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L’insécurité : un sentiment qui n’est pas un fantasme ! par Eric Delbecque

dimanche 24 juillet 2016

L’attentat de Nice ou l’émeute dans le Val d’Oise méritent que l’on pose la question : qu’est-ce vraiment que l’insécurité ? Question inutile ou piégée, c’est-à-dire politique ? Des interrogations totalement légitimes mais qui reçoivent finalement peu de réponses sincères et pertinentes. Commençons : question inutile ? On croit en effet savoir spontanément ce que recouvre l’insécurité. Rien n’est moins sûr. Pour répondre, il faut d’abord définir la sécurité. Premier problème, car ses acceptions sont multiples, parfois contradictoires, et quelques fois absurdes. Manuel Valls lui-même le soulignait dans un livre Sécurité. [1] : « L’étymologie du mot "sécurité", c’est le latin securitas, c’est-à-dire l’absence de souci. On voit déjà le formidable réservoir de déceptions que représente cette définition. Comment pourrait-on promettre l’absence de souci ? La vie même est un risque »…

La sécurité n’est pas le bonheur


Tirons toutes les conséquences problématiques d’un raisonnement politique qui s’appuierait sur cet objectif. Vouloir cette forme de sécurité, c’est désirer le bonheur pour tous ! Effectivement, il n’y a là qu’une attendrissante affabulation, de surcroît proche du paternalisme le plus dangereux.

Par la même occasion, on peut pointer du doigt l’effet potentiellement pervers du fameux concept de « société du care » porté un temps par Martine Aubry, et qui relève de cette description de la sécurité comme combat contre le souci… Apporter des « soins » aux autres, a fortiori lorsque celui qui les prodigue est l’État, c’est postuler qu’ils sont malades ou en attente de ces « soins ». Non seulement les pouvoirs publics ne semblent guère légitimes à entrer dans un tel raisonnement mais, de plus, cela conduirait à poser que l’État est « débiteur vis-à-vis du citoyen ». Idée fatale dans le contexte budgétaire fortement contraint que nous connaissons, mais aussi d’un point de vue strictement conceptuel : le citoyen n’a rien d’un enfant qu’un État Big-mother devrait en permanence couver… Manuel Valls résume sans ménagement la signification ultime de cette approche : elle constitue selon lui « une promesse de soins généralisés, donc, aussi, une absence de souffrance et de souci. C’est, par la négative, l’équivalent d’une promesse de bonheur. Dans la même veine, derrière ce slogan, c’est un matriarcat suranné qui se cache et qui promet des lendemains enchanteurs. Bref, une machine à déception ».

En tout état de cause, ce qui surgit derrière cette association entre le bonheur et la sécurité, c’est le vieux rêve marxiste ou gauchiste d’une société totalement apaisée, sans conflit, autant dire sans classes sociales, où chacun dispose de tout selon son désir ou son besoin. L’Histoire nous a montré les impasses de ce schéma mental certes généreux et séduisant mais extrêmement dangereux lorsqu’on l’applique à court ou moyen terme. Au bout du compte, plus ou moins inconsciemment, la gauche culturelle contemporaine avoue qu’elle considère l’ordre comme une idée suspecte en soi, « comme une dérive, une menace ». Derrière cette répugnance se tient la conviction que l’autorité s’identifie par essence à un abus de pouvoir… Autorité égal autoritarisme en somme… Par conséquent, le socialisme intellectuel répugne naturellement à assumer son « monopole de la violence physique légitime » (la formule appartient au sociologue Max Weber), car il est hanté par le mythe de la société sans fractures, alimenté par ce rousseauisme naïf postulant que l’homme est naturellement bon et qu’il faut absolument considérer que seule la société le pervertit.

Dès lors, quel autre point de départ pour la réflexion ? Celui qui s’enracine dans la loi d’orientation et de programmation relative à la sécurité du 21 janvier 1995. La sécurité y est définie comme « un droit fondamental et l’une des conditions de l’exercice des libertés individuelles et collectives. L’État a le devoir d’assurer la sécurité en veillant sur l’ensemble du territoire de la République, à la défense des intérêts nationaux, au respect des lois, au maintien de la paix et de l’ordre public, à la protection des personnes et des biens ». A travers cette définition, la sécurité apparaît simplement comme le socle du pacte républicain, sans laquelle le régime et la société que nous connaissons ne peuvent, tout bonnement, pas exister.

Mais il faut encore descendre plus loin dans l’analyse pour trouver ce que nous cherchons : le visage de l’insécurité, celle qui hante tous les discours concernant la violence concrète, quotidienne et de proximité, désormais banale dans notre société. Car la violence ne se réduit pas aux homicides commis ou aux activités du grand banditisme ou des groupes terroristes… La plupart de nos concitoyens n’inscrivent pas leur « sentiment » d’insécurité dans une vision panoramique qui démarrerait avec le terrorisme et s’achèverait dans les cyberattaques visant les infrastructures vitales, en passant par la contrefaçon et le vol d’œuvres d’art.

