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Fongecif Paca : l’évolution professionnelle s’affiche au Dock des Suds le 7 novembre

mardi 29 octobre 2013

Le Fongecif Paca, organisme paritaire, qui finance notamment les Congés individuels de formation (Cif), fêtera ses 30 ans au Dock des Suds le 7 novembre avec la tenue de la 3e édition du Forum des Evolutions Professionnelles « Evol’pro ». L’occasion de venir écouter des tranches de vie de salariés et actifs qui ont osé changer de cap et réussi leur reconversion professionnelle.

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De gauche à droite : Régis Torreilles, Gérard Goron et Nicolas Stringhetta. (Photo S.P.)

Etre encore mieux connu et toucher un public encore plus large : c’était le double vœu du Fongecif Paca lorsque l’organisme paritaire a lancé en 2009 le Forum des Evolutions Professionnelles « Evol’pro ». Or, ce rendez-vous biannuel aura cette année une portée particulière puisqu’il marquera également le 30e anniversaire de l’organisme paritaire qui finance notamment le Congé individuel de formation (Cif). « On finance mais on accompagne aussi, précise Régis Torreilles, vice-président du Fongecif Paca. Nous nous adressons à des personnes qui ont une envie de formation, que l’on conseille dans leur évolution, que l’on accompagne du moment où elles viennent chez nous jusqu’au jour où elles seront diplômées. Et une fois la formation diplômante achevée, nous avons un rôle de suivi, d’accompagnement de la nouvelle vie professionnelle de la personne. »
Alors en cette année particulière, c’est au Dock des Suds (*) que se déroulera la troisième édition de Forum des Evolutions Professionnelles « Evol’pro ». Un site qui n’a pas été choisi au hasard, comme le souligne Nicolas Stringhetta, président du Fongecif Paca. « Nous avons voulu une manifestation festive dans un lieu de fête. Il s’agissait aussi de mettre en valeur notre ville qui est Capitale européenne de la culture. Enfin, personnellement, le Dock des Suds est à proximité des quartiers Nord ce qui nous permet de montrer qu’au Fongecif, il n’y a pas d’exclusion d’actifs : chez nous, tout le monde est accueilli de la même manière », explique-t-il.
Un nouveau lieu qui épouse également la nouvelle formule de la manifestation. « Auparavant, le schéma de notre manifestation était de donner de l’information aux personnes qui venaient au Fongecif. Aujourd’hui, nous avons la volonté de mettre en valeur nos témoins : ceux qui ont suivi un Cif et qui peuvent parler mieux que nous », poursuit Nicolas Stringhetta. Le 7 novembre, chacun pourra ainsi venir écouter les témoignages de salariés et d’actifs qui ont osé changer de cap dans leur vie professionnelle et réussi leur reconversion. « Ce sont des tranches de vie de personne qui avaient envie de se former. Ce sont les plus capables de banaliser la formation qui, souvent, fait peur », observe le président du Fongecif Paca.
Et Régis Torreilles d’en profiter pour battre en brèche l’idée selon laquelle « le Cif sert les cadres » ce qui est « totalement faux ». Pour s’en convaincre, il suffit de se pencher sur le profil de ceux qui en bénéficient. « Les niveaux de qualification V (NDLR : CAP, BEP) et VI (NDLR : scolarité arrêtée au plus tard à 16 ans) représentent deux tiers de ceux qui suivent un Cif alors que les cadres ne correspondent qu’à 20% des bénéficiaires, souligne Gérard Goron, directeur du Fongecif Paca. Les ouvriers qualifiés, non qualifiés, les employés, les agents de maîtrise représentent ainsi 80% du public : c’est vraiment un dispositif qui profite aux gens qui ont le plus besoin de se former, qui occupent les emplois les plus menacés, qui ont le plus besoin de bouger. On ne peut pas dire que la formation va aux plus fortunés. C’est un véritable outil de redistribution. »

« Nous sommes là pour la deuxième tranche de vie »

