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La Bibliothèque de Mireille : "George et Alexandre" de Marie-France Lavalade

lundi 12 juin 2017

"George et Alexandre" raconte une tranche de vie de celle (George) qui a alors plus de quarante ans et dont le conjoint (Alexandre) n’a de cesse que de lui permettre de faire tout ce dont elle a rêvé. Basé exclusivement sur sa correspondance et ses agendas, ce parti pris audacieux et insolite permet à l’auteur de livrer un récit romancé à la saveur étonnante, racontant enfin une autre George Sand, travailleuse infatigable, aux multiples centres d’intérêt, excellente musicienne, joueuse, colérique…


Ce livre présente une George Sand inattendue, débarrassée de l’ombre de Musset et de celle de Chopin. Entièrement basé sur sa correspondance et ses agendas, il nous fait pénétrer dans sa vie quotidienne, ses lectures au jour le jour, son goût pour le jeu, ses soucis d’argent pour brosser le portrait d’une femme moderne, à la curiosité insatiable, au cœur de la société de son temps. La période (1849-1865), volontairement choisie, de sa vie avec le graveur Alexandre Manceau la révèle dans toute sa richesse.

Extrait : « Le 5 juillet, on avait fêté les 50 ans de George Sand. Comme toutes les femmes de sa génération, elle s’était sentie vieille à l’approche de la quarantaine, et elle avait gardé depuis cette habitude de parler d’elle-même comme d’une vieille femme. Est-ce pour cela qu’elle passa sans encombre la date fatidique ? Ou plutôt parce que sa véritable préoccupation à ce jour n’était pas son âge, mais le sentiment aigu et douloureux de l’absence ? Et puis, malgré ses chagrins récents, elle devait avouer qu’elle n’avait jamais été en meilleure santé, et qu’elle n’avait pas si mal que ça mené la barque de sa vie. Si les migraines et les douleurs dentaires revenaient de temps en temps, elle était en grande partie débarrassée des maux de ventre et des périodiques crises de foie qu’elle endurait péniblement autrefois, souffrant peut-être surtout de la peur de souffrir, et d’une peur non avouée de la mort. A 50 ans, elle pouvait se dire qu’elle avait bien vécu. Elle avait connu tout ce que la vie peut donner d’émotions : l’amour, la passion, le désespoir, l’exaltation. Elle avait connu tout ce que son siècle comptait d’hommes et de femmes d’esprit. Elle était à ce jour l’un des écrivains les plus célèbres et les plus lus de son pays. Mais surtout, elle avait su construire sa propre existence, en se servant de ce que la nature, l’hérédité ou le simple hasard lui avait donné, sans jamais s’abandonner à un conformisme de classe ni accepter les routes toutes tracées. Elle était bien un peu revenue des illusions de 48, mais, dans une certaine mesure, et dans un espace réduit à son petit monde de Nohant, elle avait réussi à installer un microcosme où les droits de chacun étaient respectés et où l’on vivait selon des principes de fraternité et de générosité. »
« La lecture, l’étude des papillons et des roches, la constitution d’un herbier, activités de dilettante, n’avaient de sens pour elle que par l’approfondissement, l’élargissement à d’autres matières et d’autres connaissances. George était, par essence, une « bonne élève », quelqu’un sur qui le savoir exerçait une fascination permanente et sans exclusive d’aucun sujet. Cette soif d’apprendre, cette curiosité insatiable, était la preuve la plus éclatante qu’en elle la fougue et l’enthousiasme de la jeunesse brûlaient encore. … Le souci de sauvegarde du patrimoine qui animait George ne se limitait pas aux objets. Depuis plusieurs années, elle inventoriait les légendes du Berry, ainsi que les chansons traditionnelles. Ces recherches sur la musique folklorique alimentaient d’ailleurs le fond de ses Maîtres Sonneurs.  »

Marie-France Lavalade, (co-auteur du Dictionnaire George Sand, paru en 2015), met en exergue dans ce livre, George Sand à la personnalité multiple, passionnée de sciences et de théâtre, blagueuse impénitente, pédagogue inventive, confidente des révolutionnaires italiens et protectrice des exclus du Second Empire. George Sand, avant tout une femme incroyable, superbement servie par l’auteur de ce livre étonnant et passionnant !

Mireille SANCHEZ

"George et Alexandre", de Marie-France Lavalande. Éditions L’Harmattan. 480 pages. 29€.

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