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La Bibliothèque Méditerranéenne de Mireille : "Puis plus pluie" de François David

dimanche 11 septembre 2016

François David, poète, romancier, conteur (et aussi éditeur, il a créé les éditions Motus) publie aux éditions La Feuille de thé "Puis plus pluie", un recueil de poésie sur le thème de la mort, un livret empreint de mélancolie et de douceur.

Rencontre avec François David, poète bienveillant…

Destimed : François David, où écrivez-vous ?
François David : Dans mon bureau, le plus souvent (mais je peux écrire partout, pourvu qu’il n’y ait pas de bruit). Il y a la mer à côté, je sais qu’elle est là, donc je suis soulagé de la peur d’en être privé et je n’ai pas besoin de la regarder sans cesse.

Sur votre bureau, il y a ?
Du désordre à surtout ne pas ordonner sinon je m’y perdrais.

Pour écrire, vous préférez le bruit de la plume sur le papier ou le clic-clic du clavier ?
Ce n’est pas le clic-clic que j’apprécie, mais mes mains sur les touches qui semblent connaître ce qui est dans ma tête avant moi.

Le matin, vous êtes plutôt café ou thé, sucre ou pas de sucre ?
Je travaille à l’expresso, comme une voiture roule à l’essence. L’expresso (et encore plus, la mousse de l’expresso), pas le café… je n’aime pas le café. Encore moins celui des petits déjeuners.

A quel moment de la journée préférez-vous écrire ?
N’importe quel moment.

Avez-vous un rituel ou manie avant de commencer à écrire ?
Je retarde sans cesse le moment et quand j’ai commencé, je regrette d’avoir tant retardé.

Quel est le tout premier livre que vous vous souvenez d’avoir lu ?
"Le Notaire du Havre" de Georges Duhamel, de la Chronique des Pasquier. J’ai découvert tardivement le plaisir de lire. Après, je ne me suis plus arrêté. Même si je n’aime pas tous les livres, mais, profondément, certains livres.

Et le dernier ?
"La vie rêvée des plantes" de l’écrivain sud coréen Lee Seung-U. Mais de lui, j’avais aimé bien plus encore "Ici comme ailleurs".

Quel est votre mot préféré ?
Murmure.

Et le mot que vous détestez ?
Torture.

Si vous pouviez inviter qui vous voulez, quels auteurs (ou autres) seraient à votre table et que serviriez-vous à manger et à boire ?
Nathalie Sarraute et Dino Buzzati. Je leur servirais de l’eau et de l’air.

Si vous ne deviez garder qu’un seul livre de votre bibliothèque, ce serait lequel ?
"Mars" de Fritz Zorn.

Quel poète auriez-vous aimé ou aimeriez-vous rencontrer ? Et que lui direz-vous ?
Jules Supervielle. Je lui réciterais ces vers qu’il a écrits :
"Il vous naît un ami, et voilà qu’il vous cherche
Il ne connaîtra pas votre nom ni vos yeux
Mais il faudra qu’il soit touché comme les autres
Et loge dans son cœur d’étranges battements
Qui lui viennent de jours qu’il n’aura pas vécus…
Pardon pour vous, pardon pour eux, pour le silence
Et les mots inconsidérés
Pour les phrases venant de lèvres inconnues
Qui vous touchent de loin comme balles perdues,
Et pardon pour les fronts qui semblent oublieux.
"

Écoutez-vous de la musique pendant que vous écrivez ?
Oui, la musique du silence.

Quel lieu choisiriez-vous pour donner rendez-vous ?
Devant les falaises, au-dessus de la mer.

Quel livre offririez-vous pour séduire ?
"Belle de Seigneur", où Solal décrit, pour s’en moquer, les "manèges" de la séduction.

Si vous étiez une heure dans la journée, quelle serait-elle ?
Entre chien et loup. Déjà plus le jour, pas encore la nuit. Je le sens dans mon corps. L’apaisement bouleversant de ce moment.

Et si vous étiez une heure dans la nuit ?
Entre le loup et le chien, qu’on avait cru perdu.

Si vous étiez un instant ?
Celui-ci. Espérant l’avoir su goûter.

Si vous étiez un souhait ?
Celui d’en former toujours.

Si vous aviez le dernier mot, quel serait-il ?
Dans un poème (le dernier des Croqueurs de mots) j’avais écrit :
"S’il veut avoir le dernier mot, laisse-le lui, il y en a tant d’autres".
Je l’écrirais encore.

Propos recueillis par Mireille SANCHEZ


La pluie du poète est une métaphore du temps, clepsydre impitoyable du temps qui passe et nous emmène inévitablement dans cet infime espace qu’il faudra bien vivre un jour, un instant entre tous.
Quelque part, dans l’éternité, l’âme d’un chat, à caresser.
Tout le talent de l’auteur, passant d’une allitération à une autre, est de rendre léger un thème conséquent, celui du temps qui passe nous emportant irrémédiablement vers la mort.
Où / va l’âme / à vau l’eau / l’au-delà / où
Encore un peu de vent / dans le visage / encore un peu de paysage / encore un peu d’avant dernière page
Et alors / un silence / plus fort / qu’un autre / silence / peut-être / encore

François David, est un poète, c’est-à-dire qu’il sait enchanter de ses mots, jouer du verbe comme un funambule. Puis plus pluie est un instant de poésie délectable, une offrande sur le temps à méditer.

Mireille SANCHEZ

Puis plus pluie, de François David. Éditions La feuille de thé. 82 pages. 20 €.

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