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Fondation Vasarely : le "phare" d’Aix-en-Provence est restauré

jeudi 21 février 2019

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Pierre Vasarely, le petit-fils du plasticien, Préside aujourd’hui la Fondation. Il a nous a présenté les travaux de restauration du bâtiment. (Photo M.E.)
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Les œuvres monumentales exposées à Aix-en-Provence font actuellement l’objet de diagnostics pour une éventuelle restauration. (Photo M.E.)

A l’heure où l’œuvre peint de Victor Vasarely fait l’objet d’une exposition événementielle au Centre Pompidou à Paris (jusqu’au 6 mai prochain), à Aix-en-Provence c’est sa Fondation qui fête, avec une exposition, une restauration réussie après sept ans de travaux. C’est en effet en 2010 qu’un concours est organisé afin de désigner une équipe de maîtrise d’œuvre pour la restauration et l’extension du centre architectonique bâti sur les hauteurs du Jas de Bouffan, à l’ouest du centre-ville. Cette réalisation est le second volet du grand projet de Fondation initié par le plasticien, après le musée de Gordes, créé dans le château Renaissance, restauré par Claire et Victor Vasarely pour présenter son œuvre peint. Les dispositions adoptées dans cet œuvre architecturé sont la signature d’une vie, la matérialisation d’une idée et du rêve d’un plasticien. Avec sa Fondation d’Aix, dont la construction fut dirigée par l’architecte Jean Sonnier dès 1973, l’artiste met en œuvre son ambition sociale et tente de prouver qu’il est possible de réaliser un habitat plus humain, plus coloré et plus agréable à vivre, en compensant l’éloignement de la nature par des équivalences plastiques avec sa « cité polychrome du bonheur ». Dans l’esprit du Bauhaus, basé sur l’interdisciplinarité, des passerelles doivent être édifiées entre plasticiens, urbanistes, ingénieurs, sociologues, architectes, etc. Le Centre architectonique d’Aix permettra ces rencontres et sera un lieu d’échanges, de recherches fondamentales et de création pour repenser les villes et les intérieurs. En 1958 Vasarely annonçait : « La vraie voie c’est l’intégration ; le décor doit naitre en même temps que l’édifice, la plasticité est intrinsèque aux matériaux de construction et à la forme architecturale ». Le classement du bâtiment au titre des Monuments Historiques en 2013 reconnaît cette expression singulière, ce sommet de la relation entre art et architecture atteint par l’extraordinaire implication personnelle du plasticien dans cette réalisation architecturale, produisant une œuvre d’art total, où contenant et contenu sont indissociables.

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L’éclairage zénithal de la Fondation voulu par Victor Vasarely est assuré par 14 coupoles de verre posées sur un toit terrasse, plat, en béton, avec étanchéité multicouche sous gravillons. Les verrières sont composées de pyramides de charpente en bois lamellé collé, peinte en grise pour donner l’illusion du métal, subdivisée en triangles équilatéraux de 1,45 m de côté qui repose sur une costière périphérique en béton armé. Chaque pyramide couvre environ 100 m2 soit 96 triangles.(Photo M.E.)

C’est un travail de restauration colossal qui a été mené sur place pour rendre à l’édifice étanchéité et fonctionnalité mises à mal par l’usure du temps. Verrières, façades, chauffage, entre autres, ont fait l’objet de lourds travaux. Tout comme le parc qui n’avait pas été entretenu pendant 40 ans et au sein duquel une promenade a vu le jour. Vu chaque jour par des milliers d’automobilistes car situé à la croisée de deux autoroutes fort fréquentées, la Fondation Vasarely est un véritable phare pour la ville d’Aix. Mais, comme nous le confiait Pierre Vasarely, qui préside aujourd’hui aux destinés de la Fondation : « Nous avons du mal à faire comprendre à la population que c’est un lieu ouvert. Avec cette restauration, nous espérons pouvoir multiplier les raisons pour le public de venir nous rendre visite. » D’ores et déjà, les passerelles mises en place entre la Fondation et les structures éducatives fonctionnent à plein, de nombreux écoliers du territoire ayant déjà découvert les œuvres monumentales exposés à la Fondation. Des œuvres qui sont désormais l’objet de toutes les attentions puisque la fin des travaux de restauration du bâtiment marque le début d’un nouveau chantier, celui de la restauration des intégrations. Les conditions de conservation préventive étant désormais réunies pour engager le traitement complexe des œuvres monumentales. Pour mener à bien ces restaurations, des études préalables sont conduites afin de déterminer avec précision les traitements à mettre en œuvre et de définir un budget prévisionnel. Pour l’heure, jusqu’au 31 mars prochain, c’est une exposition sur l’histoire de la construction de la Fondation qui est proposée aux visiteurs…
Michel EGEA
Pratique. Fondation Vasarely, 1 Avenue Marcel Pagnol, 13100 Aix-en-Provence. Ouvert tous les jours de 10 à 18 heures jours fériés compris (sauf les 24, 25, 31 décembre et 1er janvier) Tél. : 04 42 20 01 09 - fondationvasarely.org/ - Tarif plein : 12€ - Supplément visite guidée : 3 euros - Tarif réduit et groupes : 9 euros - Tarif enfant et scolaires : 5 euros - Gratuits moins de 5 ans

A lire « Vasarely, une saga dans le siècle »

Plasticien singulier dans l’histoire de l’art du XXe siècle, Victor Vasarely a laissé une œuvre riche de plus de 10 000 tableaux. C’était l’artiste phare d’une époque, celle des années 60 et 70. Cet ancien étudiant en médecine, fasciné par le Bauhaus, devenu artiste-graphiste dans des agences publicitaires comme Havas, a su créer son propre style avec l’art optique qui exploite la faillibilité de l’œil, à travers des illusions ou des jeux d’optique. Son œuvre d’une grande cohérence promeut la volonté d’un art social, accessible à tous. Il devient de son vivant une véritable star, peu à peu tombé dans l’oubli, alors que ses œuvres sont incontournables : on retrouve sa patte dans la mode, dans la musique - David Bowie utilise un de ses tableaux pour la pochette de son album Space Oddity - la littérature - Jacques Prévert lui dédie un poème - et dans l’automobile - il a également relooké le logo de Renault. Au sommet de sa gloire, il ouvre en 1976 une fondation à Aix-en-Provence. Il y fait don de ses œuvres, sans imaginer qu’il ouvre ainsi la porte à une guerre de succession qui se déclenche après sa mort en 1997. Le livre, écrit par le journaliste Philippe Dana et Pierre Vasarely, l’unique petit-fils du plasticien, raconte son incroyable parcours, son art, et l’incroyable saga familiale et judiciaire entourant son héritage.

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