Il faut d’ailleurs comprendre qu’ils ne s’inscrivent pas davantage dans des chiffres. Ces derniers se révèlent désormais indispensables pour l’orientation des politiques publiques de sécurité, mais ils révèlent leurs limites dès que l’on souhaite les installer au cœur du débat sur l’insécurité. On constate d’ailleurs régulièrement qu’ils se révèlent instrumentalisés, d’abord au sein même du monde académique et intellectuel, afin de soutenir des partis-pris idéologiques et non d’éclairer un raisonnement de fond de nature scientifique.

« Déclinistes » et « prolophobes »

En fait, deux préjugés s’affrontent. Le premier, le « déclinisme » (ou « décadentisme »), plutôt en bonne forme ces temps-ci, regarde l’insécurité perché sur l’a priori du « c’était mieux avant »… Il faut avouer que l’approche décliniste mène rarement à des raisonnements féconds : elle cultive plutôt un pessimisme de la raison se transformant rarement en un optimisme de la volonté ! Comme le rappelèrent à de multiples reprises de nombreux criminologues ou historiens de la violence aux prises de positions pourtant sensiblement différentes, des jeunes gens « turbulents » (entendez de jeunes mâles agressifs) troublèrent toujours l’ordre public, des « apaches » du début du XXe siècle aux skinheads, redskins et « zoulous » des années 70-90, en passant par les « blousons noirs » des années 50-60. On leur faisait déjà les mêmes reproches qu’aux petits délinquants contemporains des banlieues... Pour résumer, les décadentistes se condamnent à déprimer puisque l’avenir leur apparaît comme une lente descente aux enfers, de l’âge d’or à l’âge de fer.

Le second préjugé, la « prolophobie », bien décrite par Hervé Algalarrondo, part du principe (contraire mais symétrique à celui des déclinistes) que l’insécurité constitue un « sentiment » (pour ne pas dire un « fantasme ») éprouvé par des personnes d’un certain âge votant plutôt à droite, ou par des représentants des classes populaires guettés par la « lepénisation » des esprits ou, a minima, le « populisme patrimonial » cher à Dominique Reynié… Bref, le prolophobe postule que l’insécurité compose un discours de café du Commerce servant efficacement de marqueur (au sens médical, biologique) de droite.

Pour sortir de cet affrontement stérile, il faut effectivement reconnaître qu’il ne s’agit pas de formuler un jugement moral ou une opinion politique mais d’établir un diagnostic. Pour ce faire, construire un raisonnement très organisé s’avère indispensable. Celui-ci commence par la nécessité de distinguer trois dimensions au cœur de l’insécurité : l’importance sociale et politique des questions de sécurité, l’angoisse que l’on éprouve naturellement au sujet de sa sécurité personnelle, et l’expérience directe, concrète, de la « victimation ». Procéder à cette segmentation permet tout d’abord de traiter la question des « chiffres » de la délinquance.

On comprend rapidement que la mesure de l’insécurité relève donc du labeur de Sisyphe dans le Tartare. Si l’on souhaite se fonder sur l’état 4001, l’outil d’enregistrement des crimes et délits commun à la police et à la gendarmerie, on devra rapidement prendre conscience que cette source statistique (qui sert en particulier à déterminer l’inutile « chiffre unique » de la délinquance) ne rend compte que des procédures enregistrées (c’est-à-dire des faits constatés) par les services de police et les unités de gendarmerie. Conséquemment, si une victime décide de ne pas porter plainte, un fait délictuel ou criminel échappera à la connaissance des forces de l’ordre et ne pourra de ce fait figurer dans l’état 4001. Inversement, une meilleure révélation des faits contribuera à l’élévation de la statistique policière sans que celle-ci ne reflète nécessairement l’augmentation des actes. D’où l’intérêt du développement des enquêtes de victimation, lesquelles permettent d’approcher le vécu et le ressenti d’un échantillon de la population.

Il faut ajouter que l’état 4001 manque d’exhaustivité puisqu’il ne contient pas les violences involontaires et qu’il ne comprend aucune donnée concernant les infractions constatées par d’autres administrations. Il ignore par ailleurs les systèmes de collecte d’informations statistiques mis en place par certaines organisations (SNCF, RATP, La Poste…).

Pour résumer, avec « l’activité des services, la propension des victimes à signaler les atteintes subies est le principal facteur déterminant le nombre d’infractions enregistrées par la police et la gendarmerie. La délinquance enregistrée est une image de la délinquance commise qui est réduite ou filtrée par ces deux facteurs. A nombre de faits commis égal, une variation de l’activité des services ou de la propension des victimes à se signaler aura des répercussions sur la délinquance enregistrée » [2] .

