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La Bibliothèque Méditerranéenne de Mireille : "Grèces : jeter l’encre, armer la page blanche"

lundi 3 octobre 2016

"Grèces" : nous avons choisi le pluriel afin de donner un aperçu de l’étendue polymorphe, dans l’espace et le temps, que les "Grèces" incarnent. Une étendue et une diversité qui rompent avec la dichotomie trop souvent imposée au pays par les médias européens interposés : aujourd’hui, la Grèce est invoquée tantôt comme le "berceau de la culture et de la démocratie occidentale" face aux "autres" qui s’échouent sur ses rives, tantôt comme le "creuset de la crise et du malheur européen", un État endetté ciblé par la vindicte morale de ses créanciers.
Le numéro 21 de la Revue Riveneuve Continent réunit un ensemble de textes souhaitant ouvrir une brèche dans les discours dominants, ressassés jusqu’à la nausée, qui caricaturent sans décrire, qui stigmatisent sans chercher à comprendre.


Entre tous les clichés outranciers véhiculés, il y a assurément la place d’aborder ce territoire d’écritures et d’expressions, de réalités et d’imaginaires loin des poncifs et des raccourcis médiatiques. Et aussi de chercher à comprendre comment la littérature réagit à la "crise", celle de l’accélération des politiques d’austérité et des luttes s’y opposant, depuis les émeutes de décembre 2008.
Néanmoins, le présent fait écho au passé, à l’histoire contemporaine de la Grèce. Les récits d’hier répondent à ceux d’aujourd’hui. L’écriture s’empare aussi du thème des migrations qui marquent la société grecque malgré la fermeture des frontières européennes et le nationalisme. C’est l’occasion de retrouver les voix des auteurs grecs francophones de l’exil, installés en France ou ailleurs, qui participent aussi de la polyphonie de la littérature hellénique d’aujourd’hui et de sa projection aux quatre coins du monde.

Articulant l’ouvrage en quatre chapitres, l’équipe de Riveneuve Continents et ses contributeurs ont traqué l’expression de la crise autant que les mots qui la dépassent, réinventent la société et la culture, interrogent l’histoire et la géographie, racontent les exils et les migrations chez les écrivains confirmés comme chez les novices, dans la rue, sur les murs et les portes de la blogosphère, les carnets de voyages, les carnets de notes, les journaux intimes, les affiches et les graffitis éphémères, ou les posts sur les réseaux sociaux…
L’interrogation comment rompre avec l’extraordinaire des chiffres (de la dette, des coupes budgétaires…) au profit de l’écriture de l’ordinaire lorsque la "crise" est déclarée ? est à l’origine du 1er chapitre intitulé "vie quotidienne dans la crise". Parce que le quotidien n’est pas fait que de drames, sans victimisation même si l’amertume est réelle, alors l’humour et la verve permettent encore de vivre.
Le 2e chapitre "luttes et écritures" traite des manières d’écrire les conflits nés de la crise et les mobilisations qu’ils génèrent. Entre déceptions et idéaux, d’une époque et d’un texte à l’autre.
Dans le 3e chapitre, "migrations en miroir", est abordé le thème des migrations. Les points de vue se mêlent entre émigrés d’hier, immigrés d’aujourd’hui et habitants plus ou moins solidaires.
Enfin, le 4e chapitre "vue d’ailleurs" fait place aux auteurs grecs de l’exil, aux auteurs grecs francophones mais aussi tous ceux que la Grèce inspire sans être eux-mêmes "nés grecs".
Des pages blanches, écrites à l’encre noire, le noir politique, le noir dépressif mais aussi celui de l’humour ; écrites aussi à l’encre rouge, du rouge de la révolte mais aussi celui de l’intelligence et de la vie. "Nous arrivons du futur", le graffiti lu sur un mur du quartier d’Exarchia, au centre-ville d’Athènes, parle de lui-même. Ne pas perdre, / ne pas perdre, / ne jamais perdre, / dans la mémoire de personne, / ce en quoi nous avons espéré, / nous, les naufragés. Niki Giannari

Mireille SANCHEZ

Ont contribué à la Revue Riveneuve Continents n°21 : Natasha Lèmos, Elèni Yannakàkis, Christòphoros Liondàkis, Joshua Olsthoorn, Kòstas Maniatòpoulos, Màkis Tsìtsas, David Shamian, Nìkos Panayotopoùlos, Hèctoras Apostolopùlos, Stràtis Paschàlis, Elìas Kartirtzigiaanòglou, Aldo Shabani, Angela Dimitrakàki, Yànnos K. Ioànnou, Sotìris Dimitriou, Asimìna Xiroyànni, Nìkos Panayotopoùlos, Daisy Chain, Katerina Gògou, Xrònis Mìssios, Nòtia Karolìna, Zak Varvaresso, Missinformation, Lina Fountòglou, Luisa Lazar, Evgenia Bogiànou, Vassilios Christòpoulos, Pàvlos Fyssas, Dimitris Semsis, Yòrgos Bàtis, Michel Volkovitch, Yorgos Tyrìkos-Ergàs, Elisabetta Garieri, Elisa Perrigueur, Vassilis Ladas, Mohammed Abou Haïkal, Christòphoros Miliònis, Pierre Jacquemin, Khalid Lyamlahy, Alexandre Pajon, Georges Oucif, Camille Leprince, Marianne Catazaras, Gilles Del Pappas, Maria Kourkouta, Niki Giannari.

"Grèces : jeter l’encre, armer la page blanche". Éditions Riveneuve. Revue Riveneuve Continents n°21. 301 p. 20 €.

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