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Environnement : Renaud Muselier dévoile l’ambitieux dispositif "Escales Zéro Fumée" avec ferries et paquebots branchés

vendredi 6 septembre 2019

Renaud Muselier, Président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, vient d’annoncer, ce jeudi 5 septembre, à l’Hôtel de Région à Marseille, son dispositif "Escales Zéro Fumée", aux côtés de Élisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d’État aux transports, Gilles Simé֤oni, Président de la Collectivité territoriale de Corse, Christian Estrosi, maire de Nice, Président de la Métropole Nice Côte d’Azur, Président délégué de la Région et de Hubert Falco, maire de Toulon, Président de la métropole Toulon Provence Méditerranée.

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Elisabeth Borne, Renaud Muselier, Hubert Falco, Christian Estrosi, Baptiste Djebbari et Gilles Simé֤oni ont répondu présent à l’appel de "Escales sans fumée" (Photos Robert Poulain)

C’est dans le cadre de son Plan Climat "une COP d’avance" que le Président de Région, Renaud Muselier a souhaité s’investir dans le sujet de la qualité de l’air liée aux transports maritimes. « Aujourd’hui la pollution de l’air n’est plus seulement un enjeu sanitaire mais un véritable enjeu de société, avec 20 % de la population de Provence-Alpes-Côte d’Azur exposée à ce problème », signale-t-il. A travers cette initiative la Région Sud a décidé de financer notamment les branchements à quai « car ils représentent la solution la plus performante du point de vue environnemental, ce qui entraînera une suppression totale des émissions atmosphériques ». Le dispositif "Escales zéro Fumée" sera mis en place pour l’ensemble des ports de commerce du territoire. « Nous engageons une véritable révolution : 100 % de la pollution maritime en moins grâce à ce dispositif sur toute notre façade méditerranéenne, soit 10 % de pollution générale en moins ; entrée de nos trois ports dans le top quinze mondial en matière de transition énergétique ; Marseille comme premier port de Méditerranée sur l’électrification à quai des navires », assure-t-il. Dans ce cadre le président de Provence-Alpes-Côte d’Azur a annoncé qu’il souhaitait mobiliser des financements et lever des Fonds européens pour accompagner les autorités portuaires et les armateurs à relever ce défi avec une enveloppe globale de 30M€.

« Ce plan zéro fumée est une très belle avancée »

Un message que la ministre de la Transition écologique et solidaire, Élisabeth Borne, entend, confirmant le propos de Renaud Muselier suivi de ceux de Hubert Falco, Christian Estrosi et Gilles Siméoni : « La qualité de l’air appelle une mobilisation générale car c’est la santé, l’avenir de la planète qui se jouent ». Considère ce plan "zéro fumée" « comme une très belle avancée » et salue « la détermination » de Renaud Muselier dans ce dossier. Elle rappelle que la France a pesé de tout son poids pour obtenir l’obligation « de réduire par six le taux de soufre dans le carburant des navires au 1e janvier 2020 ». La ministre affirme que « la transition écologique est une chance pour nos ports » et « améliorer la qualité de l’air exige un intérêt à ce qui se passe sur terre ». Elle se félicite à ce propos de voir que les métropoles commencent à adhérer au principe d’instaurer des Zones à faibles émissions (ZFE). Un principe qui consiste en la possibilité pour une collectivité de limiter l’accès à une partie du territoire aux véhicules les plus émetteurs de polluants atmosphériques pendant une période donnée (jours, heures, etc.), selon des critères de son choix, dans l’objectif d’améliorer la qualité de l’air et protéger la santé des populations.

« Nos ports font vivre nos territoires »

Renaud Muselier rappelle : « Nos ports font vivre nos territoires. Notre prospérité et nos richesses sont étroitement liées à la réussite de nos trois Ports : Marseille, Toulon et Nice. 120 000 emplois sont directement liés à la mer sur notre territoire, ce qui représente 6 %. Nous avons avec Marseille le premier port français, deuxième en Méditerranée en termes de tonnes de marchandises. Chaque jour, plus de 40 escales de navire se font sur les trois ports, avec des enjeux colossaux en termes d’activité économique, d’emploi et d’environnement. » Précise que 4 millions de passagers sont transportés chaque année par Corsica Ferries, Corsica Linea et la Méridionale entre la Corse et le Continent. « Les trafics avec la Corse sont très importants pour l’économie régionale, et les liaisons maritimes qui y sont rattachées aussi ». Pour le président de Région : « Nous ne pouvons pas vivre sans nos ports. Et c’est bien là tout l’enjeu, et toute la complexité de notre démarche aujourd’hui. Car, la qualité de l’air est notre défi principal ». Il évoque alors le vote du Plan Climat une "COP d’avance" en 2017. « Nous y avons consacré en 2019, 25 % du budget de l’institution, soit 450M€. C’est de cette stratégie que découle nos "Escales Zéro Fumée" aujourd’hui ».

