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La Bibliothèque Méditerranéenne de Mireille : "Ainsi disent-ils" de Müesser Yeniay et "Venger les mots" de Serge Pey

jeudi 12 janvier 2017

Il faut du courage pour prendre la parole lorsque l’on est une femme dans un monde où dominent les hommes. Il faut du courage pour interpeller le président des États-Unis et lui réclamer la libération du militant indien Leonard Peltier ou pour soutenir les Pussy Riot contre le pouvoir d’un Poutine. Les deux poètes publiés ce mois-ci aux éditions Bruno Doucey n’en manquent pas, eux dont les vers dressent des barricades contre l’ordre établi.


"Dehors la nuit
dedans la séparation
ce doit être le dernier jour
du monde
-pensée qui me traverse-
l’amour finit…
le cœur
telle une femme lapidée
reste
au milieu de la réalité
le cœur, la plus grosse
pierre que Dieu m’ait
jetée."

Le mot de l’éditeur : Être femme libre et poète en Turquie aujourd’hui… Je n’ai pas besoin d’en dire davantage pour dévoiler les raisons qui me poussent à publier Müesser Yeniay, l’une des voix les plus prometteuses de son pays. Ainsi disent-ils s’ouvre sur une évocation de la terre d’enfance, où « une fleur m’a appris à rester à ma place » ; puis viennent les textes du ciel redessiné par un désir d’ouverture au monde et les pouvoirs libérateurs de la poésie. Dans ces textes, parfois très incisifs, la jeune femme révèle aussi le territoire de ses insurrections intimes, refusant de souscrire à l’image que les hommes donnent de la féminité, acceptant plus encore de devenir étrangère à elle-même. Et de risquer cet aveu, d’inspiration soufie, dans les poèmes inédits qui viennent clore le livre : "C’est seulement quand j’écris des poèmes que mon âme danse. C’est cela la joie d’exister… "

"Ainsi disent-ils", de Müesser Yeniay. Traduit du turc par Claire Lajus. Préface de Michel Ménaché. Collection Soleil noir. 144 pages. 15 €.


Le mot de l’éditeur : Venger les mots… Serge Pey aura écrit ce livre comme on érige une barricade face au maintien de l’ordre. Ici, il nous invite à multiplier les foyers de poésie pour « mettre le feu à la plaine » ; là, il en appelle à la libération de Léonard Peltier, militant de l’American Indian Movement emprisonné depuis 1976. Ailleurs encore, il compose une « prière punk » pour les Pussy Riot, collectif de féministes russes violemment malmenées par le pouvoir de Vladimir Poutine, ou un hommage aux héros du réseau Sabate qui bravèrent la dictature franquiste par des actions à visage découvert. D’un texte à l’autre, un même appel à l’insoumission. Une même conviction que la poésie est action. Un même désir de venger les mots et les morts, ceux qui « nous tiennent les jambes pour que nous restions debout. »

"Parce que les mots ne veulent plus rien dire
et vomissent leurs lettres.
Parce que les verbes sont tués
par des policiers de la poésie
au service de l’oppression de la poésie.
Parce que nous voulons venger les mots.
Parce que nous demandons aux morts d’exister contre les mots qui sont morts (…)
GRÈVE GÉNÉRALE DE LA POÉSIE
CONTRE LA MORT DE LA POÉSIE !"

"Venger les mots", de Serge Pey. Préface de Bruno Doucey. Collection Soleil noir. 112 pages. 14,50 €.

"Ainsi disent-ils" de Müesser Yeniay et "Venger les mots" de Serge Pey : deux recueils de poésie à lire et à relire, à s’offrir et à offrir, à consommer sans modération pour que jamais les voix de l’insoumission ne cessent de s’élever et de s’écrire !

Mireille SANCHEZ

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