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Harmonia Mundi fête ses 60 ans à Arles

vendredi 25 mai 2018

Fondé en 1958, harmonia mundi est aujourd’hui le plus ancien éditeur phonographique indépendant de musique classique. C’est à Paris que son fondateur, Bernard Coutaz, avait installé son label avant de partir, quatre ans plus tard à Saint-Michel l’Observatoire à proximité de Forcalquier. Suivant les conseils de ses amis, le musicologue Carl De Nys et l’organologue Pierre Rochas, Bernard Coutaz commença par construire un catalogue basé sur un répertoire dédié à l’orgue, n’hésitant pas à lui donner un caractère patrimonial en enregistrant sur les grands orgues historiques d’Europe. Il alla jusqu’à fonder une revue, Orgues historiques, dont chaque numéro, dédié à un instrument, était accompagné d’un enregistrement destiné à en apprécier toutes les qualités. Ce travail a permis de développer une sensibilité particulière au timbre des instruments à une époque où l’influence mélodiste dominait encore largement la production phonographique.

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Enregistrement dans les studios de Harmonia Mundi pour Isabelle Faust et Kristian Bezuidenhout (Photo Detlev Schneider)

Cette sensibilité au timbre préparait la rencontre avec Alfred Deller, qui eut lieu lors d’un concert en Avignon, où le contre-ténor se produisait avec son ensemble. La soirée qui suivit ce concert détermina une seconde période pour le label, celle des disques avec Alfred Deller, qui fut fidèle à sa maison de disque jusqu’à sa mort, en 1979. harmonia mundi réalisa alors une série d’enregistrements de musiques de la Renaissance anglaise et de musique baroque. Une académie de musique baroque, fondée dans le Lubéron sur une idée d’Alfred Deller, attira de nouveaux talents comme René Jacobs et Dominique Visse qui ont également enregistré pour l’éditeur. Puis vinrent Philippe Herreweghe et William Christie. Les enregistrements de musique baroque se sont multipliés donnant à la maison une image de précurseur dans l’interprétation du répertoire sur instruments anciens.

Fidélité et exigence

Ces développements permirent de conquérir un nouveau public, de plus en plus large, à mesure que les répertoires ancien et surtout baroque s’imposaient sur la scène musicale internationale. Entre-temps, la maison de disque avait consolidé et diversifié son domaine d’activités, assurant, à partir de 1976, sa propre distribution, et devenant, quatre ans plus tard distributeur d’autres labels. En 1981, harmonia mundi ouvrait sa première filiale à Londres. Ne cessant de croître, l’entreprise investit le Mas de Vert à Arles en 1986. Devant la disparition progressive des disquaires en France, Bernard Coutaz décida de fonder une série de boutiques harmonia mundi ; leur nombre dépassait la quarantaine au début des années 2000.

L’entreprise poursuivait la diversification de ses activités avec la création, en 1988, d’un service dédié à la diffusion du livre et l’acquisition des éditions musicales du Chant du Monde cinq ans plus tard. Le siège du Mas de Vert aura ainsi accueilli jusqu’à 140 personnes, vaisseau amiral d’un groupe doté de plusieurs filiales internationales -certaines assurant également une partie de la production phonographique- notamment aux USA, en Allemagne, au Royaume-Uni en Espagne ou au Benelux. Parallèlement, le catalogue s’enrichissait et s’ouvrait à de nombreuses collaborations issues de tous les pays. Aujourd’hui, harmonia mundi enregistre tous les répertoires, de la musique ancienne à la musique du XXIe siècle. Cet élargissement a accompagné l’évolution de musiciens comme René Jacobs qui, près de 40 ans après leur premier disque, enregistre toujours pour l’éditeur. Mais le label porte également une attention constante aux musiciens de la jeune génération ; la fidélité et l’exigence font ainsi de harmonia mundi un éditeur à part dans le monde de l’édition phonographique.

Des labels tournés vers la jeunesse

En février 2012, la naissance du label JazzVillage rappelait que non seulement l’esprit pionnier des débuts n’avait en rien disparu, mais qu’il s’était élargi à d’autres répertoires. La création du label LittleVillage, label jeunesse de harmonia mundi, au printemps 2015 privilégie cette diversité, cet esprit d’ouverture et cette curiosité.
Face aux mutations rapides du marché et à la dématérialisation des ventes, l’éditeur amorce un tournant en 2013 et ferme progressivement son réseau de boutiques, tandis que les sites de vente en ligne et les outils de diffusion numérique se développent. Après son rachat par [PIAS], harmonia mundi poursuit et élargit ses activités. En 2015-2016, il était élu « Label de l’année » à deux reprises (Classica, 2015 ; International Classical Music Awards, 2016). En 2017, une attention nouvelle était portée aux talents de la jeune génération avec la création de la collection harmonia#nova en partenariat avec La Courroie, Alban Moraud et Taklit. Au même moment, l’enregistrement des Concertos de Mozart par Isabelle Faust, Il Giardino Armonico et Giovanni Antonini était élu « Recording of the year » par le prestigieux magazine Gramophone (Choc de l’année, Classica).