La part des émissions maritimes dans la totalité des polluants en Région

Renaud Muselier salue les nombreuses personnalités présentes au rang desquelles celle de Gilles Marcel, Président de France Nature Environnement, « dont l’action sur notre territoire est incontestable. Grâce à vous, nous connaissons l’ennemi aussi précisément que possible ». Il chiffre à ce propos la part des émissions maritimes dans la totalité des polluants en Région - à Marseille : 40 % de Nox (dioxyde d’azote), 32 % des émissions de Sox (dioxyde de soufre) et 15 % des particules fines sont dus aux activités maritimes. A Toulon : 31 % des dioxydes d’azote, 31 % du soufre et 13 % des particules fines. A Nice : 5 % des dioxydes d‘azote, 3 % du soufre et 3 % des particules fines. « On voit bien que l’impact des fumées de navires joue énormément sur les dioxydes d’azote. La pollution émise par les navires est en croissance partout et rattrape les émissions routières ». Sur l’exposition aux dioxydes d’azote : « près de 100 000 habitants de la Région vivent, chaque jour, au-dessus des normes fixées par l’Union européenne : 37 000 à Marseille, 56 000 à Nice, 3 600 à Toulon. Et si on se fonde sur les recommandations de l’OMS, alors on constate qu’un habitant de ville portuaire sur deux vit au-dessus des normes OMS, plus exigeantes que les normes européennes ».

« La situation est plus que sérieuse et nécessite une réponse politique radicale »

« La situation est plus que sérieuse et nécessite une réponse politique radicale. Tout changer passe par une stratégie collective », insiste Renaud Muselier qui démontre -en mettant en exergue la représentation massive et assez complète dans la salle, du monde portuaire de Provence-Alpes-Côte d’Azur ; la représentation de tous les territoires méditerranéens, et de responsables politiques et associatifs issus de tendances très différentes- qu’il ne s’agit pas là, « d’entre-soi, pas d’initiative isolée et personnelle, au contraire, une certitude de la nécessité de répondre collectivement et concrètement à cette grande attente citoyenne » « C’est grâce à ce collectif, poursuit-il, que nous couvrons tous les aspects : navires mixtes/cargos ; ferries et bientôt croisières à Marseille. C’est un acte fédérateur, réconciliateur entre les villes portuaires et les citoyens. C’est une révolution qui placera nos trois ports dans le Top quinze mondial en matière de transition écologique ». Une ambition qui nécessite des moyens conséquents. Une enveloppe de 30M€ est donc immédiatement engagée par la Région. Principalement pour : les infrastructures portuaires nécessaires au branchement à quai (autour de 20M€) ; les compagnies maritimes désireuses de transformer leurs navires en activité (autour de 5M€ - ticket navire de 300 000 €) ; accompagner l’installation de scrubbers nouvelle génération, ces filtres à particules qui permettent de ne polluer ni l’air, ni l’eau (autour de 1M€ dès cette année). Ils seront essentiels pour faire disparaître les fumées au démarrage des navires (grandes fumées noires visibles), quand le navire n’est plus branché. Renaud Muselier évoque également les moyens mis en place pour le développement d’une filière Gaz Naturel Liquéfié (GNL) en Région Sud (1M€) ; pour le soutien aux associations de défense de l’environnement et de mesure engagées dans ce dispositif (1M€) ; pour soutenir la filière hydrogène et le « mixte énergétique » sur les Ports de la façade (2M€). Il remercie enfin l’État pour son soutien mais annonce : « J’ai aussi décidé de mobiliser 4,5 M€ de Fonds européens encore disponibles sur la période 2014-2020 pour soutenir cette démarche ».

