Retrouvez-nous sur :  
Suivre la vie du site
DestiMed
L’info des deux rives



Accueil > Culture > Littérature > La Bibliothèque de Mireille : "Le Dragon du jour de l’an". Rencontre avec (...)

< >

La Bibliothèque de Mireille : "Le Dragon du jour de l’an". Rencontre avec Marie-Hélène Lafond, auteure et Suzy Vergez, illustratrice

dimanche 29 janvier 2017

Au temps où les dragons régnaient sur la terre et sur les mers, on ne célébrait pas le Nouvel An. Dans un petit village de l’île de Taïwan, c’était même le jour le plus triste de l’année car, bien longtemps auparavant, un homme avait eu le malheur de tuer un dragon des mers. Et depuis, le fantôme du dragon revenait les hanter chaque année dans la nuit du Nouvel An, réclamant le sacrifice d’un fils premier-né, pour satisfaire son appétit vorace !


Cet album nous plonge dans la légende fascinante du fantôme du dragon des mers. Cette histoire raconte comment, par d’ingénieux moyens, une courageuse veuve parvint à repousser la créature, délivrant à jamais les villageois de l’effrayant fantôme. Aujourd’hui, c’est en référence à cette légende chinoise que les Asiatiques fêtent la nouvelle année en faisant éclater des pétards.

Rencontre avec Marie-Hélène Lafond, l’auteure…

Destimed : Bonjour Marie-Hélène Lafond, comment vous présenter en quelques mots ?
Marie-Hélène Lafond : Je m’appelle Marie-Hélène Lafond, je suis mariée, j’ai trois fils et un petit-fils, je vis à Frontignan. Je travaille dans un organisme de recherche en biologie végétale et en botanique en tant que webmaster (je crée des sites internet). Je suis une (très ?) grosse lectrice et j’écris à mes moments perdus. Des qualificatifs ? Alors on peut dire que je suis curieuse, créative, enthousiaste, anticonformiste et fidèle.

Comment est née l’histoire du livre Le dragon du jour de l’an ?
Je souhaitais écrire des histoires sur des dragons dans l’idée d’en faire un recueil à proposer aux éditeurs. Je suis donc allée voir sur le net des légendes, des contes. Ce que je désirais c’était de pouvoir les étoffer, rendre vivant, pouvoir y mettre ma patte personnelle. J’ai choisi le thème du dragon quasi universel, que l’on retrouve dans beaucoup de cultures, en Europe comme en Asie. J’en ai lu beaucoup, mais bien peu répondaient à mes critères. Et puis un jour j’ai lu celle du dragon du jour de l’an chinois. Elle m’a tout de suite intéressée, car avec ses différentes variantes, elle avait beaucoup de potentiel. J’ai donc écrit ma version de cette légende d’origine taïwanaise. Et j’ai eu la chance que les éditions Circonflexes aiment ce que j’avais écrit.

A quel moment de la journée préférez-vous écrire ? Avez-vous des rituels, des manies avant de commencer l’écriture ?
Je ne suis pas trop du matin. S’il le faut vraiment alors je le fais, mais la plupart du temps j’écris dans la journée et en fin d’après-midi. Je n’ai pas de vrais rituels, si ce n’est qu’il faut que je sois dans un environnement où je suis à l’aise, où j’ai mes habitudes. Je ne sais pas trop travailler, écrire, pendant un long moment (plusieurs heures d’affilée par exemple). Je travaille par petite touche, je picore si je puis dire. Ma seule manie, si on peut l’appeler comme ça, c’est que je laisse toujours le fichier du texte sur lequel je travaille ouvert, comme cela si j’ai une nouvelle idée, une phrase qui me vient pendant que je fais autre chose, je peux tout de suite l’écrire pour éviter de l’oublier.

Pour écrire, vous êtes plutôt clavier ou stylo ? Que trouve-t-on sur votre bureau ?
Je suis maintenant clavier, alors qu’il y a quelques années je devais d’abord écrire mes idées sur un cahier avant de les transcrire sur mon ordinateur. Pendant très longtemps, je n’ai pas eu de bureau. Je travaillais sur la table du salon, avec des papiers et des notes tout autour de moi (au grand désespoir de mon mari). Mais depuis que mon fils aîné a pris son envol, mon petit dernier s’est installé dans sa chambre et j’ai pu récupérer la sienne. Il y a encore au mur ses dessins, ses photos, certains objets et sa bibliothèque. J’y ai installé un bureau – une simple table en verre – pas trop grand pour ne pas y mettre la pagaille. Et depuis j’apprends à m’approprier l’endroit. Et je pense que cela ne se passe pas si mal.

Quand vous écrivez, imaginez-vous aussi des images et donnez-vous des indications en ce sens à l’illustrateur ?
Il est inévitable pour moi d’imaginer les images et dessins qui pourraient illustrer mes textes. Et bien souvent je suis frustrée de ne pas pouvoir transcrire en images ce que j’ai en tête (mon niveau de dessin est celui d’un enfant de maternelle). Cependant je ne donne jamais d’instructions à mes illustrateurs. Je souhaite qu’ils créent leurs propres images à partir de mes idées, qu’ils m’en donnent leur version.

D’une façon générale, vous arrive-t-il de vous sentir dépossédée de votre histoire du fait de l’intervention de l’illustrateur ou au contraire pensez-vous que l’illustration est indispensable à votre récit ?
J’estime que texte et illustrations forment un tout pour raconter une histoire, surtout si elle est à destination des petits. Et je dois avouer que, jusqu’à présent, je n’ai jamais été déçue. Parfois surprises, ou même quelque peu déroutée, mais jamais déçue !

