présence à cette manifestation de Latifa Ibn Ziaten, la mère d’une des victimes de Mohamed Merah à Toulouse qui, suite à cette tragédie, a fondé l’association Imad pour la jeunesse et la paix.
Le ministre d’avancer : « Je présenterai, très bientôt, au Conseil des Ministres un projet de loi de lutte contre le terrorisme . À travers ce texte, le gouvernement entend renforcer l’arsenal juridique lui permettant de prévenir et de réprimer les actes terroristes, en l’adaptant aux évolutions de la menace. Ainsi, la création d’une interdiction de sortie du territoire vise à faire obstacle au départ de jeunes Français vers des théâtres étrangers pour y poursuivre une démarche terroriste au terme de laquelle ils représenteraient, à leur retour, une menace pour la sécurité nationale. Nous devons aussi renforcer nos moyens d’enquête et de répression contre la diffusion de messages faisant l’apologie et la provocation au terrorisme, en particulier sur Internet. Il s’agit également de compléter la palette de nos incriminations pénales de façon à pouvoir poursuivre et faire condamner la préparation d’actes terroristes par un individu même en l’absence de constitution d’une association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste ».
En tant que ministre de l’Intérieur, poursuit-il, « j’ai la responsabilité d’assurer la sécurité de tous les Français. Je veux donc vous dire que je connais et que je comprends l’inquiétude légitime qui saisit aujourd’hui les Juifs de France. Je la partage, car je constate comme vous, depuis déjà de trop nombreuses années, une montée intolérable de l’antisémitisme, que l’on croyait banni des consciences et des discours ».

« Un homme qui tue un autre homme en raison de son identité n’est pas un combattant »

Puis, d’indiquer : « Je veux donc vous dire à nouveau, comme je l’ai fait à Créteil et à Bruxelles voici quelques semaines, que nous n’accepterons jamais que des Juifs français vivent en craignant pour leurs vies ou celles de leurs proches. Un homme qui tue un autre homme en raison de son identité n’est pas un combattant. Il n’est pas seulement l’ennemi de la communauté qu’il poursuit de sa haine ; il est un ennemi de la Nation et du genre humain. Comme l’a dit le Président de la République, "La sécurité des Juifs de France n’est pas l’affaire des Juifs, c’est celle de tous les Français, et j’entends qu’elle soit garantie en toutes circonstances et en tous lieux"  ».
Il déclare : « J’ai personnellement signé une circulaire enjoignant à tous les préfets d’assurer la surveillance statique de chaque école et de chaque synagogue de France pendant les fêtes, y compris bien entendu ici, à Marseille. Mais je tiens à vous assurer plus largement de notre fermeté absolue dans le combat que nous livrerons contre ces menaces. Aucun acte antisémite, les petites phrases mortifères pas plus que les grands gestes assassins, ne doit rester impuni. Leurs auteurs doivent savoir qu’ils seront inlassablement traqués, retrouvés et punis ».

« Je veux saluer la présence parmi nous ce soir de Madame Latifa Ibn Ziaten, la mère de Imad Ibn Ziaten »

Puis de rappeler : « Les malheureuses victimes de ces violences, bien qu’elles ciblent de façon évidente la communauté juive, sont de toutes confessions. Je veux saluer la présence parmi nous ce soir de Madame Latifa Ibn Ziaten, la mère de Imad Ibn Ziaten, militaire français frappé à mort par Mohamed Merah à Montauban. Je lui exprime mes sentiments de profonde compassion et d’admiration pour l’action qu’elle mène, en mémoire de son fils ».
Il n’omet pas de souligner : « Au-delà du renforcement indispensable de notre arsenal répressif, l’éducation, sous toutes ses formes, est le seul remède durablement efficace pour lutter contre la haine et les préjugés qui sont à la source de ces violences. Nous devons collectivement faire en sorte que les valeurs de la République triomphent du discours des fanatiques, afin que chaque Français puisse vivre dans la sérénité à laquelle il a droit et pratiquer son culte librement ».
Et se félicite d’être présent : « pour vous voir remettre la médaille du CRIF à M. Alain Chouraqui, Président de la Fondation du Camps des Milles, qui contribue activement à faire vivre la mémoire ».