Le dispositif "Escales Zéro Fumée", port par port

Il en vient au dispositif "Escales Zéro Fumée", port par port. A Marseille (13) c’est à l’horizon 2023 que 100 % des ferries seront "branchables" à quai et 2025 pour les navires de croisière. « Une prouesse technique dans la mesure où un navire de croisière consomme à quai l’équivalent en électricité de la ville de Toulon, tout en polluant autant que 250 voitures ». La Région financera avec l’Ademe, l’État et les Fonds européens l’ensemble des travaux (période 2023-2025). A Toulon (83), 100 % des quais seront équipés en 2023. La Région complétera le tour de table financier de la Métropole et d’autre part, concernant l’équipement des navires de Corsica Ferries, la Région active son « ticket navire » pour les huit navires de la flotte, avec quatre financés dès 2020. A Nice (06) la Région soutiendra l’acquisition du matériel de branchement mobile adapté aux escales courtes (et alimenté par des piles à combustion hydrogène) et accompagnera Corsica Ferries dans la transformation de ses navires niçois ». Tous les six mois un comité de suivi sera convoqué avec les Ports, les armateurs concernés, les associations de riverains, AtmoSud, l’Ademe, France Nature Environnement et l’ARS. Hors de la région des avancées existent, dans les ports corses mais aussi hors des frontières et de se réjouir d’avoir obtenu, en juillet dernier du Ministère des Transports tunisien le lancement d’une étude à la rentrée pour l’équipement du Port de la Goulette. « S’ils sont concluants, nous soumettrons, le 26 novembre prochain, le projet lors du forum d’investisseurs Méditerranée du Futur Acte 3, organisé par la Région Sud », indique-t-il. Hubert Falco rend hommage au travail des élus de terrain, à leur volonté de vouloir le meilleur pour leurs concitoyens. Mais insiste sur le fait que les choses ne se règlent pas d’un coup de baguette magique : « L’électrification du port on y pense depuis longtemps mais la première fois que j’en ai parlé à des techniciens ils m’ont répondu que si on électrifiait le port il faudrait couper l’électricité à la ville de Toulon... Il a fallu trouver des solutions ». Christian Estrosi signale à ce propos que voilà 12 ans qu’un travail est réalisé pour faire de Nice « une ville verte de la Méditerranée ». Il insiste sur l’importance de la lutte en faveur de l’environnement en matière de santé mais aussi sur un plan économique « que ce soit sur le plan touristique mais aussi industriel la douceur de vivre, la qualité environnementale, la richesse de la biodiversité sont des facteurs de plus en plus importants dans le choix d’une destination ou d’une implantation ». Dans cette action, ajoute-t-il : « On doit se mobiliser tout un chacun autour de la Méditerranée ». Il propose notamment l’organisation d’une rencontre avec, à minima, les ports de la Méditerranée occidentale et les transporteurs de passagers. Gilles Simé֤oni salue « la vision stratégique de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur » explique sa présence par « une conviction décentralisatrice partagée et une volonté d’être pragmatique pour répondre au mieux aux attentes de nos concitoyens ». Il avance une autre raison : « La conviction que la Méditerranée reste à réinventer ou à retrouver car, si nous sommes Marseillais, Toulonnais, Niçois, de la région Sud ou Corse nous sommes aussi Tunisiens, Marocains, Algériens. La Méditerranée fait sens historiquement et culturellement. Elle nous offre un horizon d’actions car comment prétendre lutter contre les pollutions si nous arrêtons notre réflexion aux frontières ? »
Michel CAIRE

Philippe Zichert, président de l’association "Via Marseille Fos" : un dispositif doublement primordial
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Philippe Zichert © CCIMP


Philippe Zichert, le président de "Via Marseille Fos", l’association de promotion de la place portuaire (fondée par la CCIMP, le GPMM et l’UMF, rejoints par MGI et Provence Promotion), se félicite de ce dispositif "Escales Zéro Fumée" « qui est primordial et à double effet. Premièrement pour la qualité de l’air, et cela nous concerne tous. Deuxièmement parce qu’en 2020 va intervenir l’obligation de réduire par 6 les émissions de soufre et, en 2025, il faut arriver à zéro émission de particules fines et les attentes sont de plus en plus nombreuses dans ce domaine. Nous allons mettre en exergue les avancées qui sont les nôtres et cela dès ce mois de septembre lors d’un roadshow à Lyon ».
M.C.

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