Au bout du compte, les statistiques en matière de délinquance s’avèrent dépendantes du comportement de la victime, du lieu d’enregistrement de la plainte, des pratiques d’enregistrement et de la première qualification pénale, de l’activité des services, des décalages existant entre les dates de commission des infractions et celles des dépôts de plaintes, de l’évolution de la société et des mœurs (par exemple, l’augmentation du nombre de viols ou de violences conjugales dans les statistiques procède sans doute tout autant d’une amélioration de l’accueil des victimes, de l’efficacité des campagnes de sensibilisation et de la plus grande réceptivité de nos sociétés à ces questions, que d’une multiplication des agressions). On pourrait ainsi continuer longtemps à accumuler les arguments permettant de mettre en garde contre un usage immodéré ou mal maîtrisé des données statistiques. Le but n’est pas de les invalider (elles apparaissent plus que jamais nécessaires pour comprendre et affiner l’action de l’Etat) mais d’en permettre un usage approprié, non polémique et débarrassé des prismes idéologiques qui les déforment.

Dès lors que l’on accepte cette perspective, il paraît évident que les « chiffres » ne suffisent pas à bâtir une réflexion et un discours sur l’insécurité. D’autant plus que ce fameux état 4001 ne répertorie pas les contraventions des cinq classes (au nombre desquelles comptent les violences volontaires avec une interruption temporaire de travail inférieure à huit jours, ainsi que certaines dégradations légères ou destructions) et les délits liés à la sécurité routière (qui comprennent les atteintes par imprudence à la vie humaine ayant eu lieu à l’occasion d’accidents de la circulation). Or, ce sont ces infractions, précisément, qui forment le tissu des incivilités et d’une partie des violences urbaines, lesquelles alimentent justement le sentiment d’insécurité d’une partie de la population (en particulier dans les zones sensibles), même si chacun n’a pas eu personnellement à expérimenter cette forme particulière de violence. Dernière précision capitale : l’état 4001 laisse également de côté le fameux registre de la main courante informatisée de la Police nationale ou cahier de renseignements de la Gendarmerie ! Il s’y trouve, là encore, de nombreuses traductions concrètes des incivilités quotidiennes qui fabriquent le malaise de nos concitoyens et dont il est absurde de nier la réalité…

Incivilités et violences urbaines

Car l’insécurité, si l’on cesse les arguties – répétons-le au risque de lasser –, désigne globalement les incivilités et les violences urbaines, c’est-à-dire tout ce que le droit ne définit pas : ni le Code pénal ni l’état 4001 n’identifient une telle notion ! Certes, certaines infractions qui peuvent leur être rattachées (en étant codée dans l’état 4001 puis qualifiée par le Parquet) s’avèrent passibles de poursuites judiciaires. Mais beaucoup d’actes appartenant à la catégorie « violences urbaines » ne constituent pas des délits ou des crimes et relèvent simplement de la contravention (parfois, ils sont même seulement enregistrés dans la main courante informatisée). Ils passent donc en dessous de la limite radar permettant la prise en compte statistique.

Dès lors, comme nous l’évoquions plus haut, seules les enquêtes de victimation laissent apercevoir la réalité de ces violences, lesquelles ne se concentrent justement pas dans les villes mais dans les zones périurbaines, en banlieue ou en périphérie des centres-villes. Ajoutons que les quartiers ruraux ou périurbains situés dans les zones de compétence de la gendarmerie (à la « campagne » dirons-nous en caricaturant, afin de ne rien omettre de l’extension du phénomène) apparaissent touchés.

La formule de « violences urbaines » se répandit durant les années 90, mais Lucienne Bui Trong rappellait que l’on usait déjà du concept de violence urbaine dès 1988 au sein de la Direction régionale des renseignements généraux de Paris. « L’expression était entrée dans le jargon policier pour désigner des violences commises ouvertement par des jeunes regroupés en bandes plus ou moins formalisées, plus ou moins organisées. D’abord utilisée pour le repérage des groupes mobiles du mouvement « zoulou » présent en Île-de-France à cette époque, et des groupes de supporters violents du football, elle avait ensuite commencé à se focaliser sur les violences commises au quotidien ou lors de crises plus graves, au sein de petits territoires fermés, dans quelques quartiers excentrés des banlieues de grandes villes ».

Elle contribua elle-même à structurer fortement la notion lorsqu’elle dirigea (pendant neuf ans) la section Villes et banlieues de la Direction centrale des renseignements généraux (initialement nommée Violences urbaines lors de sa création en 1991). Dans un livre capital, elle a rapidement posé quelques contours essentiels du débat. Écoutons-la : « Contrairement à la délinquance, les actes de violence urbaine ne relèvent pas tous de la Justice : nombre d’entre eux sont ce qu’on appelle des incivilités et, parce qu’ils ne sont pas sanctionnés, ils font naître dans le voisinage un sentiment d’insécurité. Autre différence avec la délinquance, la violence urbaine n’apparaît que dans un certain contexte social, démographique et culturel, propre aux quartiers sensibles. Elle appelle de ce fait une vision politique et un traitement à long terme ».

