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Dîner du Crif Marseille-Provence : Bernard Cazeneuve réaffirme son ambition de lutter contre l’antisémitisme

jeudi 7 juillet 2016

Le Dîner du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (Crif) Marseille-Provence qui s’est tenu ce lundi 4 juillet était empli de gravité, dans le contexte d’une montée de l’antisémitisme et du racisme. L’invité d’honneur était le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve qui a remis les insignes de Chevalier dans l’ordre national du Mérite à la présidente du Crif, qui, arrivé au terme de ses deux mandats, voit Bruno Benjamin lui succéder.

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L’invité d’honneur du dîner du CRIF était le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve (Photo CRIF-Maurice Cohen)
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Ludovic Perney, LR, conseiller régional Paca, Caroline Pozmentier, vice-présidente de la Région, représentant le président Christian Estrosi, Francis Kalifat, le nouveau président du Crif National, Bernard Cazeneuve, Michèle Teboul, ex présidente du Crif Marseille-Provence, Stéphane Bouillon, préfet de Région, Bruno Benjamin, nouveau président du Crif Marseille-Provence et Me Isidore Aragones ancien président du Crif (Photo Crif - Maurice Cohen)
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Martine Vassal, présidente du Conseil départemental 13, Dominique Tian, 1er adjoint au maire de Marseille, Caroline Pozmentier, vice-présidente de la région ont remis la Médaille de la Paix 2016 à trois joueurs de football marseillais multiconfessionnels Eliav, Roupen et Lokmen, qui ont participé au voyage en Israël dans le cadre de "Footez Nous la Paix" (Photo CRIF- Maurice Cohen)

« L’Unesco a enlevé le lien ancestral des juifs avec Jérusalem »

Michèle Teboul débute son intervention par un hommage à Elie Wiesel « mémoire du peuple juif, conscience de l’humanité » porté par une minute de silence suivie d’une autre d’applaudissements. Elle s’adresse alors à Bernard Cazeneuve, lui précisant : « Nous allons vous parler comme à un frère qui a toujours été présent auprès de la communauté juive ». Elle revient sur ses deux mandats « marqués par la sensation troublante de devoir mener une bataille sur les mots. Et il en ait qui trouve toujours les mots pour faire couler le sang et le sang a coulé ». « Nous nous sommes longtemps sentis un peu seuls  », considère-t-elle avant de lancer : « Je ne suis pas chrétienne d’Orient, pas Yézidi, pas migrante, Je suis juive et Française et pour tout ce que je suis mon indignation est entière partout où des horreurs se produisent : que ce soit à Paris, Bruxelles, Orlando, Tel Aviv...  ». S’élève à ce propos sur le fait que le traitement n’ait pas été le même dans ce dernier cas. Regrettant ainsi que les victimes « ne soient pas égales ». Puis, rappelle le vote anti-israélien de la France à l’Unesco : « L’Unesco a enlevé le lien ancestral des juifs avec Jérusalem ». « Nous attendons le nouveau vote français en octobre », prévient-elle.
Enfin, la Présidente du Crif lance : « Aimer la France, ce n’est pas refuser l’étranger. Quelle démocratie peut croire à son avenir si les Juifs de France n’ont la possibilité que de se rendre invisibles ou de partir ? ». « Nous traversons les épreuves, nous relèverons les défis », conclut-elle

« Quel avenir pour les juifs de France, si porter une kippa les désigne comme cible ? »

