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La Bibliothèque Méditerranéenne de Mireille : "La fenêtre - Camp de Khiam", de Soha Béchara et Cosette Ibrahim

jeudi 19 mars 2015


Un chapelet fait avec des noyaux d’olive, un jeu d’échec, un pull bleu et blanc, un stylo Bic, autant de trésors, témoignages de la vivance des femmes emprisonnées dans le camp de Khiam situé au Sud Liban, proche de la ville de Nabatieh. Parmi ces femmes, Soha Béchara et Cosette Ibrahim.
Nous sommes en pleine guerre du Liban. A cette époque, la Syrie convoite le Liban qu’elle rêve d’annexer pour créer une Grande Syrie qui engloberait également la Jordanie et la Palestine. La souveraineté du Liban est attaquée tandis que les Libanais sont tiraillés : les uns, communistes, sont attachés à l’identité arabe et à la cause palestinienne ; les autres, nationalistes, revendiquent une identité purement libanaise. La situation explose en 1975. La guerre civile durera quinze ans. En 1988, Soha Béchara tire sur le général Antoine Lahad, chef de l’armée supplétive israélienne du Liban Sud. Elle a vingt et un ans, elle est communiste, chrétienne libanaise. Lahad, blessé, survivra. Soha Béchara passera dix ans à la prison de Khiam de 1988 à 1998. Parmi les 145 prisonniers libérés, figure aussi Cosette Ibrahim, une journaliste chrétienne de 24 ans accusée d’espionnage au profit des combattants libanais. C’est un récit est le témoignage de leurs histoires et des conditions de détentions des femmes : jeunes ou âgées, communistes ou nationalistes. Aujourd’hui, il ne reste que des gravats du site de la prison de Khiam qui a été détruit par des bombardements israéliens en 2006.
Extrait : « Plus tard, l’aiguille sera le plus beau des cadeaux que l’on offrira aux nouvelles venues, au terme d’un rituel festif et silencieux, après s’être assurées qu’elles ne sont pas tombées, lors des interrogatoires, dans le piège de la collaboration. Une aiguille pour chacune d’entre nous… une aiguille pour broder le temps qui défile au ralenti. » (…) « Étendre le linge est pour nous l’occasion de nous rapprocher un peu les unes des autres. En passant devant les cellules, on croit sentir le souffle des filles à plat ventre, lorgnant par-dessous la porte. Au passage, pourtant furtif, suffit à nous rassurer mutuellement. C’est une façon de dire à ces filles sans visages : "moi ça va, et vous ?" Des années entières peuvent s’écouler avant de découvrir un visage. Certains demeureront à jamais inconnus ».
Les auteures
Soha Béchara, Née à Beyrouth en 1967, elle grandit dans une famille chrétienne orthodoxe. En 1982, quand Israël envahit le Liban, elle adhère au parti communiste. En 1988, devenue membre de la résistance contre l’occupation, elle tente d’assassiner Antoine Lahad. Pour l’approcher, elle devient pendant plusieurs mois le professeur d’aérobic de son épouse. Après sa tentative d’assassinat, elle est remise aux forces israéliennes et est détenue sans procès dans la prison de Khiam. Suite à une importante campagne internationale, elle est libérée en 1998 et s’installe à Paris pour étudier. En 2000, elle publie son autobiographie écrit avec le journaliste du Monde Gilles Paris, Résistante (Paris, Jean-Claude Lattès, 2000).
Cosette Ibrahim est née en 1975 à Beyrouth. Après des études de journalisme, elle est arrêtée en 1999 dans le Sud Liban. Elle est internée pendant neuf mois à Khiam, sans être jugée. Elle vit aujourd’hui en France où elle est journaliste à France 24.

"La Fenêtre - Camp de Khiam", de Soha Bechara et Cosette Ibrahim. Éditions Elyzad - 144 pages -15€

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