Des chiffres « pas assez connus » que le Forum « Evol’pro » permettra bien entendu de diffuser au plus grand nombre. Avec en ligne en mire un public particulier : celui des TPE et PME. « Elles représentent 95% du tissu économique de la région. Et pour l’heure, 22% des bénéficiaires du Cif sont issus d’entreprises de moins de 10 salariés, 21% d’entreprises comptant entre 10 et 49 salariés et 22% d’entreprises comptant entre 50 et 249 salariés : à 65%, il s’agit donc de salariés d’entreprises de moins de 250 salariés », précise Gérard Goron.
Des cibles prioritaires mais pas exclusives comme le rappelle Nicolas Stringhetta qui précise que « nous sommes là pour aider tout le monde ». « Ce que l’on regarde, c’est le projet professionnel. Tout le monde peut avoir des ambitions autres que le métier d’origine que l’on choisit souvent pour pouvoir se nourrir et se loger. Nous, nous sommes là pour la deuxième tranche de vie », résume le président du Fongecif Paca.
L’organisme paritaire a d’ailleurs vu ces cibles évoluer ces dernières années. Les projets déposés au Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) permettent en effet aujourd’hui au Fongecif de s’engager plus particulièrement auprès de publics fragilisés dans leur retour ou leur maintien dans l’emploi, tels que les chômeurs, les seniors de plus de 45 ans, les femmes peu qualifiées qui souhaitent se reconvertir, les personnes ayant besoin d’acquérir les savoirs de base, les travailleurs handicapés ou les ex-CDD. « Nous les amenons à travailler sur leur projet professionnel afin de les aider dans leur parcours », insiste Nicolas Stringhetta.
Dans ce cadre, le Fongecif a mis en place une Prestation d’accompagnement à la création ou la reprise d’entreprise (PACRE). Et au plan national, les entreprises créées ou reprises ont un taux de survie de 71% à 5 ans. « L’aide que l’on peut donner aux personnes ne s’arrête pas à la formation. On les aide aussi à gérer leur entreprise. Cela fait partie d’un pack complet en partenariat avec les Boutiques de Gestion. On les accompagne tout au long du projet. C’est un travail de longue haleine avec des personnes qui sont souvent suivi durant deux ans », précise le président du Fongecif Paca.
L’actualité de l’organisme paritaire est également marquée aujourd’hui par la réforme de la formation professionnelle. Débutée le 24 septembre, la négociation devrait s’achever le 12 décembre afin d’aboutir à la conclusion d’un accord fin décembre et la présentation d’un projet de loi début 2014. « On espère que ce ne sera pas une réformette mais une vraie réforme où on parle de tout, souligne Nicolas Stringhetta. On aimerait que l’on puisse se servir de ce qui fonctionne pour améliorer le quotidien des personnes en formation. On souhaite ainsi une professionnalisation de ceux qui peuvent accueillir les personnes, et que les acteurs de la formation soient davantage au courant de ce que fait l’autre. »

Permettre au salarié d’« être maître de sa formation »

C’est en ce sens qu’a déjà été mis en place le Comité consultatif régional de la formation professionnel (CCRFP) qui réunit l’Etat, la Région et les partenaires sociaux. « Il faut d’abord apprendre à se connaître car nous étions dans des systèmes cloisonnés. Il faut prendre le temps de s’apprécier pour arriver à terme au guichet unique voulu par la Région afin que tout actif trouve toutes les informations dont il doit disposer au même endroit », explique le président du Fongecif Paca. Selon lui, les choses vont dans le bon sens « si la réforme ne nous coupe pas l’herbe sous le pied ». « Le fait de créer cette commission a fait comprendre à certains organismes la nécessité de se parler et de partager les informations que nous avons », se félicite-t-il.
Dans cette future loi en préparation, on évoque beaucoup la possibilité d’instaurer un compte personnel de formation appelé à remplacer le Droit individuel à la formation (Dif). « Cela peut être intéressant à condition que ce soit un vrai compte personnel géré par les personnes et pas par les entreprises. Il ne faut pas que ce soit un Dif bis, mais qu’il est une vraie existence juridique », souligne Nicolas Stringhetta. Et de soulever que l’un des écueils du Dif : l’approbation de l’employeur à laquelle il est soumis. « Or, il n’a pas à justifier son refus. Et on ne peut pas dire au salarié qu’il a un droit et qu’il ne puisse pas l’utiliser », relève Gérard Goron.
Régis Torreilles pointe également le crédit d’heures de formation que permet de se constituer le Dif. « Qu’est-ce que ça représente 120 heures de formation ? Ça fait deux semaines de formation dans la vie », tranche-t-il. Et Nicolas Stringhetta de rappeler que « l’idée était de donner à l’ensemble des salariés un droit individuel à la formation, et surtout dans les PME et TPE où il n’y a pas de plans de formation ». « Mais les partenaires sociaux n’ont pas très bien su communiquer, et il s’agissait d’un droit partagé entre employeur et employé. Donc il fallait se parler et aujourd’hui, ça devient très compliqué. Rien n’a été fait pour que les salariés soient acteurs de la formation professionnelle. Or, passer de spectateur à acteur, ça demande des années », souligne le président du Fongecif Paca.
A ses yeux, la loi doit ainsi permettre au salarié d’« être maître de sa formation » sans pour autant occulter les préoccupations de l’employeur. « Il faut que l’on puisse utiliser la formation pour se reconvertir. Mais cela peut poser un souci à l’employeur. Donc il faut que ce soit un droit reportable par l’employeur pour lui permettre de se réorganiser. Il faut que l’on trouve un bon équilibre pour assurer la pérennité de l’entreprise. Qu’à la différence du Cif, l’employeur ne puisse pas le refuser mais qu’il s’agisse d’un droit reportable de 9 mois », plaide-t-il.

