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Galerie de portraits : Sabrina Roubache, la productrice à l’esprit start-up

mardi 17 juillet 2018

Des projets de long-métrages et documentaires, un futur studio, une levée obligataire en cours... La productrice Sabrina Roubache, également élue consulaire depuis 2016 s’applique à avancer sur tous les fronts. Une agilité nécessaire pour celle qui gère maison de production et PME audiovisuelles « comme des start-up ».

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La productrice Sabrina Roubache (Photo D.R.)

Le premier mot qui vient à l’esprit du commun des Marseillais quand on pense Sabrina Roubache, c’est forcément Netflix. D’autant que les élus du cru n’hésitent pas à rappeler que c’est la productrice qui a fait le lien avec le producteur Pascal Breton et le scénariste Dan Frank, désireux de voir le géant américain faire escale le temps de deux saisons dans la cité phocéenne... Malgré ce, la fameuse plateforme au logo rouge est bien loin de résumer à elle seule le parcours de celle qui a fourbi ses armes aux côtés d’Akhenaton. D’abord parce que Netflix, c’est déjà le passé. Il en a coulé de l’eau sous les ponts, depuis le repérage d’écriture opéré pour Dan Frank, introduit dans le microcosme marseillais par la native de la rue Félix Pyat. La première collaboration avec le scénariste écrivain a donné lieu à une véritable connivence professionnelle, amicale aussi, à présent c’est sur le cas Varian Frye que les deux planchent avec passion. Ce journaliste américain qui, depuis Marseille, a sauvé entre 2 000 et 4 000 Juifs et militants antinazis en les aidant à fuir l’Europe et le régime de Vichy... « L’écriture de la V1 est à présent terminée, la prochaine étape, ce sera le casting. Et pour tenir le premier rôle, on a déjà nos idées », annonce Sabrina Roubache. Le tournage, quant à lui, pourrait commencer en 2019.... C’est loin d’être le seul projet dans la musette de Gurkin Production, dont l’associé, le réalisateur Chris Nahon (L’empire des loups, c’est lui), revient prochainement à Marseille après plusieurs années passées en Argentine. Hormis Varyan Frye, elle poursuivra avec Dan Frank dans la production d’une série de huit fois cinquante deux minutes, Fausse monnaie. « Je viens également de recevoir un coup de téléphone d’Akhenaton, il me propose avec le réalisateur Kamel Saleh une série sur l’histoire du rap, soit six épisodes de 52 minutes. C’est le genre de projet qui vous rend heureux, au sens béat du terme ! J’ai par ailleurs signé avec France 3 pour le premier documentaire écrit et réalisé par le journaliste Philippe Pujol, "Djellaba baskets". Nous tournerons dès septembre ». Elle vient enfin de signer avec Frédéric Shoendoerffer pour le tournage d’un long-métrage à Marseille, du nom de Né en France.

Levée obligataire de 5 millions d’euros

Une floraison de projets qui appelle forcément... une expertise en termes de montage financier. Ce n’est pas le moindre des atouts de la productrice, cofondatrice de Gurkin Production, et créatrice en 2016 de Gurkin invest Films, déjà primée par la sphère du journalisme économique. « J’ai très vite compris qu’il fallait être autonome sur la production, puisque l’argent public tend à se raréfier de plus en plus. J’ai donc transformé le business model et voulu œuvrer dans une logique de start-up, lever des fonds pour mes scénarios comme certains le font pour d’autres types de solutions innovantes ». Tel est la vocation de Gurkin Invest Film : séduire investisseurs et particulier en vue du financement de projets de longs-métrages, en s’appuyant sur les avantages fiscaux relatifs à la loi Tepa-PME. Elle fera des petits, puisqu’un an plus tard, Gurkin Invest Film Corse naîtra à son tour, après la sollicitation de FIP (Fonds d’investissement de proximité) basés dans l’île de beauté et désireux d’investir dans les industries créatives, pour peu que les tournages se fassent sur la terre insulaire en question... La même démarche anime donc les deux entreprises : territorialité des dépenses et tournages sur le périmètre local. Ainsi, Sabrina Roubache, c’est aussi cette capacité à lever des fonds. « Mais je me suis beaucoup investie dans l’aspect financier des choses, ces derniers temps. Je souhaite revenir aux fondamentaux, mes scénaristes ont besoin de moi. Et puis, nous devons nous structurer. Il faut accepter de grandir en faisant entrer quelqu’un dans son capital fondateur... Je vais donc accueillir un associé dans Gurkin Invest Film. Par ailleurs je suis passée à la levée obligataire, j’en lance une de 5 millions d’euros ». Ce n’est pas tout : elle développe aussi à présent des projets avec la Corée du Sud. « Là-bas, ils ont une manière de financer l’entertainement beaucoup plus simple que la nôtre, ils ne sont pas à la merci des aides publiques. Avec l’émergence des plateformes digitales, ils veulent exporter leur cinéma. Je leur apporte donc la possibilité de travailler sur des projets internationaux, je travaille à récupérer des productions exécutives, avec l’ambition de tourner ici des projets asiatiques. Varyan Frye aussi se fera avec des fonds coréens... »

Donner une chance à la jeunesse des quartiers

Mais Sabrina Roubache, c’est aussi cette sacrée détermination. Elle s’est exprimée dans la volonté de réussir dans le secteur qui lui faisait briller les yeux, marche après marche. Celle qui corrigeait les coquilles des scénarios du temps des premiers clips d’Akhenaton s’aguerrit peu à peu, elle devient chargée de production, œuvrera aux côtés des frères Cantona dans la mise en place d’événements liés au beach soccer, fera ses entrées au sein de Comic Strip Production, la société de Thierry Afflalou... Aujourd’hui productrice, femme d’affaires, élue consulaire, Sabrina Roubache entend donner leur chance aux jeunes des quartiers, c’est même son credo. « Pourquoi tout comme moi n’y auraient-ils pas droit, il n’y a pas de prédestination, de fatalité. Comment donc leur donner une possibilité de s’épanouir professionnellement ? Car on travaille toujours mieux lorsqu’on est heureux  ». Tout cela se matérialise donc par des actions d’insertion sur des tournages. « J’ai été contactée, il y a un an, par les Apprentis d’Auteuil dans cette optique, nous avons imaginé accompagner des jeunes, j’ai embarqué des professionnels reconnus avec moi, tels le régisseur général Yannick Soscia. Pour l’heure, les insertions se font au cas par cas sur les tournages, si besoin de techniciens »... Mais pourquoi ne pas formaliser cela via une session type Skola, comme cela existe déjà dans la vente, la fibre optique ou l’hôtellerie. Ainsi pierre après pierre, Sabrina œuvre à consolider l’écosystème des industries créatives à Marseille. « Et je m’en rends compte, lorsqu’on ne lâche pas, les élus suivent. Mais l’antériorité sur le secteur a aussi son importance. Puisque le cinéma, c’est un métier qui s’apprend, on ne s’improvise pas producteur. L’argent seul ne suffit pas  ».
Carole PAYRAU

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