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ECOLOGIE INDUSTRIELLE

dimanche 31 mars 2013

Plus carrée qu’il n’y paraît

L’Agglo du pays d’Aubagne et de l’Etoile impulse pendant deux ans un projet d’économie circulaire auprès de 32 entreprises volontaires sur le territoire, avec l’appui financier de la Région PACA. Objectif zéro déchet, grâce à une valorisation optimale de ces derniers.

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Trente-deux entreprises du pays d’Aubagne et de l’Etoile participent à un projet visant à valoriser leurs déchets de façon optimale. (Photos Carole SIGNES)
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Dans ce panel, on retrouve des TPE mais aussi de plus grandes entreprises à l’instar d’Auchan Aubagne.

Elle n’est pas fermée sur elle-même et ne tourne pas en rond, cette économie-là. Bien qu’on la qualifie de circulaire… Qu’est-ce donc ? En quelques mots, un nouveau modèle de croissance où l’on ne produirait plus aucun déchet, ceux des uns devenant la matière première des autres. De quoi obtenir des produits conçus en anticipant leur recyclage, des ordures intégralement valorisées… et aboutir à un prélèvement minime des matières premières. En cela, l’économie circulaire s’oppose donc à la linéaire, celle que nous connaissons depuis toujours, générant un développement proportionnel à l’épuisement de nos ressources. Elle s’inspire d’ailleurs directement de la nature, qui elle aussi, fonctionne sur le même mode, comme l’illustre le cycle de l’eau ou la photosynthèse.
Cette piste nouvelle, c’est celle sur laquelle s’engage l’Agglo du pays d’Aubagne et de l’Etoile. Elle vient en effet de lancer sur le territoire, tout un projet axé sur le développement de ce type d’économie révolutionnaire. Deux ans d’études, de concertation et d’émission de propositions concrètes pour ancrer cette boucle vertueuse au cœur des pratiques des entreprises du cru.
Ce projet a pu voir le jour sur le territoire grâce au partenariat de deux collectivités, en synergie sur les questions environnementales, l’Agglo et le Conseil régional, « qui nous soutient financièrement sur cette action », précise Christelle Deblais, chargée de mission du service développement durable de l’Agglo. « La démarche relative à l’écologie industrielle était inscrite dans le cadre de notre agenda 21. Et pour la Région aussi, elle apparaissait comme une priorité », développe de son côté Carmen Heumann, élue communautaire. L’Agglo met ainsi en œuvre ce projet avec 32 entreprises partenaires, volontaires de la démarche. « Elles sont basées sur les 12 communes du territoire, sur des zones industrielles comme Alpha (ndlr : située sur Saint Mitre), les Paluds ou Napollon, mais pas seulement. Ce sont des structures importantes à l’instar d’Auchan, mais aussi des TPE », détaille Christelle Deblais.

Faire évoluer les textes

Et concrètement ? « Nous sommes entrés aujourd’hui en phase d’étude. Ce jusqu’au mois d’août 2013. » Puis au cours de l’automne, les informations obtenues seront mises en commun. Enfin, de février à décembre 2014, place sera faite à la définition d’actions concrètes. Bien entendu, il y a déjà des pistes de réflexion évidentes, poursuit l’édile. « Par exemple, la bourse aux palettes, que le syndicat professionnel Alpha a mis en place en 2011. Ou encore, les déchets verts, qui pourront être valorisés et exploités dans la filière bois. » Mais il y a encore tout un champ de possibles à explorer. Et l’intérêt, c’est que cette identification de nouveaux déchets potentiellement recyclables pourrait non seulement prodiguer de la matière première aux entreprises déjà basées localement, mais aussi permettre d’envisager la création de nouvelles activités in situ, espère Carmen Heumann. Celles-ci de surcroît « non délocalisables », du fait de l’essence-même de ces circuits, que l’on peut qualifier de courts. C’est donc pleine d’espoir que l’élue locale se tourne vers cette nouvelle alternative, pile dans la veine du développement durable : elle permet de concilier les intérêts de l’écologie, de l’économie et du social…
Du reste, elle a de beaux jours devant elle : « un Institut de l’économie circulaire vient de voir le jour à Paris. Il réunit les compétences de politiques, de scientifiques, mais aussi de professionnels de la formation, ce pour accompagner le développement de ce nouveau concept. Car il faudra, outre sa promotion, identifier par exemple des nouveaux métiers, et créer les formations adéquates. » Toutefois, la route est longue vers la généralisation de ces pratiques. Notamment sur un plan purement juridique. « Aujourd’hui, on ne peut pas faire n’importe quoi avec les déchets. Certains ne sont pas valorisables au regard de la législation, la loi demeure très figée en la matière, appuie Carmen Heumann. L’interpellation de l’Etat sera donc indispensable pour faire évoluer les textes », et permettre à l’économie circulaire de s’épanouir pleinement dans un cadre légal.

Carole SIGNES

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