C’est précisément pour cette raison que « le concept de violence urbaine se heurte à de fortes résistances idéologiques : certains courants politiques craignent que la notion, issue du jargon policier, ne donne une vision excessivement négative des quartiers sensibles et tende à faire privilégier des solutions répressives et de court terme ».

Il n’en reste pas moins que ces actions de violence « constituent une atteinte grave au contrat social dans des zones qui, certes, restent relativement peu nombreuses et sont très circonscrites géographiquement, mais dans lesquelles le sentiment d’insécurité entraine une fuite des habitants les plus aisés, la ruine du commerce, un dysfonctionnement de toutes les institutions. Tout cela pousse au désespoir la population dite « captive », celle qui n’a pas les moyens pécuniaires de déménager. En refusant de reconnaître le phénomène, en adoptant une attitude de déni, on retarde la mise en œuvre de solutions adaptées et on aggrave la situation » [3].

La police s’épuisa durant deux décennies à tenter de définir et de mesurer ces « violences urbaines ». De la DCRG (Direction centrale des renseignements généraux) (via « l’échelle Bui-Trong, dont nous allons reparler) au système PRÉVU de la DCSP (Direction centrale de la sécurité publique) en passant par les outils SAIVU et INVU, les indicateurs et dispositifs se succédèrent sans donner pleine et entière satisfaction.

Qualitativement, on peut néanmoins comprendre nettement ce dont il s’agit et périmétrer le « concept » et ses formes. La DCSP, épaulée par la DCRG, classe dans cette catégorie « tout acte violent commis contre des biens, des personnes, ou des symboles des institutions par des individus jeunes, agissant ou soupçonnés d’avoir agi en groupes (au moins trois individus), structurés ou de circonstance, avec une volonté de maîtrise d’un territoire. Ces actes de violences peuvent aussi bien être spontanés qu’en réponse à des événements précis, ou être élaborés dans le cadre d’une volonté délibérée de provocation » [4] .

Une universitaire, Sophie Body-Gendrot, pose la définition suivante : le terme de violence urbaine caractérise « des actions faiblement organisées de jeunes agissant collectivement contre des biens et des personnes, en général liées aux institutions, sur des territoires disqualifiés ou défavorisés » [5] .

Pour achever de dresser leur portrait, il est intéressant de prendre en compte la typologie des « violences collectives commises dans le milieu urbain » établie en 2006 par le CAS [6] (Centre d’analyse stratégique). Ce dernier les segmente en quatre catégories : les phénomènes de débordements, les confrontations avec les autorités publiques, les affrontements ethniques (ils concernent davantage les Etats-Unis que l’Europe) et les conflits entre gangs.

Alain Bauer et Christophe Soullez proposaient une définition synthétisant ces multiples approches et autorisant une vision panoramique. Ils s’appuient pour cela sur une caractérisation qui appréhende les violences urbaines à travers trois comportements infractionnels majeurs [7] :
- Des violences collectives non crapuleuses dont l’objectif est d’intimider ou d’agresser des représentants identifiables des services publics.
- La destruction de biens publics ou privés afin de produire de fortes conséquences émotionnelles au sein de la population. Le but s’avère de déstabiliser l’ordre public au sens large.
- Des affrontements entre bandes qui reposent sur la « défense » d’un territoire ou qui visent à protéger un trafic.

Ces préalables posés, la question des chiffres une fois remise en perspective (c’est-à-dire débarrassée de la prétention d’ériger la récitation de statistiques en substitut d’analyse ou de faire de ces dernières un anneau d’or de Gygès [8] de l’insécurité réelle), que reste-t-il de l’insécurité ? Des événements, éminemment concrets… Lesquels ? Les premiers affrontements, en 1979, entre des groupes de jeunes et la police à Vaulx-en-Velin. D’autres confrontations suivirent bientôt : la cité des Minguettes, à Vénissieux, en 1981 et 1983 ; Vaulx-en-Velin, une nouvelle fois, en 1990, puis Melun en 1993. En 1994, ce fut le tour de Pau et de Lille. Il suffit ensuite d’égrener le reste de la décennie : Nanterre, Le Havre, Laval et Noisy-le-Grand en 1995 ; Charleville-Mézières en 1996 ; Dammarie-les-Lys et Strasbourg en 1997 ; Mantes-la-Jolie en 1998 ; Vauvert en 1999.

Avec les années 2000, une certaine banalité s’installe : en septembre 2000, des échauffourées éclatent dans les cités de la Grande Borne, à Grigny, et aux Tarterêts, à Corbeil-Essonnes. En juillet 2001, les incidents se multiplient à Metz, puis à Thonon-les-Bains et Vitry-sur-Seine ; on se souvient en 2002 de la cinquantaine de voitures incendiées aux Mureaux, de jeunes affrontant la police à Evreux, armés de battes de base-ball à Strasbourg (Hautepierre) ; c’est encore le même quartier qui anime le début de l’année 2004, suivi de jeunes de l’Essonne à l’automne.

