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Journée nationale de la résistance au site-mémorial du Camp des Milles : "soyons d’éternels résistants face aux barbaries !"

lundi 28 mai 2018

Devant le Wagon du Souvenir des Milles, ce 27 mai, Alain Pierret, fils d’Henri Pierret, Capitaine des Sapeurs-Pompiers de Paris ayant agi en faveur des familles juives raflées et internées au Vel d’Hiv’, évoqua l’action de Mme Romagnan qui hébergea une jeune fille juive à Marseille pendant la guerre. Ce témoignage a précédé la lecture des noms des Justes ayant œuvré au Camp des Milles, pour rappeler, en cette période marquée par un retour de l’antisémitisme violent mais aussi des racismes, et de la xénophobie en Europe, qu’il est possible de résister aux extrémismes au nom des valeurs de justice, de tolérance et d’humanité.

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Dépôt de gerbe de Serge Gouteyron accompagné de Corrado Marcucci et Alain Pierret (Photo D.R.)
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Allocution de Corrado Marcucci, résistant, accompagné de son petit-fils Marc (Photo D.R)

Du haut des ses 94 ans, accompagné de son petit fils, symbole de la nécessaire transmission de la mémoire, Corrado Marcucci, engagé dans la Résistance à 20 ans, a tenu à parler et c’est avec une voix tremblante mais forte qu’il a rappelé le sens de la Journée Nationale de la Résistance : celle qui commémore « les actes -héroïques parfois- de ceux qui décidèrent de choisir le camp de la liberté face aux forces ténébreuses qui avaient envahies l’Europe ». En posant la question simple : « Sans cela que serait-il advenu de la Liberté, de l’Égalité, de la Fraternité ? » et en concluant son message par ces quelques mots « Retenons les leçons du passé, soyons toujours d’éternels résistants face aux barbaries actuelles et à venir ! ». Le Chant des Partisans a résonné juste avant et les voix des invités se sont jointes à la musique dans un moment de recueillement pour marquer le 75e anniversaire de la création du Conseil National de la Résistance par Jean Moulin. Alain Chouraqui Président de la Fondation du Camp des Milles - Mémoire et Éducation rappela avec émotion la dénonciation par les anciens résistants des « diables ordinaires qu’ils ont bien connus, qui ne savent parfois même pas qu’ils le sont et qui conduisent au pire ». Il souligna : « L’actualité terrible de ces avertissements au moment où l’Europe est marquée à nouveau par la montée des extrêmes mais aussi par les attentats islamistes provocateurs ». Il insista enfin sur « l’importance qu’accordait le Programme du CNR, toutes tendances confondues, à la démocratie sociale et économique et en particulier à la limitation des injustices sociales et des inégalités,terreau des "Fleurs du mal" de l’extrémisme. Il fut ainsi à l’origine de la Sécurité sociale ». Marie-Thérèse Claverie, Présidente Départementale de l’Association Nationale des anciens Combattants et Ami(e)s de la Résistance lut la déclaration nationale de son association qui dénonce « le régime félon de Pétain » et souligne l’importance de cette journée « qui s’inscrit non seulement dans le devoir de mémoire à l’égard de celles et ceux qui ont combattu et sont tombés pour la liberté mais aussi pour que la jeunesse se souvienne. » Avant la cérémonie de dépôts de gerbe, Serge Gouteyron, au nom de l’État, a lu le message de Geneviève Darrieussecq, Secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées :« Aujourd’hui, la France se souvient de la création du Conseil National de la Résistance (…) Pour que rien ne soit improvisé, pour que tout soit préparé, pour que le progrès réponde à l’abaissement vichyste, ils préparèrent les réformes de la France libérée. (…) Cette Journée nationale est un appel à la jeunesse. Nous l’invitons à se souvenir, à perpétuer la mémoire et à faire sienne les valeurs du CNR. En ce 75e anniversaire, la Résistance demeure une source d’admiration et un exemple d’unité dans l’épreuve. Attachés aux valeurs humanistes, à la dignité humaine, à la liberté, à l’égalité et à la fraternité, nous devons faire vivre encore et toujours l’esprit du 27 mai 1943 pour que la flamme de la Résistance ne s’éteigne jamais. » Quelques heures auparavant, Anita Mazor, au nom de l’État d’Israël, et Serge Coen, représentant le Comité Yad Vashem, avaient remis la médaille de « Juste parmi les Nations » à Marthe Vidal de Veyres, décernée à titre posthume à ses parents Fernand et Mathilde-Lucienne pour avoir recueilli et sauvé le jeune Emmanuel Carlebach, présent à la cérémonie. Ces cérémonies rappellent que la mémoire est particulièrement nécessaire lorsque l’on voit aujourd’hui nos sociétés démocratiques prises en tenaille entre des extrémismes identitaires religieux et nationalistes, qui ont toujours été dans l’histoire le moteur ayant conduit à la guerre et aux génocides.
O.B.

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