Retrouvez-nous sur :  
Suivre la vie du site
DestiMed
L’info des deux rives


Accueil > Culture > Littérature > La Bibliothèque Méditerranéenne de Mireille : La rentrée littéraire des (...)

< >

La Bibliothèque Méditerranéenne de Mireille : La rentrée littéraire des éditions Bruno Doucey…

mercredi 2 septembre 2015

Sept nouveaux livres vont paraître prochainement, enrichissant les collections de cette maison d’édition attachée à la qualité, au pluralisme et pour qui la Méditerranée est bien un pont entre les hommes, leurs cultures, leurs expressions poétiques.


Un événement particulier ouvrira cette rentrée littéraire avec la parution en septembre du livre "Les mains fertiles", première anthologie de poésie en langue des signes, accompagnée d’un DVD. Trois voix de femmes vont ensuite s’élever : celle de Maram al-Masri, Syrienne, dont est publié "Le Rapt", une histoire douloureuse et intime de l’enlèvement de son fils, qui offre un texte universel sur l’amour maternel empêché. Celle de Roja Chamankar, très jeune poète iranienne, publiée pour la première fois en France, qui nous prouve une nouvelle fois combien la poésie est un acte de résistance avec "Je ressemble à une chambre noire". Celle enfin de Mireille Fargier-Caruso, ardéchoise, qui avec "Un lent dépaysage" convoque pour nous le souvenir d’une enfance brûlée de soleil et l’image d’une mère dont la mémoire s’effrite. Dans la collection Poés’idéal d’anthologies rassemblant des poètes autour d’idéaux avec deux nouveaux titres : "Chants du métissage", où 40 poètes disent non au racisme et "Quand on n’a que l’amour", dans lequel la poésie chante l’amour sous toutes ses formes.

"Les mains fertiles", 50 poètes en langue des signes - Livre-DVD - 216 pages. 19,50 € - parution septembre 2015

"Cri La voix du ventre Les mains qui signent
Oppression de l’ombre
Mon cri sommeille & s’étrangle
Éruption solaire
Tempête d’un cri qui explose". Djenebou Bathily, slameuse et poète sourde.

La première anthologie de poésie en langue des signes, établie et présentée par Brigitte Baumié, musicienne et poète en perte d’audition. Un DVD, produit par les associations Video Lupum et Arts Résonances, est inclus dans l’ouvrage. Les quelque soixante vidéos qu’il comporte donnent à voir la version en LSF de chaque texte de l’anthologie. Des interprètes en langue des signes, des comédiens et des poètes sourds viennent ainsi doubler de leur présence les poètes du monde entier que rassemble cette anthologie. Un livre à lire, à voir et à entendre !
Le mot de l’éditeur : "Ceux qui l’ont vécu vous le diront : voir un de ses propres poèmes traduit en langue des signes procure une émotion incomparable. C’est parce que j’ai vécu cette émotion que j’ai souhaité devenir l’éditeur de la première anthologie de poésie en langue des signes française. Ce livre et le DVD qui l’accompagne donnent à lire, à voir et à entendre cinquante poètes contemporains venus de tous les horizons. Une mosaïque vouée à la polyphonie des cultures et des voix. Les poètes de cette anthologie se trouvent reliés par une interprétation gestuelle devenue un acte poétique en soi. Les captations – réalisées en studio ou lors de grands festivals de poésie, comme le festival Voix vives de Méditerranée en Méditerranée de Sète ou le festival de poésie de Saint-Martin-d’Hères - ne restituent pas seulement l’expressivité des textes. Elles étendent aussi le territoire du poème aux dimensions du corps, révélant une langue au delà des mots." (Bruno Doucey)

Le rapt, de Maram al-Masri - Édition bilingue Français-Arabe. Traduit de l’arabe (Syrie) par l’auteure avec la participation de Najeh Jegham - 128 pages -15 € - parution octobre 2015

"J’avais un enfant
Je l’ai caché dans mon ventre
Il a partagé mon corps
Je l’ai nourri de mon sang
Je lui ai fait partager mes rêves
J’ai chanté pour lui, il souriait
Je l’ai porté, il cessait de pleurer
Ils l’ont arraché à mes bras
J’ai cessé de chanter. "

Le mot de l’éditeur : "Neuf mois pour qu’un cœur palpite… " Le recueil de Maram al-Masri débute par l’évocation d’une vie à naître. La naissance, les premiers mots, les premiers pas. D’un poème à l’autre, l’auteure esquisse une histoire sentimentale de la maternité. Mais soudain, le texte bascule : l’enfant lui est enlevé, le bonheur d’aimer cède la place à une déchirure, son corps de mère entre dans la guerre. Avec une simplicité désarmante, Maram raconte un épisode douloureux de sa propre histoire, faisant de l’enlèvement de son fils en Syrie l’acte fondateur de sa vie de poète. Un second texte, intitulé « Le semainier », témoigne de sa lutte pour conquérir le droit d’écrire et de se donner à elle-même une seconde chance de vivre. Un livre écrit avec le sel des larmes et le ventre noué des grandes émotions".