2006 fut marqué par la « prise de contrôle » d’une rame d’un train Corail sur la ligne Nice-Lyon. Une centaine de jeunes agressèrent des voyageurs parmi les six cents présents, sans omettre de procéder à de multiples dégradations. Toujours en 2006, une bagarre ensanglanta Aubervilliers (un conflit entre bandes provoqua un décès), tandis qu’un groupe de six personnes séquestraient et battaient deux adolescents dans un RER du Val-d’Oise, que les passagers d’un train Melun-Paris se faisaient racketter, qu’une quarantaine d’individus assaillirent une patrouille de police (suite à la mort d’un jeune de Chanteloup-les-Vignes), et que de nombreux débordements violents accompagnaient les manifestations anti-CPE. Encore en 2006, ce sont Evry, Nevers, Montepellier, Vaulx-en-Velin, Montfermeil, Grigny, Epinay-sur-Seine, Orléans, Marseille (dans un bus, une étudiante de 26 ans fut gravement brûlée par le jet d’une bouteille d’un liquide inflammable) et Lille vécurent des scènes d’agressions variées contre les forces de l’ordre. En 2007, Mante-la-Jolie, Châtel, La Courneuve, Cergy et Chanteloup-les-Vignes firent les frais d’affrontements entre des jeunes et la police ; des pompiers allaient aussi être pris à partie.

Cette année là, deux épisodes retinrent particulièrement l’attention. Le premier fut la « bataille rangée » de la Gare du Nord, le 27 mars 2007, entre des policiers et deux cents individus, suite à l’arrestation d’un homme voyageant sans titre de transport. Le second eut lieu à Villiers-le-Bel, le 25 novembre : le poste de police fut assiégé et incendié après que deux jeunes gens aient perdu la vie en percutant une voiture en patrouille. Des armes à feu permirent aux agresseurs de blesser huit policiers.

Romans-sur-Isère et Vitry-le-François signèrent 2008 ; Aulnay-sous-Bois, Gagny, Grigny, Firminy, Fréjus et la Seine-et-Marne firent l’actualité des violences urbaines de 2009. En 2010, des fonctionnaires de police subirent des violences à Epernay, Béziers, Trappes et Gonesse, tandis que des jeunes jetèrent de nouveau Béziers et Chanteloup-les-Vignes sous les feux de l’actualité. Sevran clôtura l’année via l’affrontement de deux bandes rivales dans la cité des Beaudottes. Depuis vingt ans, il semble donc que les violences urbaines dépassent un niveau anecdotique dans notre pays…

Une année reste gravée en lettres de feu dans les souvenirs des Français : 2005. Les émeutes de novembre [9] donnèrent le sentiment qu’un climat de guerre civile s’installait dans le pays. Lorsque la porte de la mosquée Bilel fut accidentellement percutée par une grenade lacrymogène lancée par un CRS, la tension monta en effet d’un cran et les violences se propagèrent, s’étendant à de nombreuses banlieues françaises. Il faut noter néanmoins qu’il ne s’est pas produit un embrasement généralisé de tous les quartiers dits sensibles, mais que des séquences émeutières se déroulèrent successivement dans certaines zones sans jamais durer plus de trois ou quatre jours dans le même endroit.

Plusieurs raisons rendirent ces événements spécialement traumatisants pour la mémoire collective. Premièrement, l’état d’urgence fut déclaré le 8 novembre 2005 alors que le gouvernement n’en avait plus fait usage depuis la guerre d’Algérie. Deuxièmement, la France connaissait pour la première fois des troubles d’une telle durée, d’une telle étendue et d’une semblable intensité. 1408 véhicules brûlèrent au cours de la nuit du 6 au 7 novembre et 274 communes (dont 125 en Île-de-France) furent concernées par les incidents et les violences. Sur l’ensemble du mois, on enregistra 10600 incendies de véhicules. Les dégâts s’élevèrent à un chiffre compris entre 150 et 160 millions d’euros.

