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Élégance, sensualité et émotion pour "La Veuve Joyeuse" à l’Odéon de Marseille

samedi 1er avril 2017

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La totalité de la distribution réunie sur la scène pour le salut final endiablé… « femmes, femmes, femmes…" Et les cœurs battent. (Photo Christian Dresse)

L’Odéon qui affiche complet pour « La Veuve Joyeuse », un poisson d’avril ? Que nenni ! C’était en cet après-midi du premier jour du mois, samedi pluvieux et frisquet à l’extérieur (en avril ne te découvre pas d’un fil, c’est bien connu) mais bouillant à l’intérieur d’une salle qui peut accueillir un millier de spectateurs. Car ceux qui ont effectué le déplacement ont assisté à un spectacle chaud, très chaud, même. Il faut dire que le metteur en scène, Olivier Lepelletier, connaît bien le sujet et que son poste de régisseur général du Moulin Rouge à Paris, depuis 17 ans, lui procure quelque avantage à mettre en scène trois actes en forme de fêtes dont le dernier se déroule chez Maxim’s. Le même Olivier Lepelletier qui, entre autres, a fait ses armes de metteur en scène auprès de Robert Carsen et de Albert-André Lheureux. Dès lors on comprend mieux l’élégance et la précision de sa mise en scène dans un décor unique dessiné par lui-même et réalisé par Loran Martinel, seul le changement du cyclo modifiant la localisation de l’acte. Autre travail minutieux et exceptionnel d’Olivier Lepelletier, celui effectué sur la lumière ; en fait un boulot d’orfèvre qui offre à chaque tableau son ambiance parfaite. Jouant parfaitement sur les rapports entre les protagonistes, n’hésitant pas à introduire de la sensualité dans ces rapports, avec un travail sur les regards et ces petits riens qui démontrent l’amour et la passion jusqu’à offrir de beaux moments d’émotion comme cette première valse dansée par Missia et Danilo, qui a tiré les frissons et fait monter une larme émue aux yeux de certain(e)s.
Par ailleurs, le metteur en scène a parfaitement géré les entrées et les sorties sur un plateau dont on connaît l’étroitesse. Si Olivier Lepelletier affichait un léger trac avant le début de la représentation, son sourire affiché à l’issue était radieux. Nous savourerons à nouveau avec plaisir son travail à l’Odéon ou à l’Opéra… Sur scène, la distribution a manifestement pris beaucoup de plaisir à chanter et jouer l’opérette de Franz Lehar. A commencer par le rôle-titre, celui de la veuve, Missia Palmieri, incarnée par Charlotte Despaux. Elle est belle, la jeune veuve et sa voix de soprano est bien travaillée avec une ligne de chant précise. Seul petit bémol, la compréhension du texte qu’elle chante qui reste parfois difficile ; c’est vraiment dommage car pour le reste elle est irréprochable. Lutinée à qui mieux mieux par Camille de Coutançon, Nadia est incarnée par Caroline Géa au mieux de sa forme vocalement et scéniquement. Elle est espiègle à souhait, on en redemande… En tenancière de Maxim’s, Carole Clin est parfaite et Simone Burles, Praskovia, agressant sexuellement le prince Danilo qui n’en croit pas ses yeux, fait jaillir les larmes de rire de la salle. En parlant de petites femmes, les deux compères Antoine Bonelli et Michel Delfaud (Kromski et Bogdanovitch) tout comme Pritschitsch incarné par Jean-Luc Epitalon, ne sont pas parmi les derniers à les accueillir à bras ouverts sur leurs genoux… Chez les hommes, Régis Mengus, le Prince Danilo, se taille un beau succès à juste titre. Une voix de baryton assurée, puissante, un jeu superbe : que demander de mieux. Beaucoup d’assurance, aussi, chez Olivier Grand qui incarne un Baron Popooff truculent et benêt. En dragueur obstiné, Marc Larcher est un Camille de Coutançon plus vrai que nature, Frédéric Cornille, Eric Vignau et l’inénarrable Jacques Lemaire (quel jeu, quelle présence) complètent parfaitement la distribution tout comme Lovenah L’Huillier et Priscilla Beyrand chez les femmes. Préparé par Rémy Littolff, le chœur est brillant et dans la fosse, sous la baguette dynamique de Bruno Membrey, l’orchestre sonne très, très bien. Pour terminer, comment ne pas souligner la prestation des danseuses et du danseur de cancan à la plastique aussi agréable que leur talent chorégraphique : Esméralda Albert, Doriane Dufresne, Ingrid Le Roch, Mathilde Tutiaux et Adonis Kosmadakis. De la joie, du bonheur partagé, vive l’opérette à l’Odéon.
Michel EGEA

Pratique. Représentation ce dimanche 2 avril à 14h30, à l’Odéon, 162 La Canebière, Marseille (1er).

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