« Il faut donc que les communautés se parlent, en confiance, et désamorcent le risque d’une stigmatisation réciproque faisant le jeu du terrorisme »

Il conclut son intervention, en observant : « Il est essentiel que chacun comprenne que la lutte contre la violence radicale n’a rien à voir avec l’Islam et que les Musulmans de France n’éprouvent que de l’horreur face aux crimes qui peuvent être commis en son nom. Il faut donc que les communautés se parlent, en confiance, et désamorcent le risque d’une stigmatisation réciproque faisant le jeu du terrorisme. La création de « Marseille Espérance » a constitué à cet égard une initiative utile et courageuse, dont pourraient s’inspirer d’autres villes de France. L’appel que vous avez lancé le 16 juin, auquel se sont associés les représentants des nombreuses communautés de Marseille, résulte également de cette ambition. Et je veux donc vous féliciter du fond du cœur pour votre engagement et pour votre humanité ».

Au préalable Michèle Teboul, la présidente du Crif Marseille-Provence avait exprimé son inquiétude après la victoire du FN dans les 13/14 « dans cet important secteur de la ville se trouvent de nombreux établissements scolaires et lieux de culte juif ».
Quant aux élections européennes «  le résultat est tristement connu. Et notre région n’a pas dérogé à la tendance nationale en plaçant en tête Jean-Marie Le Pen. Et celui-ci, fidèle à lui-même, multiplie les déclarations scandaleuses, de l’évocation du virus Ebola à l’image ignominieuse de fournée ».

« Je suis pour l’existence de deux États vivant côte à côte en paix avec des frontières sûres et reconnues »

Et de considérer que ce parti « ne nous fera jamais croire qu’il servira un jour la démocratie en adoptant les valeurs humanistes qui nous sont chères, la progression des actes antisémites en France et en Europe ».
Et de s’exclamer : « Je ressens comme Française l’injure qui est faite aux juifs que nous sommes aussi. L’injure d’être la cible permanente des chercheurs de gloire, infâmes militants d’une idéologie rance et criminelle. L’injure de ne pouvoir vivre en citoyen libre et de devoir faire l’objet d’une protection au quotidien combien nécessaire face à la menace terroriste ciblée ».
Michèle Teboul d’annoncer avec force : « Je suis pour l’existence de deux États vivant côte à côte en paix avec des frontières sûres et reconnues, un État pour le peuple juif et un État pour le peuple palestinien. Et si aimer les juifs vivants et debout, si aimer Israël autant que la France c’est être sioniste, je le suis, je l’assume ».
C’est à Gérard Bismuth qu’il revient de présenter le long combat d’Alain Chouraqui, pour préserver le site du camp des Milles, faire en sorte qu’il devienne le Mémorial que l’on connaît aujourd’hui, célèbre sa force de caractère, avouant que lui-même n’avait pas toujours cru à ce projet.
Alain Chouraqui précise immédiatement : « Cette médaille je dois la partager avec ceux qui dès le début de ce combat était avec moi. Je pense en particulier aux anciens résistants et déportés et notamment à Denise Toros-Marter, à mon père, au colonel Louis Monguillan. Et puis il y a l’équipe du Mémorial qui a pris les choses en main et remplit des missions de plus en plus nombreuses ».
Il revient sur l’objet du site-mémorial : « Il s’agit de voir la mémoire comme un outil pour le présent, pour éclairer les consciences. Car, entre ce que nos parents, nos grand-parents ont vécu et aujourd’hui il n’existe qu’une différence : nous, nous savons ce qui s’est passé. Nous savons que l’impensable est possible. Il faut donc faire parler la mémoire, montrer que des engrenages se mettent en place dans notre société ».
Il en vient au FN : « Être élu ne suffit pas à conférer une légitimité démocratique. La démocratie c’est des valeurs, sinon Hitler et Staline auraient été des démocrates ».
Ajoutant immédiatement : « Attention, les engrenages sont résistibles. Et ils le sont encore plus à leur commencement, c’est à dire là où nous sommes ». Mais de mettre en garde : « Le racisme et l’antisémitisme nourrissent l’irrationnel et si la violence vient s’y ajouter alors personne ne pourra plus rien maîtriser ». « Bien sûr, ajoute-t-il, la résistance a déjà commencé au niveau des institutions comme le ministre l’a dit avec force. Mais il faut aussi résister dans la société et il faut le faire avec fermeté mais aussi de façon apaisée car autrement on ne fera que nourrir l’engrenage de l’irrationnel  ». Et de conclure : « La volonté doit rester optimiste quelque soit le pessimisme de l’intelligence ».