Toutefois, l’ensemble de ces événements demeure lisible. L’analyse de Lucienne Bui Trong, partagé par un nombre insigne de spécialistes, mérite d’être rappelée. Le même scénario, écrit-elle, se répète chaque fois : « un événement, drame mortel ou incident moins grave, touche un jeune connu du quartier et éveille la solidarité de ses pairs ; la victime est érigée en martyr que de multiples opérations de représailles doivent venger. L’émotion, la solidarité et les rumeurs provoquent une escalade rapide de la violence. Les émeutiers se réduisent à une minorité d’adolescents en révolte contre la société, très souvent de petits délinquants bien connus des services de police locaux [10] ». Le plus souvent, entre 10 et 50 personnes tout au plus…

Il existe réellement une dynamique de la provocation que la maladresse de certaines opérations ou comportements policiers ne peut pas systématiquement excuser où même expliquer. Un petit exercice d’élaboration de typologie en témoigne : « De 1991 à 1999, 105 émeutes ou mini-émeutes ont eu lieu à la suite de décès de jeunes. Parmi ces décès, 15 ont été occasionnés par des jeunes se livrant à des bagarres entre eux ; 21 décès ont été accidentels (rodéos, suicides, overdoses, etc.) ; 24 ont été commis par des riverains excédés par le bruit, les vols ou les provocations, ou provenaient d’accidents de la circulation ; 11 ont eu lieu en prison (suicides, accidents), dans les transports publics, ou à la suite d’affrontements avec des vigiles ; 34 seulement ont eu lieu dans le cadre de tentatives d’interpellation (ayant occasionné une rébellion du jeune ou une échauffourée), ou de poursuite par les forces de l’ordre (souvent, décès accidentel en voiture sous l’influence de la panique, lors d’une poursuite réelle ou, parfois, simplement supposée) [11] ».

Quant aux manifestations très concrètes de ces violences urbaines, il importe de bien en prendre la mesure pour se faire une idée du quotidien de nos concitoyens les plus démunis. Le travail réalisé par le commissaire Bui Trong autorise cette approche pragmatique, « phénoménologique »… En se référant à l’observation de mille quartiers dits sensibles (pour tenter de prévenir les désordres), elle a construit une échelle [12] comportant huit degrés. Le premier rassemble les actions hostiles contre les particuliers : vandalisme encore dénué de connotation anti-institutionnelle, « razzias » chez les commerçants, rodéos et incendies de voitures, délinquance crapuleuse en bande (racket, « dépouille »), rixes variées et règlements de comptes entre bandes. Ce premier degré, qui marque l’entrée de la violence dans un quartier, cible d’abord l’environnement, des voitures en stationnement aux parties communes des immeubles.

Le vandalisme qui en forme la première et plus visible expression traduit à l’évidence une manière de « marquer » l’espace et d’exprimer certains ressentiments. La voiture occupe une place centrale dans cette manifestation élémentaire des comportements déviants. Il arrive souvent que des véhicules soient dérobés en centre-ville puis utilisés pour des actes de délinquance crapuleuse ou pour des rodéos nocturnes. Ils finissent généralement brûlés dans le quartier de résidence. Il importe d’ailleurs de distinguer ce phénomène de celui des incendies de voitures appartenant à des habitants du quartier à l’occasion d’émeutes. A ce stade, on remarque que le feu apparaît comme « l’un des modes d’opération les plus fréquents de ce premier degré de violence : feux de poubelles, de conteneurs à ordures, de portes palières, de caves, d’ascenseurs, de voitures… [13] » . Certains résidents des cités subissent à travers ces incendies de claires représailles pour avoir résisté aux incivilités ou à la délinquance (par un dépôt de plainte, un témoignage ou, simplement, par l’admonestation d’un « jeune »). Toutefois, des voitures flambent régulièrement en guise de vengeance suite à des interpellations auxquelles les propriétaires de ces véhicules s’avèrent parfaitement étrangers. Les commerçants touchés par cette première violence ne sont pas davantage impliqués dans le « business » ou le jeu de rôles délinquants/policiers ; ils subissent cependant, parfois quotidiennement, des désordres multiples : vols à l’étalage ou pillages du magasin (doublés de temps à autre de violences contre les clients), et intimidations variées (exhibition d’armes, bousculades ou mise à sac).

On doit ajouter que la délinquance crapuleuse commise en bande à l’encontre des particuliers (qui comprend aussi le racket des écoliers et la « dépouille »), même lorsque des armes à feu font leur apparition, ne revêt pas encore ici de signification anti-institutionnelle. Elle ne symbolise pas une rébellion envers l’autorité mais un désir basique d’appropriation, de participation à une société de consommation dont les petits délinquants se sentent à tort ou à raison exclus. Les affrontements entre bandes de quartiers différents doivent également être exclus de toute interprétation sociopolitique. Ces affrontements, qui se déroulent le plus souvent en terrain « neutre » (parvis d’un centre commercial, entrée d’un lycée, d’un stade ou d’une discothèque, fête foraine…), s’inscrivent dans des logiques primaires de contrôle des territoires.

