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Festival de piano de La Roque d’Anthéron : Lumineux Lugansky

mardi 7 août 2018

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Nikolaï Lugansky, pianiste virtuose nous a fait voyager chez Debussy, Chopin et Rachmaninov (Photo Christophe Grémiot)

Chouchou du public du Festival de piano de La Roque d’Anthéron et, ce, au même titre que Boris Berezovsky, Adam Laloum, Nicholas Angelich, Anne Queffélec ou Renaud Capuçon, le pianiste russe Nikolaï Lugansky marque de sa présence et de son talent chacun de ses concerts donnés au Parc Florans. Et c’est avec un programme très ambitieux et une première partie très éloignée de ses choix habituels, que le virtuose a débuté son récital solo. Debussy était à l’honneur ! Avec la « Suite bergamasque » qui renferme en son troisième mouvement le célèbre « Clair de lune » et immédiatement après « L’Isle joyeuse », pièce publiée en 1904 avec « Masques ». Deux moments aériens où Nikolaï Lugansky a offert une interprétation très éloignée de celles que l’on entend habituellement quand on joue Debussy. Tournant le dos au décoratif, au besoin de faire joli, à cette impressionnisme premier degré dont usent et abusent certains de ses confrères, le pianiste russe est allé chercher au cœur de la partition la beauté sonore, la puissance des images, la force du propos. C’est un Debussy, clair, ramassé, pensé et réfléchi, sans pathos et sans effets qui arrive à nous, faisant naître du coup une émotion particulière qui ne s’apparente à aucune forme de sentimentalisme. Et ce fut somptueux. Tout comme sa « Barcarolle en fa dièse mineur  » et sa « Ballade n°4 » de Chopin venant clore la première partie, répertoire là par contre très couru par Lugansky. Les doigts s’envolent, la maestria ne s’affiche jamais mais s’impose d’elle-même et le public sera sous le charme.

Un Rachmaninov très réfléchi

Changement de décor après l’entracte, Nikolaï Lugansky se lançant dans neuf préludes de Rachmaninov donnés de façon très réfléchie, très structurée, très cérébrale même, (ce qui n’est pas un défaut), et qui eut le mérite de former un ensemble unifié et cohérent. Dès l’ouverture de cette seconde partie Nikolaï Lugansky proposait le célèbre Prélude N° 5, celui-là même que Boris Berezovsky la veille, avait joué en faisant passer des frissons dans l’assemblée. Déjouant les pièges de la partition, Lugansky nous régalait d’une interprétation plus analytique que charnelle, ce qui n’enlevait rien à son génie créatif, la lecture étant simplement différente. Au final un magnifique concert de haute tenue, que Nikolaï Lugansky d’une élégance extrême, a terminé avec trois rappels salués debout par un Parc Florans impressionné et reconnaissant.
Jean-Rémi BARLAND
Nikolaï Lugansky, pianiste virtuose d’une élégance extrême nous a fait voyager chez Debussy, Chopin et Rachmaninov. (Photo Christophe Grémiot)

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