Un festival pour l’anniversaire les 1er et 2 juin

Premier Prix du Concours international de clavecin de Bruges en 2004, titulaire de l’orgue de l’Église de Saint-Louis-en-l’Île à Paris, Benjamin Alard fait partie de ces rares musiciens à l’aise sur n’importe lequel de ces deux instruments. C’est d’ailleurs à ce titre qu’il inaugure cette année une intégrale discographique pour le moins monumentale (plus de trente heures de musique) : « C’est en effet la première intégrale de l’œuvre pour clavier seul de Jean-Sébastien Bach exécutée par le même musicien. Mon intention est de présenter la musique pour clavier de Bach en lien avec la chronologie de sa vie, ses influences, ses voyages, ses choix professionnels, organisée de façon symbolique en 14 chapitres, la somme des lettres de son nom. » Ce récital arlésien fera partie des toutes premières étapes de ce voyage.
Le 1er juin, à 17h30, au Temple d’Arles (entrée par le Boulevard des Lices, entre Jean-Jaurès et Pdt Wilson), Benjamin Alard jouera des œuvres de jeunesse de Bach.

Temps fort de ce mini-festival exceptionnel, le concert de prestige qui réunit pour la première fois l’immense violoniste Isabelle Faust avec deux de ses partenaires de prédilection : Kristian Bezuidenhout au pianoforte et le pianiste alexander Melnikov. Bezuidenhout maîtrise l’ancêtre direct du piano comme personne au monde ; il a enregistré il y a quelques années une intégrale Mozart considérée aujourd’hui comme une référence absolue. Par ailleurs éminent claveciniste, il sera le complice d’Isabelle Faust dans les Sonates pour piano et violon de Bach qu’ils ont enregistrées pour harmonia mundi. Alexander Melnikov, au-delà de ses multiples projets avec Isabelle Faust, est aussi un aventurier du clavier dans tous ses états. Il crée en 2018 un étonnant programme consacré à quatre œuvres jouées sur quatre pianos d’époques différentes ; mais c’est bien sur un piano moderne que nous l’entendrons ce 1er juin à Arles, toujours en duo avec Isabelle Faust, pour servir Mozart.
Le 1er juin 20 h 30, à la Chapelle du Méjan (Actes Sud, place Nina-Berberova). Isabelle Faust, Kristian Bezuidenhout et Alexander Melnikov jouent Bach et Mozart.

Formé auprès de Christophe Rousset, Bertrand Cuiller est d’abord un immense poète quand il joue la musique pour clavecin du Siècle des Lumières -qu’il s’agisse de Couperin ou de Rameau- le temps s’arrête et tout un monde d’évocations subtiles apparaît animé de figures énigmatiques, de portraits à peine esquissés. Après une intégrale Rameau plébiscitée et au sortir d’un disque "Fancy" très remarqué à la tête de son ensemble "Le Caravansérail", le maître nous invite sur les terres imaginaires de François Couperin ; avec lui, cette musique de l’intime devient théâtre ; côté cour ou côté jardin, force est de constater que Cuiller n’a pas son pareil pour nous emporter au gré d’une fantaisie tout sauf improvisée...
Samedi 2 juin à 18 heures au Temple d’Arles (entrée par le Boulevard des Lices, entre Jean-Jaurès et Pdt Wilson) Bertrand Cuiller célèbre François Couperin à l’occasion des 350 ans de la naissance du compositeur.
Au lendemain d’une Victoire de la Musique classique remarquée, le violoncelliste Bruno Philippe a invité à se joindre à lui quelques-uns des nouveaux musiciens les plus prometteurs, parmi lesquels son partenaire Tanguy de Williencourt, Anaïs Gaudemard, une harpiste incroyablement douée (Rising Star - Philharmonie de Paris 2018) et la soprano Marie Perbost, déjà lauréate de plusieurs prix internationaux. Ce concert promet une multitude de combinaisons et de compositeurs, du solo jusqu’au trio, pour notre plus grand plaisir !
Samedi 2 juin à 15 heures, la Salle du Capitole , 15 € (Conservatoire du Pays d’Arles, 14 rue Laurent Bonnement) Concert spécial jeunes talents Lauréats harmonia nova Bruno Philippe, violoncelle, Victoire de la Musique classique 2018 Révélation soliste instrumental, Tanguy de Williencourt, piano, Anaïs Gaudemard, harpe et Marie Perbost, soprano.

Réservations : Association du Méjan - Place Nina-Berberova (Arles) du lundi au vendredi de 14 heures à18 heures / Tél. 04 90 49 56 78. Plus d’infos sur www.harmonia mundi.com

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