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La Bibliothèque Méditerranéenne de Mireille : "Majda en août" de Samira Sedira

lundi 19 septembre 2016

Un matin du mois d’août, Fouzia et Ahmed Zad sont appelés par l’hôpital psychiatrique. Leur fille Madja, a été retrouvée quelques jours auparavant errant le long des plages. Le vieux couple d’origine immigrée recueille alors leur fille de 45 ans, dont il n’avait plus de nouvelles depuis des années.


A bout de souffle, Majda, se retrouve confinée dans le petit appartement familial d’une cité du Var, on revisite avec elle les non-dits familiaux, notamment le drame vécu dans son adolescence.
Fouzia s’était levée d’un bond, le cœur rapide : L’hymen ? – Oui, oui madame. D’un mouvement brusque de la tête ; elle s’était tournée vers Madja, qui déjà s’était rassise près d’elle, les mains enfouies entre ses cuisses jointes, le visage mouillé de larmes. A la vue de ce petit corps tremblotant, Fouzia avait immédiatement compris qu’on avait fait du mal à son enfant. Une douleur sourde guettait dans ses tempes.
Douleur de l’enfance. Malaise et gêne des parents, impuissants. Ils décidèrent d’un commun accord qu’il ne fallait rien faire, rien dire. Rien qui puisse nuire à leur enfant. En parler la condamnerait. Ruinerait son avenir. Peut-être aussi celui de ses frères. Il fallait oublier. (…) Le temps récompenserait leurs efforts, et lentement, méthodiquement, étoufferait tous les bruits, tous, jusqu’au dernier murmure.
Madja bouleversée et bouleversante. Figée dans sa blessure, impuissante à surmonter son désespoir, a sombrée dans la folie. Isolée dans sa schizophrénie, anéantie et inaccessible. On peut très bien respirer, et être morte. Respirer et être morte. Ce sont, parait-il, des choses courantes.
Terrorisés par la folie de leur fille, Fouzia et Ahmed ont bien du mal à renouer le lien ; tandis que peu à peu, le cœur du drame familial se dévoile. Samira Sedira, d’une écriture ciselée, précise, livre un récit de larmes et de silences, de folie et de révolte. Majda en août est un livre douloureux, douloureux à lire, presque insupportable mais terriblement indispensable.

Mireille SANCHEZ

"Majda en août" de Samira Sedira. Éditions La brune au Rouergue. 160 pages. 16 €.

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