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Environnement : FO se jette à l’eau pour Alteo

mardi 13 juin 2017

Depuis le 1er janvier 2016, à la suite de travaux de mutation du procédé industriel, l’usine Alteo ne rejette plus de boues rouges en mer, en application des arrêtés préfectoraux pris le 28 décembre 2015. Les services de l’État contrôlent l’application de ces arrêtés et la diminution imposée des rejets résiduels liquides, pour que l’objectif d’une pleine conformité des installations aux normes européennes soit atteint au plus tard en 2021. « Ces rejets résiduels liquides depuis le 1er janvier 2016 ne peuvent donc pas être confondus avec le stock rejeté en mer pendant 50 ans. », indique le préfet qui a pris plusieurs arrêtés permettant de limiter l’impact environnemental des installations, « dont le respect est étroitement contrôlé par les services de l’État ». Il est également rappelé : « La société Alteo travaille avec plusieurs entreprises sur des projets pilotes industriels in situ pour mettre au point de nouvelles technologies permettant de diminuer les rejets et de nature à préserver les 440 emplois directs du site et les centaines d’emplois qui en dépendent. » Face aux attaques que connaît l’usine Alteo à la fois par des associations, des élus locaux écolos qui interpellent le nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, l’UD FO 13 et le syndicat FO d’Alteo entendent apporter quelque éclairage...

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(Photo Alteo/Cédric Tosoni)

Alain Comba, de l’UD FO, vient de se rendre sur le site Alteo à la demande du syndicat de l’entreprise qui ne cache pas son inquiétude car, « l’entreprise ne cesse d’être attaquée ». « Et je dois avouer, poursuit-il, qu’au vu des efforts accomplis par cette dernière pour réduire l’empreinte environnementale de son activité, on a du mal a comprendre la violence des attaques contre cette entreprise qui, de plus, ne fabrique pas des produits bas de gamme mais, tout au contraire, est leader mondial des alumines de spécialité qui entrent dans la fabrication des composants de produits high-tech comme les écrans de smartphones ou d’écrans à cristaux liquides, de panneaux solaires, de batteries de véhicules électriques... ». Christine Girodengo, FO Alteo raconte : « Nous fabriquons de l’aluminium à partir de bauxite qui vient de Guinée depuis la fermeture de la mine de Brignoles qui fournissait notre usine depuis sa création, voilà 120 ans. Nous sommes aujourd’hui 450 salariés au sein de l’entreprise et, avec les sous-traitants ce sont 1 000 familles qui vivent de l’alumine ». Elle explique le processus de fabrication : « La bauxite est une terre qui contient de l’oxyde de fer, rouge et de l’alumine, blanche. La terre est donc encore plus rouge une fois l’alumine retirée. Vingt millions d’euros ont été investis sur de nouvelles installations avec une refonte totale du procédé industriel pour obtenir comme résultats que plus de 99,95% du rejet de matières solides, une réduction de plus de 99% du rejet de métaux. » Alteo poursuit son engagement pour aller encore plus loin et améliorer la qualité du rejet d’ici 2022. « Ce sont ainsi 20 nouveaux millions d’euros qui seront consacrés aux enjeux environnementaux », indique-t-elle.

Ces efforts sont énormes alors que nous sommes tout petit

Christine Girodengo insiste : « Ces efforts sont énormes alors que nous sommes tout petit. En 2012 nous avons été vendus par Rio Tinto qui trouvait que ses marges n’étaient pas assez importantes. Et, si l’État nous a donné jusqu’en 2021 pour nous mettre en conformité, nous n’attendons pas le dernier moment pour faire des travaux, trouver des solutions ». Des problèmes existent en matière de résidus secs : « Là encore une action est entreprise pour valoriser et réutiliser les déchets secs dans les domaines de la construction ou de la dépollution des eaux. Et les résultats sont significatifs : cinq fois plus de résidus sont valorisés que la moyenne mondiale de l’industrie d’alumine ». La syndicaliste précise immédiatement : « Attention je ne dis pas tout cela pour défendre notre usine à n’importe quel prix. Je suis membre du CHSCT, je suis mère de famille, sensibilisée aux questions de l’environnement. Et c’est au nom de tout cela que je me mobilise. Tout n’est pas encore parfait mais les efforts accomplis sont exceptionnels. Alors, si quelqu’un croit qu’en fermant notre site la production sera plus écologique en Chine ou en Malaisie, ce n’est pas sérieux. Mieux vaut donc reconnaître et soutenir les avancées qui se construisent ici ».
Michel CAIRE

Messages

  • Bonjour. Citoyen riverain du Parc National des Calanques et auteur du recours hiérarchique auprès du ministre Hulot pour l’abrogation de l’arrêté du préfet cité plus haut dans votre article ; je suis étonné que vous puissiez qualifier de "violentes" nos actions et recours.
    Je suis aussi très perplexe de voir apportées des réponses détaillées à une question dont vous ne citez ni le fond ni l’auteur.
    Notre action légale est une question de constitutionnalité. Le ministre devra y apporter une réponse au plus tard le 20 juillet.
    En fonction de la réponse, nous attaquerons au T.A. en vue de saisir le Conseil d’Etat ... en septembre, après les vacances de Monsieur Hulot.
    Cordialement.
    Hervé Menchon

  • Bonjour, je suis ingénieure chimiste et j’attire votre attention sur une énorme lacune dans ce qui est dit et écrit au sujet des nouveaux rejets liquides d’Alteo : on oublie que les nombreux éléments chimiques actuellement rejetés sont NON BIODEGRADABLES.

    Alors c’est facile de se prévaloir de faibles taux rejetés (avec d’ailleurs un fort dépassement des normes pour le zinc), en ne précisant pas que ces déchets sont ETERNELS et au fil des années s’accumuleront dans la faune et la flore marine.

  • Merci de cet article très juste
    Je reste effaré de voir que certains pseudo-Ecolos s’arcboutent à des procédures administratives pour faire arrêter une dynamique remarquable de transformation du process qui permet de réduire constamment l’impact environnemental et sanitaire de cette production.
    Aujourd’hui plus personne ne nie que le rejet n’est plus impactant, meme si il ne respecte pas encore les normes sur l’aluminium (pour les autres composés il est dans les normes)

    Cet acharnement doit trouver ses causes dans d’autres intérêts, ceux peut-être d personnes dépassées par l’action de véritables écolos progressistes qui ont su et continue à accompagner, soutenir, à exiger que l’entreprise et l’Etat accèlere la mutation technologique pour être dans du gagnant-gagnant : environnement et économie.

    La critique (militante) est aisée, l’art (technologique) est difficile

    François-Michel Lambert
    Député

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