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La Bibliothèque de Mireille : "À jamais la neige » de Delimir Rešicki et " Berceuse des couteaux " de Jure Kaštelan

jeudi 19 avril 2018

« La littérature croate est très peu travaillée en France, mais ce fond nous paraît important ! » Jean de Breynes, éditeur atypique, ne cesse d’enrichir le département « Domaine Croate » de sa maison d’édition en publiant deux à trois titres chaque année. Des tirages confidentiels mais toujours de grande qualité littéraire, suivant une ligne éditoriale exigeante On ne peut que saluer le travail de cet éditeur qui permet à la très belle poésie croate de rayonner jusqu’à nous.

« À jamais la neige », de Delimir Rešicki


L’histoire n’est jamais loin, inscrite dans nos liens avec le monde, et dans les liens qui se tissent entre l’individu et la famille. Delimir Rešicki ne cesse de nous le rappeler. Sa poésie met en scène la guerre et ses conséquences, les injustices, les transitions, l’anéantissement de l’humain et du spirituel. Mais il y a aussi de la tendresse et de l’amour dans les poèmes de ce voyageur mélancolique, sillonnant l’Europe, celle du centre, plus loin la Pologne, ainsi que les plaines de sa Baranja natale. Le ton lyrique de ses poèmes n’exclut pas des passages où son écriture est proche d’essais ou de la narration autobiographique. En dépit de l’expérience de la décadence spirituelle et des horreurs commises par l’homme dans un passé proche, Rešicki sait que le métaphysique existe, et garde foi en la puissance créative du mot. Sa poésie foisonne de références littéraires, picturales, cinématographiques, musicales, et elle correspond avec celle des grands artistes de notre époque comme d’autrefois. Rešicki nous démontre sans relâche que l’art est ce qui enrichit tandis que la réalité des sociétés actuelles appauvrit.

Mots
N’est-il pas parfaitement facile
et dément ou bien délirant
de jouer sans cesse et sans fin avec les mots
avec l’excès consume de leur sens
avec l’insuffisance de leur sort ?

(traduction Brankica Radić)

Riječi
Nije li posve lako
i maloumno ili pak zaumno
igrati se bez kraja i konca riječima
s potrošenim suviškom u njihovu značenju
s manjkom u njihovoj sudbini ?

« À jamais la neige » de Delimir Rešicki. Traduction Brankica Radić. Éditions L’Ollave. 84 p. 15 €. En vente sur le site de l’éditeur L’Ollave

« Berceuse des couteaux » de Jure Kaštelan


Maître du style et de la versification, Jure Kaštelan fut l’un des majeurs poètes croates du XXe siècle, un poète profondément humaniste, qui dans sa poésie a habilement marié des aspects classiques et modernes, écrits et oraux, collectifs et individuels, réels et mythiques, populaires et intellectuels. La Seconde guerre mondiale à laquelle il a pris part en tant que membre de la Résistance a profondément marqué son œuvre poétique. Après la guerre, cette expérience existentielle radicale et traumatisante a fait place à un pessimisme noir et à un sentiment de solitude, foncière et abyssale, que sa parole poétique – parole en tant que vérité et lumière, en tant que rêve et voie stellaire –, n’a cessé de combattre. Chantre de la résistance, collective et individuelle, de l’amour dans tous ses aspects, et de l’utopie, Jure Kaštelan a réussi à créer un univers poétique singulier, fait de son et de rythme.

Jʼaimerais tant que tu mʼaimes
Jʼaimerais tant que tu mʼaimes,
être une fleur dans ta crinière.
Si tu es la nuit, moi je serai lʼaube,
dans la rosée un éclat de lumière.
Jʼaimerais tant que tu mʼaimes,
que chaque jour soit un chant léger.
Si tu es la source, moi aussi je serai
une fontaine claire jaillissant du rocher.

(traduction Vanda Miksić)

Volio bih da me voliš
Volio bih da me voliš
da budem cvijet u tvojoj kosi.
Ako si noć, ja ću bit zora
i blijesak svjetlosti u rosi.
Volio bih da me voliš
I da svi dani budu pjesma.
Ako si izvor i ja ću biti
u živoj stijeni biustra česma.

« Berceuse des couteaux » de Jure Kaštelan. Traduction Vanda Mikšić. Éditions L’Ollave. 82 p. 15 €. En vente sur le site de l’éditeur L’Ollave

Mireille SANCHEZ

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