L’auteur : née à Lattaquié en Syrie, Maram al-Masri entreprend des études à Damas, avant de s’exiler à Paris où elle connaît une situation difficile. Sa poésie, saluée par la critique des pays arabes et traduite dans de nombreuses langues, fait d’elle une des grandes voix du Moyen-Orient. Ses derniers recueils, Par la fontaine de ma bouche, La robe froissée et Elle va nue la liberté ont été publiés par les Éditions Bruno Doucey.

Un lent dépaysage, de Mireille Fargier-Caruso - 88 p.ages - 13,50 € - parution septembre 2015

"Entre les blancs
Le retour inlassablement
Des images
L’une
Puis l’autre
Arrêt sur visages
Ainsi relire l’oubli".

Les herbes hautes d’un arrière-pays. Un jardin. Une maison. Dans cette maison, une chaise. Une femme y est assise, mains posées sur les genoux, mémoire absente. Cette femme, qui est-elle ? Une mère en fin de vie, devenue étrangère à elle-même et aux autres. Lui rendre visite, c’est avoir "le cœur battu, grand ouvert, dévasté". Pourtant quelque chose naît de ces rencontres de haute solitude. La maison vide s’anime d’une présence enfantine, des éclats de rire fêlent le cristal de l’oubli, des insectes tourbillonnent dans la chaleur de l’été. En dépit des blessures de l’enfance, une jeune fille connaît bientôt « la joie des reins renversés dans la respiration lente des collines. » Une femme meurt d’oubli ; une autre revit l’émergence de sa féminité. Et dans la brèche ouverte par ces existences disjointes, ce long poème, troué de silences, qui me parle du temps à l’œuvre dans nos vies.

L’auteur : Mireille Fargier-Caruso, née en Ardèche en 1946, aujourd’hui installée à Paris, a enseigné la philosophie, avant de devenir bibliothécaire. Elle est l’auteure de livres d’artistes réalisés avec des plasticiens comme Sarah Wiame ou Chan Ky-Yut, et de recueils de poèmes, parmi lesquels "Limites" (Le Pont de l’épée, 1984), "Même la nuit, persiennes ouvertes" (Le Dé Bleu, 1998), et "Ces gestes en écho" (Paupières de terre, 2006).

"Je ressemble à une chambre noire", de Roja Chamankar - Traduit du persan (Iran) par Farideh Rava. 120 pages - 15 € - parution octobre 2015

"À nous
Les gants noirs et silencieux
À nous
Les mensonges faciles
À nous
Les exécutions en masse
À nous
La patrie en déroute
À nous
Les manches de couteaux
Tu sais
Ô combien le goût de l’eau est amer. "

Elle vit en Iran, où elle est née deux ans après la révolution. Elle écrit de la poésie et a participé au festival Voix vives de Méditerranée en Méditerranée de Sète, où je l’ai rencontrée. Elle, c’est Roja Chamankar, l’une des grandes voix de la jeune poésie féminine iranienne. Je ressemble à une chambre noire donne à lire, dans une édition bilingue, un large choix de ses poèmes. Les premiers se situent aux frontières de l’enfance, là où la poupée, la petite fille, la femme et la mère se rencontrent. Puis viennent les textes du désir et de l’amour, de l’attente, des blessures causées par la guerre, des rêves explosés, des meurtrissures intimes et sociétales. Par ses textes écrits sur le fil, Roja s’invente des portes de sortie ; et l’on se plaît à voir dans la chambre noire qui lui ressemble l’image d’une poésie qui sait transformer la noirceur en lumière.

L’auteur : Roja Chamankar est née en 1981 à Borazjân, au sud de l’Iran. Après des études de littérature et de cinéma à Téhéran, elle prépare un doctorat de littérature persane à Strasbourg. Elle a participé à de nombreux festivals internationaux de poésie, dont Voix vives de Méditerranée en Méditerranée de Sète, en 2013. Oscillant sans cesse entre la littérature et le cinéma, elle est la réalisatrice du film "Souvenirs, bisous, poignards" et l’auteur de plusieurs recueils de poésie publiés en Iran.
La traductrice : Farideh Rava, née en 1955 en Iran, vit à Paris depuis de longues années. Elle a publié de nombreuses traductions du persan, notamment Le Temps versatile, recueil de poèmes de Mohammed-Ali Sépânlou (éditions L’Inventaire) qui a obtenu le prix Max Jacob Étranger 2005, et Nos poings sous la table de Garous Abdolmalekian publié aux Éditions Bruno Doucey en 2012.

