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La Bibliothèque de Mireille : "À corps perdu" de Marie Talvat et Alex Laloue

mercredi 18 septembre 2019

Le retour, 15 ans plus tard, du commissaire Arsène Galien et de Pauline Raumann, héros de Comme des Bleus.


Alors que sonne la quarantaine, le commissaire Galien a perdu ses illusions de jeune flic. Hanté par le souvenir d’une opération qui a mal tourné, il a choisi de laisser derrière lui les frissons de la Brigade Criminelle à Paris pour un poste confortable à l’État Major. Jamais il n’aurait pensé que sa route croiserait à nouveau celle de Pauline Raumann, la seule femme qu’il n’ait jamais aimée et qui l’a quitté dix ans plus tôt. Mais lorsque le fils de cette dernière est kidnappé dans des circonstances étranges, Arsène Galien ne peut s’empêcher de se mêler de l’enquête. Lancés dans une impitoyable course contre la montre, entre remords, griefs et faux-semblants, les anciens amants vont devoir faire face à leurs vieux démons pour tâcher de retrouver l’enfant. Dix ans en effet, qu’Arsène et Pauline ne se sont plus revus. L’un a quitté la police de terrain pour les bureaux cossus de l’État-Major, noyant à l’excès ses vieux démons depuis que Pauline l’a quitté pour un confort plus bourgeois… Dix ans, c’est aussi l’âge de Gabriel, le fils de Pauline qui va être kidnappé en plein cœur de Paris, en plein jour, par des hommes cagoulés. Confrontés à leurs fantômes, plongés en plein cauchemar où chaque seconde compte, les deux protagonistes n’auront pas d’autre choix que de s’entendre, se parler et peut-être se retrouver…

Les auteurs, Marie Talvat et Alex Laloue (anciennement journaliste et policier tout comme Pauline et Arsène, les protagonistes de leur livre) écrivent donc à quatre mains, ce qui n’est sans doute pas étranger au tempo de leur livre qui ne manque pas de rythme ! Entre roman noir et thriller psychologique, À corps perdu entraîne le lecteur dans une histoire vraisemblable, un récit captivant. Un polar à ne pas manquer !

Mireille SANCHEZ

"À corps perdu", de Marie Talvat et Alex Laloue. Éditions Plon. 312 p. 19,90 €.

Extrait :
ELLE. Tout se produit très vite. Nous nous approchons de la camionnette. Une silhouette sombre s’échappe de la porte coulissante. Arme au poing. Le temps de me rendre compte qu’elle s’approche de nous, une deuxième, massive, nous barre déjà la route. Mon sang se glace, comme si je savais déjà ce qui allait se passer. Comme si j’avais déjà vécu cette scène mille fois et que, chaque fois, l’issue avait été la même. Statistiques du cerveau. Des centaines de milliers de simulations d’une situation donnée, opérées en une fraction de seconde, avec au bout du compte une seule question : comment puis-je m’en sortir ?
Face à moi, une forme humaine. Solide, un homme. Habillé de noir. Dans la fente d’une cagoule en polyester, deux yeux globuleux. Les miens se tournent vers mon fils. Le premier homme a passé autour de son cou un bras implacable qu’il resserre comme un étau. Gabriel ne pousse pas de cri. Juste une inspiration de surprise, soudaine. Dans son regard, une peur brute, animale. Je me mets à hurler. Venue de derrière moi, une main gantée se plaque contre ma bouche. Un bras me saisit par la taille. Tandis qu’on traîne de force mon enfant pétrifié vers la porte de la camionnette, je me débats comme une furie. Gabriel comprend avant moi que je suis incapable de le secourir. Impuissante, j’agrippe ces bras musclés qui m’enserrent et tire de toutes mes forces sans parvenir à les faire bouger d’un millimètre. Rien n’est pire que de sentir contre soi le corps d’un homme que l’on n’a pas désiré. Son torse fermement plaqué contre mon dos, le volume de ses muscles, son souffle chaud derrière mon oreille.
Entre terreur et rage, j’essaie en vain de mordre la main qui me bâillonne, m’entaille la lèvre. Le goût amer du cuir de son gant se mélange à celui de mon sang. La salive me coule le long du menton. Déjà, Gabriel est hissé à l’arrière de la camionnette. J’émets un râle. Mes yeux s’embuent de larmes en même temps que les siens tandis qu’on lui colle un morceau de scotch de chantier sur la bouche. La porte se ferme. Le bras qui me maintient la taille se desserre. Je rue comme un cheval sauvage pour m’extraire de son emprise. Un violent coup derrière la tête me propulse en avant. Sonnée, je prends appui pour me relever quand une botte vient me faucher l’épaule avec une force inouïe. Mon corps tout entier se retourne comme une crêpe. Le choc de ma colonne vertébrale contre le bitume me coupe le souffle. Le moteur vrombit. Dans un geste désespéré, je tends le bras pour attraper l’ourlet du pantalon de mon agresseur qui se dégage sans peine. Ses yeux croisent les miens une dernière fois, et il saute du côté passager de la camionnette qui démarre en trombe.
Pendant quelques secondes, le temps s’arrête. Je ne respire plus, ne crie plus, ne pleure plus. Face vers le ciel, je ne ressens plus qu’une douleur indescriptible qui me transperce le corps et l’esprit. Puis je perds connaissance.

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