Que peut-on vous souhaiter pour la nouvelle année ?
Des livres, des livres, des livres évidemment ! Non plus sérieusement je souhaite pouvoir mener à bien plusieurs projets d’écriture, que ce soient des albums, ou bien des romans (genre dans lequel je me suis lancée depuis quelques mois). Mais surtout je souhaite faire rêver les enfants, petits et grands, avec mes histoires.

Et avec Suzy Vergez, l’illustratrice…

Destimed : Bonjour Suzy Vergez, vous êtes donc illustratrice…
Suzy Vergez : Bonjour ! J’aime bien me décrire comme une inventrice d’histoires en textes et en images. Je cueille l’inspiration en voyage, en forêt, au bout de la rue ou en bas de chez moi. Je me balade entre le livre jeunesse, le film d’animation et le spectacle vivant, à la croisée des médiums qui me permettent de raconter avec poésie.

Quelles techniques avez-vous utilisées pour illustrer Le dragon du jour de l’an ?
J’ai utilisé des encres et de l’aquarelle chinoise sur un papier épais. Cela faisait longtemps que les couleurs de cette aquarelle me faisaient rêver, alors pour un projet de conte chinois, l’occasion était parfaite ! L’encre me permet de travailler des effets de tâches et de transparence, ainsi que des détails d’une grande précision.

Qu’est-ce qui vous amène à privilégier une technique plutôt qu’une autre ?
Je n’ai pas vraiment de technique préférée, je peux passer de la gravure à la peinture, avec toujours un goût pour la recherche et le mélange des techniques. Chaque projet est différent, et j’utilise l’encre, la peinture acrylique ou la gravure sur bois selon la nuance que j’ai envie de mettre en avant.

Comment se fait le choix d’une palette de couleurs ?
Dans mon ordinateur, j’ai un dossier « Inspiration couleurs ». J’y collecte toutes les images, photos ou dessins dont j’apprécie la gamme colorée. Quand je dois choisir mes couleurs, je plonge dans ces inspirations et je construis ma propre gamme, sur l’ordinateur, et je la teste grâce aux divers outils de Photoshop. Enfin, je me mets à l’encre ou à la peinture, en m’inspirant de ma gamme, tout en restant libre de la faire évoluer selon la technique.

Travaillez-vous d’une façon chronologique, dans l’ordre du texte et des pages, ou passez-vous d’une illustration à une autre ?
Je ne travaille pas les illustrations dans l’ordre chronologique. Je commence par les images qui m’inspirent le plus, qui me donnent envie de dessiner, et je vais de l’une à l’autre ainsi, en suivant mes envies. Des fois, j’ai une grande envie de paysages, et d’autres fois, une envie de dessiner des petits personnages très précis… je m’attèle donc aux images qui correspondent.

A quel moment de la journée préférez-vous dessiner ? Avez-vous des rituels, des manies avant de commencer ?
Je suis du matin ! Je fais d’abord tout ce qui me demande de la concentration et de l’énergie : la recherche de techniques, de personnages, de couleurs, la composition des images… Une fois que j’ai bien l’image dans la tête, le gros du travail est fait. La réalisation me demande moins de concentration, je la garde pour l’après-midi ou le soir. Souvent, je peux même faire autre chose en même temps, écouter de la musique, une émission de radio ou un film.

Où dessinez-vous et que trouve-t-on sur votre bureau ?
Je dessine dans ma chambre-atelier, une petite pièce rouge meublée d’un lit, d’une armoire, d’un bureau et de mes deux ficus. Il y a des affiches et des guirlandes d’images accrochées aux murs. Mon bureau est toujours encombré, on y trouve toujours au minimum un pot à crayon, des carnets, de l’encre, une lampe et un dragonnier de Madagascar… plus les feuilles à dessins empilées de projets en court ! Collée au bureau, une grande boîte à outils me sert de trousse, j’y mets tout mon matériel : crayons, stylos, feutres, pinceaux…

Qu’est-ce qui peut participer au choix d’illustrer un texte plutôt qu’un autre ?
Je suis particulièrement sensible aux textes qu’on me propose d’illustrer. La littérature jeunesse participe à l’éducation des enfants, à leur ouverture au monde qui les entoure. Chaque album est comme une petite fenêtre sur le monde, et doit permettre d’appréhender une petite partie de la complexité du monde, sans le réduire à des stéréotypes ou des modèles conventionnels.

Que peut-on vous souhaiter pour la nouvelle année ?
Une année pleine d’idées, de découvertes, d’inventions, de plaisir et de partage…Que les inventeurs d’histoires continuent à inventer, que les raconteurs puissent raconter !

Propos recueillis par Mireille SANCHEZ


S’inspirant d’une légende chinoise ancestrale, l’auteure Marie-Hélène Lafond a réinventé l’histoire du dragon du jour de l’an, si joliment illustrée par Suzy Vergez. Et après l’apparition surprise du dragon en fin du livre, des pages explicatives fort bien documentées renseignent sur le nouvel an chinois. Le Dragon du jour de l’An est un très joli album, au récit séduisant et aux dessins finement exécutés. A offrir aux enfants à partir de 6 ans pour fêter le nouvel an chinois !

Mireille SANCHEZ

"Le dragon du jour de l’an", de Marie-Hélène Lafond et Suzy Vergez. Éditions Circonflexe. 48 pages. 20 €.

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Signaler un contenu ou un message illicite sur le site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.