"Chants du métissage". Anthologie établie par Pierre Kobel et Bruno Doucey.
Illustration couverture Bruce Clarke. 128 pages - 8,50 € - parution novembre 2015


Une anthologie de poésie destinée aux ados et aux jeunes adultes. Quarante poètes du monde entier pour dire non au racisme.

Il m’a dit :
Ma race est la race jaune.
J’ai répondu : Je suis de ta race.
Il m’a dit :
Ma race est la race noire.
J’ai répondu : Je suis de ta race.
Il m’a dit :
Ma race est la race blanche.
J’ai répondu :
Je suis de ta race ;
Car mon soleil fut l’étoile jaune
Car je suis enveloppé de nuit ;
Car mon âme,
Comme la pierre de la loi est blanche." Edmond Jabès

Cette anthologie de poèmes rassemble 40 poètes qui crient leur refus du racisme et de l’antisémitisme. Troisième titre de la collection Poés’idéal, Chants du métissage s’ouvre, avec Guy Tirolien ou Léon Gontran Damas, sur des chapitres qui mettent en évidence la souffrance que génèrent les discriminations raciales. Mais très vite, les poètes de l’anthologie en appellent à l’égalité entre les hommes, au respect de la différence et aux valeurs universelles. Une internationale de la solidarité humaine traverse ces pages ; et l’on se plaît à découvrir les liens fraternels qui unissent les poètes d’hier (Césaire, Senghor, Jabès, Desnos) à ceux d’aujourd’hui (Andrée Chedid, Tahar Ben Jelloun, Nimrod, Maram al-Masri, Michel Baglin). Un livre pour apprendre à mieux vivre ensemble.

Les auteurs : Bruno Doucey, poète, éditeur de poètes, est l’auteur de nombreuses anthologies, parmi lesquelles La Poésie engagée (Gallimard, 2001) et L’insurrection poétique (Éditions Bruno Doucey, 2015). Il est également auteur de deux romans de la collection "Ceux qui ont dit non" chez Actes Sud Junior. Pierre Kobel est un fin connaisseur du domaine poétique contemporain qu’il contribue à faire connaître sur son blog La pierre et le sel. Il a signé une première anthologie avec Bruno Doucey, dans la collection Poés’idéal : "Vive la liberté !"

"Quand on n’a que l’amour". Anthologie établie par Sabine Péglion et Bruno Doucey. Illustration couverture Bruce Clarke - 128 pages - 8,50 € - parution octobre 2015

Une anthologie de poésie destinée aux ados et aux jeunes adultes. Quarante poètes du monde entier pour dire oui à "l’amour pour tous".
"Je respire par tes mains
Je me couvre de tes veines
Je te bois Je deviens Soleils rouges
Tu es mon paysage mon tempo ma cadence
Mon naufrage et ma rime ma vague et mon volcan
Mon îlot de lumière ma bouteille à la mer
Mon homme argile." Imasango

Cette anthologie de poèmes rassemble 40 poètes qui clament haut et fort le droit à l’amour pour tous. Quand on n’a que l’amour… La chanson de Jacques Brel, présente dans ce quatrième titre de la collection Poés’idéal, donne le ton de ce livre. L’anthologie s’ouvre avec Rimbaud, Neruda, Aragon et Gaston Miron, sur des textes qui évoquent la "longue attente" et la peur – si prégnante dans le cœur des adolescents – d’aimer sans être aimé. Puis viennent les poèmes de la rencontre émerveillée, de l’amour fou et de la liberté. Avec Éluard, Hélène Cadou, Stéphane Bataillon, le livre accorde à la perte et au deuil la place que la disparition d’un être arrache à la vie ; tandis que de grands textes de la poésie mondiale nous rappellent, à la manière de Yannis Ritsos, que "l’amour dans son poing contient l’univers". Une invitation au bonheur d’aimer.
Les auteurs : Sabine Péglion, née en 1957, réussit à concilier enseignement et écriture personnelle. Ses recueils de poèmes sont marqués par des voyages : Australie, notes croisées (2011), Écrire à Yaoundé (2015) ou Prière minérale, ramené d’un séjour en Mongolie (2015). Et Bruno Doucey.

A vos livres, prêts, lisez !

Mireille SANCHEZ

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Signaler un contenu ou un message illicite sur le site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.