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Entretien : Didier Parakian entend "dérouler le tapis rouge" aux entreprises qui s’installent à Marseille

mardi 5 août 2014

Didier Parakian, chef d’entreprise, adjoint au maire chargé de l’économie, des relations avec le monde de l’entreprise et de la prospective, revient sur les enjeux de sa délégation, affichant son espoir de voir bientôt un grand groupe annoncer son installation à Marseille

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Didier Parakian (Photo Philippe Maillé)

Destimed : Quel est l’objectif de l’adjoint en charge des relations avec le monde de l’entreprise et de la prospective ?
Didier Parakian : Aujourd’hui, mon objectif est que l’on ait beaucoup plus d’entreprises du niveau de CMA-CGM à Marseille ; d’aller en chercher d’autres parce que cela va créer de l’emploi et faire baisser le chômage. Lorsque la CMA-CGM a récupéré au Havre une centaine de collaborateurs nos équipes de l’attractivité du territoire sont allées accompagner ces salariés pour venir s’installer à Marseille ; les aider pour trouver des logements, des crèches pour les enfants, un job pour les conjoints. Dans ce cadre, j’attends avec optimisme la décision d’un groupe important qui devrait bientôt s’installer à Marseille. Nous mettrons à disposition notre savoir-faire pour faciliter la vie des salariés.

Comment ont été définies les perspectives de développement ?
Chargé de la lourde tâche et de l’honneur de mettre au point un programme économique pour cette nouvelle mandature avant les élections, j’ai tout simplement regroupé une centaine de chefs d’entreprises à travers des « think tanks » -c’est le mot à la mode pour des cercles de réflexion- et pendant un an toutes les semaines par groupe de 5-6 entrepreneurs la problématique était : Comment rendre Marseille plus attractive, comment faire marcher la machine de l’emploi à plein régime à l’horizon 2020 ? Lorsque je me suis rendu compte qu’une PME, qu’une TPE qu’Eurocopter (Airbus Helicopters), CMA-CGM ou encore le commerçant du coin nous disaient finalement tous la même chose, on a récupéré les éléments et on a écrit un programme qui tient sur trois axes.

Pouvez-vous redéfinir ces trois axes ?
Ce sont les filières d’avenir, la mer et le jouer collectif.
Le premier axe vise à accélérer sur des filières d’avenir, d’excellence. Elles existent sur Marseille. Je pense notamment à la santé, à la biotechnologie, au numérique, à tout ce qui tourne autour de la mode, du design. Bien sûr le tourisme fait partie de ces filières d’avenir, on l’a démontré avec des chiffres très flatteurs. Concernant la mode, un secteur que je connais bien (*), des pépites existent à Marseille avec des marques telles « Le Temps des Cerises », « Sessùn », « Kaporal » qui, aujourd’hui ont une renommée nationale et internationale et qui créent de l’emploi. Concernant la mode nous voulons créer un village de créateurs avec des pépinières d’entreprises.
Nous connaissons le même phénomène dans le numérique. A la Belle de Mai, on compte 80 entreprises qui se développent. Ce sont ces entreprises que nous voulons pousser, assister, accompagner. Pour ce secteur qui représente 12 000 emplois sur Marseille nous sommes allés chercher un label, le « French Tech », quartier numérique (label National lancé par la ministre Fleur Pellerin, ndlr). On veut soutenir toutes ces start-up. Disant cela je pense notamment à « Jaguar Network » ou à « Avenir Télécom ». Nous allons les accompagner et Marseille va être l’une des premières villes de France si ce n’est la première à recevoir ce label « French Tech ».

Vous voulez accueillir de nouvelles entreprises mais où allez-vous les installer ?
Il ne peut y avoir de développement économique sans une offre foncière très ambitieuse c’est pour cela que nous avons voté en novembre dernier le nouveau PLU qui a sanctuarisé plus de 1 000 hectares de foncier et friches industrielles. Ce n’est pas du foncier pour du commerce mais pour des entreprises, des pépinières d’entreprises, des hôtels d’entreprises, des entreprises qui veulent se relocaliser, qui veulent venir à Marseille. En septembre-octobre nous allons organiser une conférence de presse pour développer tous ces thèmes en direction des investisseurs locaux, nationaux et internationaux.
Mon rôle est de leur dérouler le tapis rouge à ces nouveaux investisseurs, de les aider et de les accompagner afin de bénéficier à plein de l’image positive de la cité phocéenne car, oui, aujourd’hui Marseille est une ville qui attire. Alors qu’hier les zones d’activité s’installaient en périphérie des villes on veut sortir de cette logique, créer dans chaque quartier marseillais des zones d’activité à l’exemple de ce que l’on a réalisé à la Belle de Mai et à Château-Gombert. On a du foncier pour cela. On va proposer cela à des promoteurs. Je note que cette politique devrait être favorable au BTP car cela va relancer la construction grâce à la vente de terrains à des prix acceptables.

Et la Zone Franche de la Belle de Mai ?
Nous sommes de ceux qui veulent que les Zones Franches perdurent et, au-delà, nous voulons en créer deux nouvelles car ce dispositif connaît un véritable succès à Marseille. Mais j’ai des doutes à l’heure où le gouvernement rogne sur les financements. Si nous parvenons à nos fins l’une serait en centre-ville autour de la Gare Saint Charles englobant la Belle de Mai. Ce serait une Zone Franche thématique pour la filière numérique associée à la labellisation du quartier numérique autour du pôle média de la Belle de Mai : un Pôle Média 2. On a acheté à cet effet la caserne du Muy où l’on souhaite créer une école autour d’Internet ainsi qu’une école internationale pour les entreprises qui viendraient s’installer dans la cité phocéenne. Même chose pour la deuxième Zone Franche projetée du côté de la vallée de l’Huveaune, la Valentine Vallée Verte. On y espère de nouveaux sièges d’entreprises et la création d’au moins 5 000 nouveaux emplois.

