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La Bibliothèque de Mireille : La rentrée littéraire des éditions du Rouergue…

mardi 8 septembre 2015

Les Éditions du Rouergue offre une rentrée littéraire riche et diverse, entre premier roman et auteurs (plus que) confirmés. A noter un roman d’une force incroyable, "La Maladroite", un récit touchant, "Juste écouter le vent", un roman joyeux et impertinent, "Les grandes évasions de Paul Métral", et un roman à l’inspiration autobiographique :"Un été d’herbes sèches". Coté Polar, c’est la rentrée grandiose de Peter May avec "Les fugueurs de Glasgow" et de Colin Niel avec l’excellent "Obia" !

"La Maladroite" d’ Alexandre Seurat


Tout commence par un avis de recherche, diffusé à la suite de la disparition d’une enfant de huit ans. La photo produit un choc chez une institutrice qui a bien connu Diana. D’emblée, elle n’a aucun doute. La gamine n’a pas été enlevée, ses parents sont responsables de sa "disparition". Remontant sa courte vie jusqu’au temps même de sa conception, le roman égrène les témoignages de ceux qui l’ont côtoyée. Enseignants ou médecins scolaires, gendarmes, assistantes sociales, et jusqu’à la grand-mère ou le demi-frère de la victime : toutes et tous viennent prendre la parole, dire, dans la stupeur et l’urgence de s’exprimer, ce qui s’est noué sous leurs yeux, qui les a alertés, sans que jamais ils ne puissent enrayer le dénouement fatal. Alexandre Seurat a su trouver la justesse du regard et de l’écriture pour rendre compte du bouleversement qui fut le sien, lors du procès. Cette "mise en voix" littéraire est d’une authenticité à couper le souffle. Elle happe le lecteur entre ses tenailles et le laisse titubant.
L’auteur : Alexandre Seurat, né en 1979, est professeur de lettres à Angers. Il a soutenu en 2010 une thèse de littérature générale et comparée
"La maladroite" d’Alexandre Seurat - 128 pages - 13,80 €

"Juste écouter le vent" de Ahmed Kalouaz


"Mon cœur s’emporte sans raison", c’est ainsi qu’Ahmed Kalouaz qualifie ses problèmes cardiaques. Au tournant de l’année dernière, en plein hiver, de sérieuses alertes imposent une hospitalisation et une nouvelle opération. Dans ce temps d’immobilisation, il laisse remonter les souvenirs d’enfance, et notamment la mémoire de ce grand-père raflé par l’armée française, puis assassiné durant la guerre d’Algérie, et dont on n’a même pas retrouvé le corps. Ce grand-père qui réchappa à l’horreur des tranchées durant la guerre 1914-1918. Ahmed Kalouaz était enfant, à l’époque, né en Algérie mais tôt arrivé en France, et il se souvient des récits de peur et de colère que charriaient sans précaution les adultes, qui faisaient naître en lui de terribles figures imaginaires. Est-ce de cette enfance meurtrie qu’il tient ce cœur fragile, ce cœur qui s’emballe trop fort ? Durant ces journées d’hospitalisation, il noircit des pages d’écriture, car les mots apaisent les douleurs. Il évoque ses chanteurs et poètes préférés qui l’ont mené à l’écriture, Ferrat, Ferré, et surtout Louis Aragon. Entre mélancolie et fureur de l’Histoire, Ahmed Kalouaz poursuit son travail de mémoire autour de ses origines algériennes, dans une langue nourrie par l’émotion.
L’auteur : Né en 1952 en Algérie, Ahmed Kalouaz vit dans le Gard. Il a publié dans la brune quatre romans sur la mémoire de l’immigration algérienne, nourris de son histoire familiale. Il est par ailleurs auteur de nombreux romans pour la jeunesse.
"Juste écouter le vent" de Ahmed Kalouaz. 216 pages. 19,50€