Dans cette catégorie de maîtrise de l’espace, il faut ranger les « attroupements vindicatifs » contre les personnes étrangères au quartier qui viendraient reprendre un bien dérobé (il peut s’agir aussi d’individus simplement égarés qui courent alors le risque d’être brutalisés, voire dépouillés). On notera que des phénomènes de solidarisation se déclenchent ou s’exacerbent à ces occasions, lesquels en disent long sur le sentiment d’abandon, de ghettoïsation sévissant sur ces territoires : « Dès que surgit un propriétaire lésé, les responsables du délit ameutent le voisinage. Nul ne se pose alors de question. Le parti pris est immédiat, total, collectif, la solidarité de voisinage l’emportant sur toute autre considération : sans se soucier d’enquête ni de vérité, sans même tenir compte ni de la logique ni de la loi, le groupe tout entier se retourne contre ceux que la clameur désigne comme ennemis [14] » .

Avec le deuxième degré, on passe aux premières actions anti-institutionnelles qui vont des provocations collectives contre les vigiles au « vandalismes furtif » contre les écoles, les postes de police, les locaux publics ou les voitures d’enseignants. On y classe aussi les injures verbales et gestuelles contre les adultes du voisinage, les professeurs, les facteurs, les médecins, les infirmières et les porteurs d’uniforme en général (policiers, pompiers, chauffeurs d’autobus…). Il s’agit à chaque fois de s’en prendre à l’autorité ou à la réussite.

On atteint le troisième degré lorsque des agressions physiques ciblent ceux qui portent un uniforme (en excluant pour l’instant les policiers et les gendarmes), tels que les pompiers, les vigiles, les militaires, les conducteurs de bus et les contrôleurs, ou bien les travailleurs sociaux et les enseignants ou membres des établissements scolaires.

Les « caillassages » de voitures de police en patrouille et les attroupements hostiles aux forces de l’ordre signalent l’entrée dans le quatrième degré. Une rupture symbolique est alors franchie puisque l’autorité publique se voit contestée.

Lorsque la situation s’envenime et que les rassemblements hostiles perturbent les interventions policières, on entre dans le cinquième degré.

Dans le sixième degré, des policiers sont délibérément blessés. « Le commissariat est attaqué, alors que le personnel y est présent, par jets de pierres et de cocktails Molotov. Étape suivante : les jeunes attirent les policiers dans des guets-apens, par des manœuvres concertées (faux appels, incendies volontaires, rodéos), pour se livrer à des « pare-chocages » volontaires ou à des chutes d’objets depuis des points élevés [15] ». Ce type d’événements ambitionnent très clairement de faire « perdre la face » aux policiers et révèlent une très nette contestation des institutions et de l’ordre social qu’elles structurent.

Quant aux deux derniers degrés, ils se caractérisent par une pluralité de faits et une durée insigne. « La « mini-émeute » (septième degré) est une escalade rapide et spectaculaire de la violence (saccage systématique de vitrines et de voitures, incendies, jets de cocktails Molotov en grand nombre), mais brève et sans lendemain. Menée par un nombre réduit de personnes (vingt à trente), dans un périmètre relativement réduit, elle prend fin dès l’arrivée des renforts policiers. […] L’émeute proprement dite (huitième degré) prend des formes plus graves. Elle rassemble de nombreuses autres personnes, parfois plusieurs dizaines, habituellement non impliquées dans la délinquance, qui peuvent se livrer au pillage des magasins. Elle dure et se répète, marquant profondément le quartier et le voisinage : deux à cinq nuits consécutives, les mêmes incidents se renouvellent, de façon concertée et organisée. C’est une forme de guérilla urbaine [16] » .

Voilà concrètement ce que l’on peut dire de l’insécurité ! Rien de romanesque dans tout cela… Rien non plus qui nous incite à penser que notre pays devient une France « moisie »… La question de l’insécurité ne se dissout donc pas dans celle du « populisme ».

Reconstituons le raisonnement qui mène à cette assimilation catastrophique. Les partis « populistes », c’est un fait, se multiplient et se renforcent partout en Europe. Leurs performances électorales s’avèrent inquiétantes et ils connaissent un succès notable (entre 15 et 25 % des suffrages) dans des pays que la crise n’a pas durement touchés (Suisse, Autriche, Pays-Bas, Danemark, Finlande ou Norvège). Parallèlement, une méfiance s’installe contre l’Islam et, de manière générale, une forme de rejet des étrangers s’exprime par petites touches. Quelques exemples en témoignent : en 2007, le dirigeant du Labour en Grande-Bretagne exige des emplois « britanniques » pour des « travailleurs britanniques » ; on organise un référendum en Suisse pour graver dans la Constitution fédérale l’interdiction de faire construire des minarets tandis qu’en Allemagne, un membre du directoire de la Bundesbank provoque un scandale en publiant un livre (qui rencontra un fort succès) accusant les immigrés d’organiser la « régression culturelle » du pays.