Pensez-vous que des nouveaux investisseurs voudraient s’installer dans ces quartiers ?
Dans la première expérience de Zones Franches à Marseille, 2 300 entreprises sont venues s’installer dans ce qui était alors un désert économique. Elles ont créé 14 000 emplois. Pourtant avant ce dispositif personne ne voulait s’installer dans ces lieux. Et ainsi aujourd’hui il y a de la vie, il y a de l’emploi dans des secteurs où, avant ce dispositif, personne ne voulait, n‘imaginait s’installer.

Après les filières d’avenir, vous faites de la mer votre deuxième axe, comment cela va-t-il se traduire ?
Hier, Marseille tournait le dos à la mer. Aujourd’hui elle tend les bras à la Méditerranée. On le voit avec le succès du Mucem qui en l’espace de un an devient l’un des top-five des musées européens. On le voit avec le succès des Terrasses du port, c’est 2 000 emplois créés, c’est 190 boutiques en façade de mer, un centre commercial unique en Europe avec les Voûtes de la Major. On voit que les Marseillais de réapproprient la mer. Nous voulons aller plus loin et créer un technopôle de la mer. Des entreprises comme Beuchat, leader français de la plongée, ont trois entités. Nous souhaitons qu’elles se regroupent créent leur siège en front de mer. Nous avons également des ambitions en matière de construction navale et de tout ce qui tourne autour de la navale. On a cette pépite qui est le front de mer, et bien aujourd’hui on va l’exploiter. Dans ce cadre nous allons également créer un grand aquarium.

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Intervention de Didier Parakian au Conseil municipal de Marseille (Photo Robert Poulain)

Dans la campagne des dernières municipales il a été question de « guichet unique » pour les investisseurs qu’en est-il ?
C’est le troisième axe de notre politique de développement : le jeu collectif avec le rapprochement du monde économique, du monde politique. L’ambition est de travailler main dans la main pour construire, pour anticiper sur la métropole comme nous l’avons fait pour préparer le programme économique de cette mandature. Il est fini le temps où le monde politique était d’un côté et le monde économique de l’autre. Aujourd’hui, nous allons travailler ensemble pour rendre cette ville et cette métropole plus attractive.
On va créer un guichet unique car, lorsqu’un investisseur vient à Marseille il ne faut pas qu’il soit confronté à un parcours du combattant. Il faut être conscient que le mille-feuille administratif risque de nous faire perdre des investisseurs à l’heure de la compétition internationale.
La priorité des priorités est donc de créer ce guichet unique afin que les collectivités travaillent toutes ensembles. Ma première démarche a donc été, sur la demande de Jean-Claude Gaudin, d’aller voir les autres collectivités : Jean-Noël Guérini, pour le Conseil général des Bouches-du-Rhône, Guy Teissier pour Marseille Provence Métropole, jacques pfister pour la CCI Marseille-Provence. Il ne me manque plus que la Région Provence Alpes-Côte d’Azur qui, j’espère, entrera aussi dans le dispositif pour faire en sorte qu’il n’y ait plus qu’un interlocuteur pour accueillir les investisseurs, ce qui nous donnera beaucoup de force et de crédibilité. C’est le premier outil.

Il y en a donc d’autres ?
Le deuxième outil va nous permettre de créer du marketing territorial. De créer une marque comme ce qui s’est fait à Lyon avec « OnlyLyon », à Berlin avec « BeBerlin », Amsterdam avec « Iamsterdam » la plus forte étant New York avec « I love NY ». Nous allons créer une véritable marque pour aller conquérir de nouvelles parts de marché. D’autre part le Maire va créer un conseil économique et stratégique auquel participeront toutes les forces vives du territoire qui vont nous aiguiller.
Le Maire va aussi annoncer en septembre la création d’une « Académie des ambassadeurs ». Les Saade, de la CMA-CGM, Loïc Fauchon de la Société des Eaux de Marseille (SEM) ou encore Constructa avec Marc Piétri qui est un grand promoteur, vont être nommés ambassadeurs de la Ville et vont être des prescripteurs pour nous aider à aller chercher des congrès, des grandes manifestations pour vendre la destination Marseille.

L’arrivée de l’Eurostar à Marseille en mai 2015, une bonne nouvelle ?
Mieux vaut tard que jamais ! C’est la preuve de la nouvelle attractivité de Marseille qui a connu trois accélérations ces vingt dernières années : l’arrivée du TGV en 1995, la Coupe du Monde de football en 1998 et Marseille Capitale européenne de la Culture en 2013. Les croisiéristes représentent annuellement 1,3 million de passagers qui dépensent en moyenne 150€ par jour et par personne. De 50 congrès et séminaires par an soit un par semaine dans les années 50, Marseille reçoit actuellement 1 congrès ou convention d’affaires par jour (380 en 2014).
Propos recueillis par Antoine LAZERGES

(*) Didier Parakian est à la tête d’une enseigne de prêt-à-porter qui compte de nombreuses boutiques en France et dans le monde

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