"Les grandes évasions de Paul Métral" de Serge Revel


Paul Métral a quatre-vingt-neuf ans. Veuf inconsolé et sans descendance, il vit seul dans une maison à la campagne, heureux de son jardin, de ses poules et de son vin de Savoie. Mais voilà, on se croit immortel et toujours jeune, pétant la vie et aspirant à l’éternité et puis ça vous tombe dessus comme la foudre sur un pauvre diable, un petit accident et paf, la vieillesse vous fait trébucher et votre unique nièce vous colle en maison de retraite. La mort dans l’âme, Paul s’installe aux Oiseaux, établissement sous la férule d’Hortense tremblon, où il ne tarde pas à tourner comme un lion en cage et à mijoter une folle évasion. Sur un rythme aussi enjoué qu’endiablé, Serge Revel nous emporte dans la cavale de Paul, vieux monsieur révolté qui ne va pas tarder à se retrouver poursuivi par sa nièce, la directrice de la maison de retraite, les gendarmes, les médecins, les religieuses, les psychiatres, toutes personnes qui ne lui veulent que du bien. Avec l’aide affectueuse d’un chauffeur de taxi et le concours involontaire d’une poignée de bons Samaritains, toujours évadé, chaque fois repris, il va fomenter des entreprises de plus en plus audacieuses.
L’auteur : Serge Revel publie au Rouergue depuis 2013, notamment avec sa série consacrée à l’histoire d’une famille d’origine paysanne au 20e siècle Les Frères Joseph et Le Maître à la gueule cassée. Avec ce nouveau roman, Les Grandes Évasions de Paul Métral, son écriture prend un nouvel élan. Il emporte le lecteur tambour battant dans une suite d’aventures qui vont crescendo, avec une bonne humeur décapante.
"Les grandes évasions de Paul Métral" de Serge Revel. 136 pages. 16,80 €

"Un été d’herbes sèches" de Daniel Crozes


Durant l’été 1970, un adolescent passe ses vacances dans la ferme d’un oncle, les Vernhes, perdue au fond d’une vallée de l’Aveyron. Kléber et sa femme Marie vivent encore à l’ancienne. La ferme est sans confort et les journées laborieuses. La modernisation agricole a pourtant largement gagné la partie, avec ses machines, ses races et ses semences sélectionnées, mais demeurent quelques survivances, des petites fermes traditionnelles comme celle des Vernhes, qui vont vite être balayées. Agée de 50 ans, Marie en fait vingt de plus et souffre encore de n’avoir pas pu devenir mère. Kléber, lui, reste très marqué par sa captivité en Allemagne. Les fantômes de la guerre sont encore très présents, notamment parce que les voisins, de lointains cousins, ont été des collaborateurs ou se sont enrichis au marché noir. Pourtant, le garçon, qui préfère d’ordinaire passer son temps le nez dans les livres, découvre durant ces deux mois un monde fascinant et émouvant. Le collégien noue très vite une relation profonde avec son oncle et l’assiste autant qu’il peut. Dans ce très beau roman à l’inspiration autobiographique, Daniel Crozes fait revivre les campagnes et les paysans d’autrefois. Il nous donne en partage la mémoire d’un monde disparu, avec l’émotion de celui qui a assisté au crépuscule de la vieille civilisation agricole.
L’auteur : journaliste, historien et romancier, Daniel Crozes est l’auteur de près de quarante ouvrages, tous publiés aux Éditions du Rouergue. Profondément attaché à son Aveyron natal, il s’en est fait tour à tour le chroniqueur et le conteur. L’écrivain du terroir aveyronnais explore l’histoire d’une région qu’il retrace à travers différents genres, avec une égale rigueur. À partir d’archives inédites, de témoignages, il effectue depuis plus de trente ans un patient travail de mémoire.
"Un été d’herbes sèches" de Daniel Crozes. 240 pages. 18,50 €