Dès lors, la thèse se construit qu’un véritable « populisme patrimonial » se cristallise en Europe, « fondé sur la défense conservatrice et virulente d’un patrimoine matériel, qui est le niveau de vie, et d’un patrimoine immatériel, qui est le style de vie ». En somme, une partie des Européens « vit désormais avec la crainte du déclassement collectif, crainte pouvant se combiner avec celle d’un déclassement personnel. Pour un citoyen, la peur de perdre son rang dans une société se combine avec la crainte de voir son pays perdre son rang dans l’histoire [17] ». Il y aurait là, bien entendu, l’indice de la fabrication d’un pays de « vieux » bourgeois classiques guidés par la peur de la mort violente et par la passion d’acquérir [18]Populisme rime, pour faire court, avec vieillissement. La démographie vole au secours de la démonstration de philosophie politique : mieux, elle la justifie… Et comme tout le monde le sait, les « petits vieux » sont un peu racistes et peureux : ils voient donc partout une insécurité imaginaire dont les acteurs majeurs, voire exclusifs, seraient – pour des raisons intrinsèques, essentiellement ethniques, culturelles ou religieuses – les immigrés ou les jeunes français d’origine maghrébine ou subsaharienne ! Que cela existe, la plupart d’entre nous le déplorent et personne ne le nie. Mais ce n’est pas une construction mentale majoritaire dans notre pays et cela n’explique certainement pas le « sentiment » d’insécurité. Ce dernier repose sur des faits, même si l’on ne peut guère les comptabiliser de manière systémique.

Les quelques lignes suivantes attirent également l’attention : « Entre 1950 et 1994, les faits de délinquance générale sont passés en France de moins de 600 000 faits recensés par la police nationale à près de 4 millions. Mais, au-delà, la structure de cette délinquance s’est modifiée encore plus profondément, avec un glissement progressif d’une criminalité contre les biens vers une criminalité tournée contre les personnes. Après avoir crû de manière très modérée des années 1950 aux années 1980, les atteintes volontaires aux personnes ont plus que doublé entre 1980 et 1994 [19] » .

Avoir subi une agression n’est pas donc absolument pas nécessaire pour accepter l’idée que l’insécurité n’appartient pas à l’univers du fantasme. Fréquenter le « terrain », parler aux gens (ceux du peuple, un mot plein de sens, non une insulte !) et pas aux people ou aux bobos, lire les travaux des spécialistes (quel que soit leur éventuel « bord » politique), étudier les chiffres avec méthode et sans parti-pris, composent une pratique qui permet d’éviter les discours oiseux sur la lepénisation des esprits…

Eric Delbecque, Membre du Conseil scientifique du CSFRS et Président de l’ACSE - Auteur de : L’insécurité, un scandale français (L’Oeuvre) - Sites : www.intelligences-croisees.com
acse-association.fr

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[1La gauche peut tout changer. Paris, Editions du Moment, 2011.

[2Bauer Alain, Rizk Cyril et Soullez Christophe, Statistiques criminelles et enquêtes de victimation. Paris, PUF, 2011, p.17.

[3Bui Trong Lucienne, Violences urbaines. Des vérités qui dérangent. Paris, Bayard, 2000, p.6-7.

[4Bauer Alain et Soullez Christophe, Violences et insécurité urbaines. Paris, PUF, 2010, p.25.

[5Ibid., p.22.

[6CAS, Note externe de veille n°31, 23 octobre 2006, Les violences urbaines : une exception française ? Enseignements d’une comparaison internationale.

[7Cf. Bauer Alain et Soullez Christophe, Violences et insécurité urbaines. Paris, PUF, 2010, pp.22-23.

[8Cet objet magique de la mythologie grecque conférait l’invisibilité à son porteur…

[9Qui débutèrent le 27 octobre à Clichy-sous-Bois, après le décès accidentel et tragique de deux mineurs réfugiés dans un transformateur électrique pour échapper à un contrôle de police.

[10Bui Trong Lucienne, Violences urbaines. Des vérités qui dérangent. Paris, Bayard, 2000, p.26.

[11Ibid., p.40.

[12Cf. BUI TRONG Lucienne, Les racines de la violence. De l’émeute au communautarisme. Paris, Audibert, 2003, pp.15-16, et Bauer Alain et Soullez Christophe, Violences et insécurité urbaines. Paris, PUF, 2010, pp.23-24.

[13Bui Trong Lucienne, Violences urbaines. Des vérités qui dérangent. Paris, Bayard, 2000, p.63.

[14Bui Trong Lucienne, Violences urbaines. Des vérités qui dérangent. Paris, Bayard, 2000, p.65.

[15BuI Trong Lucienne, Violences urbaines. Des vérités qui dérangent. Paris, Bayard, 2000, p.70

[16Idem.

[17Ibid., pp.16-17.

[18Cf. Perreau-Saussine Émile, « Liquider mai 68 ? », in Weill Claude (sd), Les droites en France 1789-2008. Paris, CNRS Éditions/Le Nouvel Observateur/ Éditions Saint-Simon, 2008.

[19Bauer Alain, Criminologie plurielle. Une introduction générale à la criminologie. Paris, PUF, 2010, p.71.

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