« La formation professionnelle n’est pas le remède miracle » contre le chômage

Nicolas Stringhetta rappelle également qu’aux yeux des organisations syndicales « la formation professionnelle n’est pas le remède miracle contre tous les maux de la société d’aujourd’hui » et qu’elle « ne réglera pas le problème du chômage ». « L’idée très répandue est que tout le monde a besoin de se former. Mais c’est faux : il faut du discernement », insiste Gérard Goron. Et Régis Torreilles d’enfoncer le clou : « Formons les gens qui ont envie d’être formés et orientons-les vers les métiers où on a besoin de monde s’ils ont envie d’y aller. Et surtout, écartons-les des métiers en tension : ça n’existe pas ! »
Le président du Fongecif Paca évoque aussi le cas de ceux qui exerce un métier pénible. « On met en place un compte qui sera applicable dans 10-15 ans. Mais qu’est-ce qu’on fait pour ceux qui les subissent aujourd’hui ? », s’interroge-t-il. Et de plaider pour que l’on puisse offrir à ces personnes une reconversion à l’intérieur même de leur entreprise. « Une entreprise de maçonnerie peut avoir besoin d’un commercial qui fait les devis. On peut faire plusieurs métiers dans sa vie professionnelle : c’est de plus en plus nécessaire », affirme-t-il.
Enfin, la loi abordera-t-elle la question des organismes de formation ? Il s’agit pourtant d’une vraie question aux yeux des responsables du Fongecif Paca. « Aujourd’hui, la seule obligation d’un organisme de formation est de se déclarer à la Direccte. Et il ne s’agit pas d’un agrément. Ensuite, il ne peut être contrôlé que par les services de l’Etat. Or, ils disposent de deux postes à temps plein pour contrôler 8 000 organismes de formation », relève Gérard Goron.
En raison de « certains organismes de formation, axés sur le bien-être, qui nous posaient souci », le Fongecif Paca est le seul de France à avoir une personne, qui « s’est formée elle-même », dédiée à cette problématique . « Il fallait mettre en place quelque chose non pas pour les identifier, ni pour les contrôler, ce n’est pas notre rôle, mais pour amener à la réflexion les salariés tentés par ces organismes. Et nous devions réfléchir à la véracité de la formation car nous avions un budget restreint », explique Nicolas Stringhetta.
Mais les contrôler ne serait pas chose aisée comme l’observe Gérard Goron. « L’Etat a un projet de recensement des organismes de formation. Mais il s’agit d’un marché libre. Donc c’est une grosse responsabilité de mettre en place des critères sur l’enseignement, les locaux ou l’accompagnement des personnes. Là aussi, il faut du discernement, d’autant qu’on peut avoir un organisme de formation qui travaille bien dans un domaine et mal dans un autre. On pourrait s’appuyer sur le taux de réussite à la formation et le taux d’insertion », estime le directeur du Fongecif Paca. Avant de conclure : « On peut toutefois penser que sur 80 000 organismes de formation, il y a du ménage à faire ».
Serge PAYRAU

(*) Accueil ouvert de 14h à 20h30. Le programme complet disponible sur www.forum-evolpro.fr

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