Michel CAIRE

« Je voudrais sauver ceux qui sont à l’origine de ma souffrance ». Latifa Ibn Ziaten

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Latifa Ibn Ziaten, présidente-fondatrice de l’association "Imad Ibn Ziaten pour la Jeunesse et la Paix" saluée par le ministre de l’Intérieur (Photo Philippe Maillé)

Fondée le 20 avril 2012, l’association "Imad Ibn Ziaten pour la Jeunesse et la Paix" porte le nom du Maréchal des Logis-Chef Imad Ibn Ziaten qui, à trente ans, a été assassiné le 11 mars 2012 par Mohamed Merah à Toulouse.
Le terroriste a tué Imad et deux autres soldats, le Caporal Abel Chennouf et le Caporal Mohamed Legouad. Il savait qu’ils étaient militaires et les a tués pour cela, les considérant comme ennemis parce qu’il avait pris le parti des Talibans d’Afghanistan.
Ensuite, il a abattu quatre civils de confession juive devant l’école Ozar haTorah de Toulouse, un rabbin et trois jeunes enfants.
« C’est à la démocratie, au vivre ensemble et à la République, que s’est attaqué Mohamed Merah, jusqu’à la mort », indique la maman d’Imad,présidente-fondatrice de l’association
Pour qu’Imad vive éternellement dans nos mémoires, et parce que le souvenir de toutes les autres victimes civiles et militaires nous impose ce mot d’ordre, prononcé par la maman d’Imad : « Plus jamais Merah ! », les membres de l’Association Imad Ibn Ziaten pour la Jeunesse et la Paix se sont donnés pour objectif d’intervenir auprès des enfants et des jeunes adultes, des élèves des écoles dans tous les milieux sociaux et auprès des détenus en milieu carcéral, afin de :
- Œuvrer à la mise en place d’un authentique dialogue interreligieux,
- Prévenir les dérives sectaires et extrémistes, notamment dans certains quartiers où l’extrémisme, est à l’œuvre depuis plusieurs années, et où la délinquance ne connaît plus de limites,
- Mettre sur pied une structure éducative laïque et républicaine, appuyée par une cellule d’écoute religieuse multiconfessionnelle, chargée d’intervenir en milieu carcéral ainsi que dans les écoles, particulièrement celles des quartiers où la jeunesse se voit en proie au désarroi et subit le règne du non-droit,
- Promouvoir la laïcité et affirmer haut et fort qu’elle ne signifie pas le rejet de la religion, mais au contraire, le droit de vivre sa foi, tout en ayant l’obligation de respecter celle des autres ainsi que les lois de la République,
- Créer un cadre public et officiel pour favoriser la discussion et les rencontres entre les acteurs de la vie citoyenne et les forces vives du pays, parmi lesquels les chefs d’entreprise, avocats, juges, policiers, enseignants, médecins, dignitaires religieux, la liste n’étant pas exhaustive.
Association Imad Ibn Ziaten

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