"Les fugueurs de Glasgow" de Peter May


C’étaient les sixties. Une génération décidée à bousculer l’horizon s’engageait dans une décennie d’aventures et d’expériences nouvelles. Et ils étaient cinq, cinq gamins de Glasgow, grandis dans des familles modestes et réunis par l’amour du rock. Au son des Stones et des Kinks, de cette musique révolutionnaire, violente et romantique qui déferlait sur le Royaume-Uni, ils décidaient de fuir jusqu’à Londres, cette ville inconnue qu’ils appelaient "The Big Smoke" et où les attendait, ils en étaient convaincus, le plus brillant des destins. Ils étaient cinq et seuls trois d’entre eux revinrent à Glasgow avant même que finisse cette année 1965. Pour eux, rien ne fut jamais plus comme avant. Cinquante ans plus tard, un meurtre brutal va sortir trois vieux Écossais de leurs existences finissantes dans un ultime acte d’amitié. Revenant sur les pas de leur adolescence et de la fugue qui les emporta, à dix-sept ans, vers de cruelles désillusions, ils vont remonter jusqu’à la nuit terrible qui vit mourir deux hommes et disparaître pour toujours la jeune fille qui les accompagnait. S’inspirant de sa propre fugue entre Glasgow et Londres lorsqu’il était adolescent, Peter May livre un polar nostalgique autour des rêves perdus et des passions éteintes de la jeunesse. Dans une spirale éperdue, ses personnages sont emportés dans un même chaos à travers les décors d’un pays bouleversé par la modernité, où les espoirs d’antan n’en finissent pas de s’effondrer et où leur propre passage n’aura laissé aucune trace. Mais les larmes ne résilient ni le mal ni le mensonge. Et, au bout du compte, qu’est-ce que la mort d’un homme sinon l’effacement de ses propres crimes ?
L’auteur : Né en 1951 à Glasgow, Peter May a été journaliste, puis brillant et prolifique scénariste de la télévision écossaise. Il vit depuis une dizaine d’années dans le Lot où il se consacre à l’écriture. Sa trilogie écossaise – L’Île des chasseurs d’oiseaux, L’Homme de Lewis et Le Braconnier du lac perdu –, initialement publiée en français par les Éditions du Rouergue, a connu un immense succès dans le monde entier. En 2014 a paru L’île du serment. Toute son œuvre est disponible aux Éditions du Rouergue.
"Les fugueurs de Glasgow" de Peter May - 336 pages - 22 €

"Obia" de Colin Niel


Clifton Vakansie court dans les rues de Saint-Laurent, sa ville natale, sur les rives du Maroni, en Guyane. Il court dans un paysage de tôles et de parpaings, en direction de Cayenne et de son aéroport, dont le séparent des fleuves qu’il faudra franchir à la nage, des barrages de gendarmerie, des pistes tracées à travers la forêt. Il court pour l’avenir de sa petite Djayzie, sa fille qui vient de naître, lui qui est à peine un homme. Il court à travers sa peur et des jeunes de son âge tombent autour de lui. Mais plus tu es déchiré, plus les chiens te déchirent, c’est ce qu’on dit. Et Clifton a beau être sous la protection de l’obia, rendu invincible par la magie des Noirs-Marrons, à sa poursuite il y a le major Marcy, un Créole, un originaire comme on dit, colosse né ici qui sait tout des trafics et des hors-la-loi, homme emporté qui n’a pas volé sa réputation de tête brûlée. Et il y a aussi le capitaine Anato, un Ndjuka comme Clifton, un type étrange, aux yeux jaunes, dont personne pas même lui ne sait d’où il vient vraiment. Clifton l’ignore encore, mais dans sa fuite vers l’est il ne va pas tarder à croiser des fantômes. Ceux de la guerre du Suriname. Des fantômes qui tuent encore. Qui ne cessent pas de tuer. En ranimant les souvenirs de la guerre civile qui provoqua à la fin des années 1980 le passage de milliers de réfugiés sur les rives françaises du Maroni, Colin Niel nous plonge dans une Guyane qui voudrait tout oublier des spectres de cet oppressant passé. Alors qu’au Suriname les gros bonnets de la drogue ont remplacé les Jungle Commando, le destin de trois jeunes hommes va se trouver pris dans le double piège des cartels de la cocaïne et des revenants d’une guérilla perdue.
L’auteur : Né en métropole, Colin Niel a travaillé durant plusieurs années à la création du Parc amazonien en Guyane. C’est dans ce territoire français tout autant que singulièrement américain qu’il a situé l’action d’une série policière autour du personnage d’André Anato, capitaine de gendarmerie d’origine Ndjuka qui, ayant grandi dans l’Hexagone, est à la recherche de ses racines dans une Guyane où il a presque tout à apprendre.
"Obia" de Colin Niel - 496 pages - 23 €

Émotions et frissons garantis pour cette rentrée littéraire !
Mireille SANCHEZ

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