Francis Kalifat, le nouveau président du Crif National évoque à son tour « la violence des mots » qui se transforme en « violence des actes ». Il rend hommage à toutes les victimes assassinés du seul fait qu’elle étaient juives et, en premier lieu à Ilan Halimi. Dénonce le fanatisme radical, rend hommage à une femme extraordinaire, Latifa Ibn Ziaten. Rappelons que celle-ci a eu la force de fonder, le 20 avril 2012 , l’Association Imad Ibn Ziaten pour la Jeunesse et la Paix porte le nom du Maréchal des Logis-Chef Imad Ibn Ziaten qui, à trente ans, a été assassiné le 11 mars 2012 par Mohamed Merah à Toulouse.Le terroriste a tué Imad et deux autres soldats, le Caporal Abel Chennouf et le Caporal Mohamed Legouad. Il savait qu’ils étaient militaires et les a tués pour cela, les considérant comme ennemis parce qu’il avait pris le parti des Talibans d’Afghanistan. Ensuite, il a abattu quatre civils de confession juive devant l’école Ozar haTorah de Toulouse, un rabbin et trois jeunes enfants.
Puis Francis Kalifat dénonce : « Le déferlement de haine anti-juive sur internet  ». Et de questionner : « Quel avenir pour les juifs de France, si porter une kippa les désigne comme cible ? ». Bernard Cazeneuve rappelle « ses racines personnelles à Oran » qui ont conduit ses parents à vivre avec « leurs frères musulmans et juifs » ». Il rend à son tour hommage à Elie Wiesel : « Ce militant des droits de l’Homme qui n’a eu de cesse de lutter contre l’oubli. Il compte parmi les survivants des camps et a réussi à mettre des mots sur la Shoah, à rendre compte de l’univers des camps où, selon ses propres mots, c’était humain d’être devenu inhumain ». Il insiste sur l’importance de ce travail de mémoire « pour que son histoire ne devienne pas l’avenir des enfants ». Et de rendre à ce propos hommage au travail accompli par la Fondation du Camp des Milles. Il annonce à ce propos la mise en place d’un partenariat entre le Site-mémorial et les écoles de polices et les personnels des préfectures confrontés au racisme et à l’antisémitisme. Et il ne cache pas l’émotion, qui a été la sienne, lorsqu’il a visité la Maison des enfants d’Izieu : « Des enfants qui ne demandaient qu’à vivre sont morts seulement parce qu’ils étaient Juifs ».

« Crier mort aux juifs n’est pas une liberté, c’est un délit »

D’afficher sa volonté « de lutter inlassablement contre l’antisémitisme qui est une abjection ». S’interroge à propos de la tentative d’assassinat, à Marseille, d’un enseignant juif par un adolescent de 15 ans : « Comment est-il possible à 15 ans de n’avoir d’autre projet que de tuer quelqu’un parce qu’il est Juif ?  ». Il dénonce le lâche assassinat du couple de policiers tué à son domicile dans les Yvelines, devant leur enfant de 3 ans. Il en profite pour rendre hommage au travail accompli par les policiers, gendarmes, militaires « qui agissent en étant fiers de porter l’uniforme, qui acceptent d’exposer leur vie pour protéger leurs concitoyens ». Et de rappeler : « Crier mort aux juifs n’est pas une liberté, c’est un délit ». Symbole d’espoir, la soirée a été l’occasion pour les représentants de la Ville, du Département et la Région de remettre « la « Médaille de la Paix » 2016 à trois joueurs de football marseillais multiconfessionnels Eliav, Roupen et Lokmen, qui ont participé au voyage en Israël dans le cadre de "Footez Nous la Paix" », un tournoi qui a eu lieu à Haïfa et dans le village arabe d’Abu Gosh.
Michel CAIRE

Le dîner s’est tenu en présence du Préfet de la Région Provence-Alpes- Côte d’Azur, Stéphane Bouillon, préfet de police Laurent Nuñez, de Martine Vassal, présidente du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, Caroline Pozmentier-Sportich vice-présidente de la Région représentant le président de Provence-Alpes-Côte d’Azur Christian Estrosi, Dominique Tian, 1er adjoint représentant le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, du Président du Crif Francis Kalifat, du nouveau Président du Crif Marseille-Provence élu le dimanche 3 juin, Bruno Benjamin, qui prendra ses fonctions le 21 juillet prochain, Zvi Ammar, le Président du Consistoire Israélite de Marseille, de Latifa Ibn Ziaten, présidente de l’association IMAD, pour la jeunesse et la Paix, de Fatima Orsatelli, vice-présidente du Conseil régional du culte musulman (CRCM) Paca, de Mgr Pontier archevêque de Marseille, président de la Conférence des évêques de France et de la Consule générale d’Israël à Marseille Anita Mazor.

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